Politique d'apaisement

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Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain après son atterrissage à l'aérodrome Heston le 30 septembre 1938 lors de rencontre avec Adolf Hitler à Munich. Dans sa main il tient l'accord de paix entre le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La politique d'apaisement dans les relations internationales vise à éviter la guerre en faisant des concessions à l'ennemi.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'historien Paul Kennedy la définit ainsi : « politique de règlement des querelles internationales par l'admission et la satisfaction des États par la voie de négociation rationnelle et de compromis, évitant ainsi le recours à un conflit armé qui serait coûteux, sanglant, voire dangereux[1]. » Cette politique a été utilisée par les démocraties européennes, dans les années 1930 qui souhaitaient éviter la guerre avec les dictatures d'Allemagne et d'Italie, en gardant à l'esprit les horreurs de la Première Guerre mondiale, surnommée la « der des Ders » en France. Le terme est plus souvent appliqué à la politique étrangère du Premier ministre britannique Neville Chamberlain envers le Troisième Reich allemand entre 1937 et 1939.

L'inaction des Alliés face à la crise d'Abyssinie, la remilitarisation de la Rhénanie et l'Anschluss font partie intégrante de cette politique dite « d'apaisement ». Les accords de Munich, signés en 1938 entre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie, sont le point culminant de sa politique étrangère, permettant à Hitler d'occuper les Sudètes. Chamberlain lors de son retour à Londres déclarera : « Mes bons amis, pour la seconde fois de notre histoire, un premier ministre britannique est revenu de l'Allemagne en apportant la paix avec honneur. Je crois que c'est la paix pour notre temps... Retournez à la maison et prenez un bon sommeil paisible. » (« My good friends, for the second time in our history, a British Prime Minister has returned from Germany bringing peace with honour. I believe it is peace for our time... Go home and get a nice quiet sleep. »).

De son côté, Édouard Daladier, président du Conseil français, amer et lucide, confie dans l'avion du retour à Alexis Léger, alias Saint-John Perse, secrétaire général du Quai d'Orsay : « Les cons ! Ah les cons ! S'ils savaient ce qui les attend[2]... ». Les concessions des Alliés n'éviteront pas en effet le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale un an plus tard lorsque l'Allemagne envahit la Pologne.

Depuis les années 1930, le terme est synonyme de lâcheté et de faiblesse et est toujours utilisé dans le domaine des relations internationales. Cet objectif d'éviter la guerre avec l'Allemagne a fait l'objet d'un intense débat depuis les années 1970 parmi les universitaires, les diplomates et les politiciens.[réf. souhaitée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Paul M. Kennedy, Strategy and Diplomacy, 1870–1945: Eight Studies. London: George Allen & Unwin, 1983. (ISBN 0-00-686165-2)
  2. « Munich, 1938 », d'après un article d'Élisabeth du Réau dans L'Histoire, no 218, février 1998.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Adams, R.J.Q., British Politics and Foreign Policy in the Age of Appeasement, 1935–1939.
  • (en) Post G., Dilemmas of Appeasement: British Deterrence and Defense, 1934–1937, Cornell University Press, 1993.
  • (en) Rock S.R., Appeasement in International Politics, 2000.
  • (en) Rock W.R., British Appeasement in the 1930s.

Article connexe[modifier | modifier le code]