Politique en Côte d'Ivoire

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La Côte d'Ivoire est une république présidentielle multipartite, où le président est chef de l'État. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est detenu par le parlement. La capitale administrative est Yamoussoukro depuis 1983. Abidjan, l'ancienne capitale administrative, reste la capitale économique et de nombreux pays y conservent leur ambassade.

Constitution[modifier | modifier le code]

L'actuelle Constitution de la Côte d'Ivoire a été adoptée lors du référendum organisé par le président Alassane Ouattara en 2016, par plus de 96 % des électeurs[1],[2],[3]. Elle a été modifiée par la voie d'amendements votés par le parlement en mars 2020[4].

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Fonction Nom Parti Depuis
Président de la République Alassane Ouattara RDR
Vice-président de la République Vacant
Premier ministre Hamed Bakayoko

Le président est élu pour 5 ans au suffrage universel. La constitution de 1959 lui donne de fortes prérogatives; il est commandeur en chef des forces armées, peut négocier et ratifier des traités internationaux, peut proposer une loi à l'Assemblée nationale ou la soumettre au référendum. Il est assisté d'un vice-président nommé par le président avec validation par le Parlement. Il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement, qui répondent politiquement de leurs actes devant lui. En cas de vacance par décès, démission ou empêchement absolu, il est remplacée par le vice-président, jusqu'à la fin du mandat en cours, ou par le Premier ministre, en cas de vacance du poste de vice-président[5].

À la suite du décès d'Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet 2020, le poste de Premier ministre est vacant. Selon l'interprétation d'Alassane Ouattara, son intérim est assuré par le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko[6].

La démission de Daniel Kablan Duncan, vice-président nommé le , est annoncée publiquement le 13 juillet 2020, avec effet au 8 juillet[7].

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le Parlement est composé de deux chambres:

Partis politiques et élections[modifier | modifier le code]

Il existe plus de 130 partis politiques en Côte d'Ivoire[réf. nécessaire].


Principaux partis politiques[modifier | modifier le code]

PDCI

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire, siglé PDCI ou PDCI-RDA, est l'ancien parti unique de Félix Houphouët-Boigny. Ce parti joue encore un rôle important, et comprend dans ses rangs Henri Konan Bédié, président de 1993 à 1999. La JPDCI (Jeunesse du PDCI) est l'organisation de jeunes militants du PDCI. Kouassi N'Dri Valentin (JPDCI-URBAINE) et Yao innocent (JPDCI-RURALE) en sont les dirigeants, militants pour la paix et soutenant les actions pour la stabilité de la Côte d'Ivoire.

FPI

Le Front populaire ivoirien est un parti [socialiste] fondé par Laurent Gbagbo, en opposition à Félix Houphouët-Boigny. Après la chute du président Gbagbo, il a boycotté les dernières élections législatives (2011). Suite à l'emprisonnement de Laurent Gbagbo à Cour pénale internationale, le parti politique est divisé en deux, depuis 2015. d'un côté, il y'avait Pascal Affi N'Guessan qui était le vice président du parti et de l'autre côté Abou Drahamane Sangaré membre fondateur du parti et ami proche de Laurent Gbagbo. Mais Abou Drahamane Sangaré meurt le 3 novembre 2018[8].

RDR

Le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire est un parti libéral fondé par Djéni Kobina puis pris en main par Alassane Ouattara, le président actuel.

Partis politiques secondaires[modifier | modifier le code]

Liberté et Démocratie pour la République est un partie politique libéral fondé le 14 juillet 2011 par Mamadou Koulibaly à la suite de la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011.

L'Alliance pour une Nouvelle Côte d'Ivoire, le Mouvement des forces d'Avenir (MFA), le Parti écologique ivoirien (PEI), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) ou l'Union démocratique de Côte d'Ivoire (UDCI) sont des partis plus secondaires.

Au premier trimestre de l'année 2005, quatre partis ont formé à Paris le rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) : PDCI, RDR, UDPCI, MFA. Le RJDP (Rassemblement des jeunes pour la paix) rassemble divers mouvements de jeunes affiliés aux partis, dont le RJR, la JPDCI et la JUDPCI. Cette coalition avait pour but de soutenir une candidature unique pour les élections de 2015. Afin de mettre toutes les chances de leur côté est faire gagner Alassane Ouattara.

Anciens mouvements rebelles[modifier | modifier le code]

Les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire (FNCI) rassemblent l'ensemble des forces rebelles. Elles ont été intégrées aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire, qui ont elles-mêmes intégré la nouvelle armée ivoirienne.

