Poll tax

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La poll tax (mot anglais signifiant capitation), officiellement appelée Community Charge, est un impôt locatif forfaitaire par tête, instauré au Royaume-Uni par le gouvernement de Margaret Thatcher en 1989. Entré en vigueur en 1990, il fut jugé très inégalitaire par les couches les plus modestes de la population car, frappant les foyers et non les personnes et ce sans distinction de revenu ou de capital, il était d'autant plus lourd pour les foyers les plus pauvres. Ce nouvel impôt provoqua des émeutes — « poll tax riots » — le 31 mars 1990 à Trafalgar Square. La poll tax fut l'une des causes de la chute de Margaret Thatcher[1]. Les membres de son gouvernement lui demandèrent de renoncer à cette mesure, mais elle se montra inflexible. La poll tax fut supprimée par John Major, le 21 mars 1991, et remplacée en 1993 par la council tax[2], un impôt plus progressif.

Historique[modifier | modifier le code]

Après un essai durant un an en Écosse, la poll tax est votée par les Communes. Chaque commune fixe, librement, le montant de l'impôt local annuel puis il le divise en parts égales entre l'ensemble des adultes vivant sur son sol. C'est une capitation.
Ainsi, le propriétaire d'un château de 30 pièces, vivant seul, paiera une part tandis-que son concierge, sa femme et leurs quatre enfants, dont deux tout juste majeurs mais au chômage, hébergés dans un petit pavillon de trois pièces au fond du parc du château, en paieront quatre.

Cet impôt est entré en vigueur le 1er avril 1990 malgré de violentes manifestations.

Début mars 1990, après que les différentes communes fixent le montant de cet impôt, les classes ouvrière et moyenne découvrent qu'elles paieront un impôt beaucoup plus important qu'avant. Spontanément, des rassemblements et manifestations ont lieu devant de nombreuses mairies. Le 8 mars, de grosses manifestations on lieu à Rotherham, Durham, Ashington, Gateshead, Wallsend, et dans différents quartiers de Londres, Southwark, Hillingdon, Lambeth...
Dans le quartier de Hackney la manifestation tourne à l'émeute; la police et les magasins sont attaqués et 28 d'entre-eux seront pillés.
D'autres émeutes éclates les jours suivant à Brixton, Lambeth et Islington, où affrontements et saccages se succèdent.
Le gouvernement Thatcher fait le forcing pour imposer coute que coute cette loi, sans se rendre compte que c'est contre sa propre base sociale et électorale, la classe moyenne. Le 30 mars, la veille de l'entrée en vigueur cet impôt, une grande manifestation de protestation est organisée à Trafalgar Square, en plein centre de Londres. Entre 30 000 et 200 000 manifestants s'y retrouvent, et c'est devant le 10 Downing Street no 10 que commence la première émeute du XXe siècle dans le centre-ville de Londres qui font 400 blessés, dont 300 policiers. En outre les magasins du centre de Londres sont pillés et les destruction sont nombreuses.
Instrumentalisant l'émeute contre les opposants de la poll tax, Margaret Thatcher appellera, par l'intermédiaire de Scotland Yard, la presse à la délation. Le Times et le Daily Express publieront les photos d'émeutiers de Trafalgar Square.
Malgré tous les efforts du gouvernement, la poll tax, ne passe pas dans l'opinion publique. Le 20 octobre 1990, une nouvelle manifestation réunit plusieurs milliers de personnes dans le quartier de Brixton. En fin d'après-midi le cortège arrive aux portes de la prison de Brixton où sont incarcérés certains participants de l'émeute de mars. Une nouvelle fois la manifestation dégénère et le quartier est victime d'incendies, de pillages, de barricades et d'affrontements qui se solderont par 56 blessés et 105 arrestations. Le 22 novembre 1990, haïe et usée, Thatcher démissionne devant l'impossibilité d'imposer la capitation, y compris chez les Tories eux-mêmes, qui ont des soucis électoraux.
Devant la multiplication des boycotts, le gouvernement conservateur renonce finalement à la poll tax, le 21 mars 1991.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Bagguley, « Protest, poverty and power : a case study of the anti-poll tax movement », Sociological review, 1995, vol. 43, no 4, p. 693-719.
  • (en) David Butler, Andrew Adonis & Tony Travers, Failure in British government: the politics of the poll tax, Oxford, Oxford University Press, 1994.
  • Danny Burns, Poll Tax Rebellion, Stirling (Scotland), AK Press, 1992.
  • (en) Anti-Poll Tax Community based campaign

Article connexe[modifier | modifier le code]