MPCI
Le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire est le mouvement politique des « rebelles » dont les « Forces nouvelles » rebelles sont le bras armé. Dirigé par Guillaume Soro Kigbafori, issu d'un syndicat étudiant proche du FPI et membre pendant un temps du RDR, il compte aussi dans ses rangs Louis Dacoury Tabley, ancien dirigeant du FPI lors de sa fondation. Bien qu'implanté essentiellement dans le nord, il compte des représentants de toute la Côte d'Ivoire. Il contrôle grâce à ses 10 000 soldats (dont 450 de l'armée ivoirienne) 40 % du territoire ivoirien[réf. nécessaire]. Le MPCI a vu le jour en , à la suite de l'échec d'une rébellion armée du . S'appuyant sur le concept d'« ivoirité », H.K Bédié avait commencé à mettre en place une politique de préférence nationale et des frustrations nées de cette politique ont constitué une des motifs invoqués par la rébellion.[réf. nécessaire]
MPIGO
Le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest est un des deux mouvements rebelles de l'ouest de la Côte d'Ivoire, créés pour renforcer la présence rebelle aux accords de Marcoussis. Il est fondé par le sergent Félix Doh (mort en avril 2003 dans une embuscade), et recrute essentiellement dans l'ethnie libéro-ivoirienne Yacouba. Il dispose de 6 000 hommes armés, et a signé un cessez-le-feu le . Ce mouvement s'est fondu depuis 2004 dans le MPCI.
MJP
Le Mouvement pour la justice et la paix est un des deux partis rebelles de l'ouest de la Côte d'Ivoire. Il compte environ 250 combattants dirigés par le commandant Gaspard Déli. N'existe pratiquement plus depuis 2004.

Les Jeunes patriotes[modifier | modifier le code]

Les Jeunes patriotes sont un mouvement nationaliste de la jeunesse ivoirienne. Selon leurs dirigeants, ils comptent plusieurs milliers de membres et luttent contre la violence et la xénophobie. Ils sont dirigés par Charles Blé Goudé et soutiennent Laurent Gbagbo. Ils refusent la présence militaire française, qui est maintenue en vertu des accords de défense signés le par la Côte d'Ivoire et la France, alors que les deux pays étaient soucieux de matérialiser les liens d’amitié et de confiante coopération[9].

Dans un communiqué du [10], la FIDH, Fédération internationale des Droits de l'Homme, dénonce la violence des manifestations xénophobes des « jeunes patriotes » et les exactions commises contre les communautés étrangères installées à Abidjan.

Le , dans son communiqué intitulé Brutalité, chantage et vandalisme : les « Jeunes patriotes » font régner la loi des prédateurs à Abidjan[11], Reporters sans frontières a classé les Jeunes Patriotes dans sa liste des prédateurs de la liberté de la presse, espérant qu'un jour les journalistes puissent enfin travailler sans subir les expéditions punitives de ces miliciens. Pourtant, ceux-ci jouissent d'une grande popularité parmi les jeunes de Côte d'Ivoire.

Syndicats[modifier | modifier le code]

Les principaux syndicats de Côte d'Ivoire sont :

  • l'Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI);
  • la Fédération des syndicats autonomes de Côte d'Ivoire (FESACI);
  • la Confédération des syndicats libres de Côte d'Ivoire, dite « Dignité ».
  • SYNARES fondée par Francis Romain Wodié
  • SYNESCI fondée par Djéni Kobina
  • UNAFCI fondée par Alfred Guemene, Benjamin N'Dri est l'actuel président.
  • SYNAFETP-CI (Syndicat national des formateurs de l'enseignement technique et professionnel de Côte d'Ivoire), dont le SGN actuel est Abonga Jean Yves Koutouan
  • SYNEV-CI (Syndicat national des enseignants volontaires de Côte d'Ivoire), dont le SGN actuel est Blaise N'Da Koffi

Forces armées et coups d'état[modifier | modifier le code]

L'armée ivoirienne n'a joué aucun rôle politique depuis l'indépendance du pays jusqu'en décembre 1999. En effet, l'ancien président Félix Houphouët-Boigny l'avait réduite à un corps de parade, pour se prémunir de tout danger de rébellion. Le premier soulèvement militaire s'est passé en 1999 sous le mandat du président Henri Konan Bédié, avec à la tête le général Robert Guéï. Un coup d'état réussi qui lui a permis d'accéder au pouvoir du 24 décembre 1999 au 26 octobre 2000 où il perd les élections contre Laurent Gbagbo[12].

Le 19 septembre 2002 il y'a un deuxième coup d'état dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire Abidjan dans le but de renverser le pouvoir en place. Le coup d'état se transforme en une rébellion dans le centre et le nord du pays. Pendant ce putsch, diverses tentatives d'assassinat ont lieu contre des personnalités politiques : Alassane Ouattara et Moïse Lida Kouassi, ministre de la Défense. Le ministre de l'Intérieur Émile Boga Doudou, Robert Guéï, ex-chef de l'État (1999-2000), et leurs gardes du corps sont assassinés. La crise prend fin en 2007 avec le traité de Ouagadougou à aller au élection en 2010. durant toute cette période, l'effectif de l'armée a complètement augmenté à cause des différents groupes rebelles qui possédaient des armes et se proclamaient force armée. En effet, durant cette crise, le pays était divisé en deux parties. Du côté du sud du pays l'armée nationale de Côte d'Ivoire s'occupait de la sécurité. Les rebelles qui avaient occupés le nord du pays avaient constitués une armée Forces nouvelles de Côte d'Ivoire.

En 2010 suite aux élections qui ont eu lieu, l'opposition avec à la tête Alassane Dramane Ouattara conteste les résultats. un conflit armé nait entre l'armée régulière et les forces nouvelles pro Ouattara de février 2011 à avril 2011. La crise se termine avec l'arrestation de Laurent Gbagbo président sortant et l'investiture de Alassane Dramane Ouattara.

force républicaine de Côte d'Ivoire

Suite aux différentes crises politico-militaire dans le pays, les forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) ont suivi une évolution dans leur effectif mais aussi dans leur appellation. En effet avec l'arrivée du nouveau président, il décide d'associer les différentes forces armées en vue d'une réconciliation. C'est ainsi que nait les Forces républicaines de Côte d'Ivoire qui sont un regroupement des Forces nouvelles (FN), les forces rebelles qui tiennent le nord du pays depuis 2002, et des ralliés des Forces de défense et de sécurité (FDS) de Côte d'Ivoire. L'effectif de l'armée aujourd'hui est malheureusement difficile à déterminer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Côte d’Ivoire/référendum : 93,42 % de oui à la nouvelle Constitution, participation de 42,42 % (Commission électorale) »
  2. « Référendum : Le Conseil Constitutionnel valide l’adoption de la nouvelle Constitution à 93,42 % des suffrages exprimés »
  3. « Côte d’Ivoire: promulgation de la nouvelle Constitution »
  4. Agence Ecofin, « Côte d’Ivoire : le Parlement adopte une révision de la Constitution », sur Agence Ecofin, (consulté le 26 juillet 2020)
  5. Article 62 nouveau de la Loi constitutionnelle du 19 mars 2020 modifiant la constitution du 8 novembre 2016 de la république de Côte d'Ivoire, Journal officiel du 20 mars 2020
  6. « L’absence de Premier ministre inquiète et agace l’opposition ivoirienne », sur kalenews.org, (consulté le 25 juillet 2020).
  7. « Côte d'Ivoire : le vice-président Daniel Kablan Duncan a démissionné », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 13 juillet 2020).
  8. KOACI, « Côte d'Ivoire : Le FPI divisé, pour Affi la décision de la CPI va améliorer le contexte de la réconciliation interne du Parti », sur KOACI (consulté le 18 octobre 2020)
  9. (fr) Afrique Express, [http://www.afrique-express.com/archive/OUEST/cotedivoire/ cotedivoirepol/263blegoude.htm « Blé Goudé, un “général de la jeunesse” de Gbagbo, qui enflamme Abidjan »], (consulté le 27 novembre 2008)
  10. « Toutes les victimes des violences en Côte d'ivoire ont droit à la justice », sur Fédération internationale pour les droits humains (consulté le 29 septembre 2020).
  11. « RSF », sur Bienvenue sur le site de Reporter sans frontières / RSF (consulté le 29 septembre 2020).
  12. « Tentative de coup d'État en Côte d'Ivoire contre le président Laurent Gbagbo | Perspective monde », sur perspective.usherbrooke.ca (consulté le 18 octobre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Youssouf Bakayoko, Géopolitique de la Côte d'Ivoire, SPM, , 239 p. (lire en ligne)
  • Christian Bouquet, Géopolitique de la Côte d'Ivoire. Le désespoir de Kourouma, Armand Colin, , 274 p.
  • Jean-Claude Djéréké, Fallait-il prendre les armes en Côte d'Ivoire ?, Éditions L'Harmattan, 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]