Politique au Burundi

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Le Burundi est une république multi-partite à régime présidentiel où le Président occupe les charges de chef de l'État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

Paysage politique après la guerre civile[modifier | modifier le code]

Au cours des dernières années, le paysage politique du Burundi a été dominé par la guerre civile qui éclata en 1993, jusqu'en 2005, et par un long processus de paix et de transition vers la démocratie.

En novembre 1995, les présidents du Burundi, Rwanda, Ouganda, Zaïre (maintenant République démocratique du Congo) lancèrent une initiative régionale de négociations de paix au Burundi, sous l'impulsion de l'ancien président de Tanzanie, Julius Nyerere. En juillet 1996, l'ancien président du Burundi, Pierre Buyoya, reprit le pouvoir à la suite d'un coup d'État. Il suspendit l'Assemblée nationale, dissolut les partis d'opposition et imposa un couvre-feu dans tout le pays. Le coup d'État fut largement dénoncé à l'étranger et le Burundi fut l'objet de sanctions commerciales dont la suspension était conditionnée à un retour à un gouvernement constitutionnel. Buyoya accepta de légaliser à nouveau les partis d'opposition mais la guerre entre l'armée régulière et les milices Hutu continua. En juin 1998, Buyoya promulgua une constitution transitoire et annonça une coopération entre le gouvernement et l'Assemblée dominée par l'opposition. Après la mort de Nyerere en octobre 1999, les dirigeants régionaux désignèrent Nelson Mandela comme médiateur du processus d'Arusha. Celui-ci parvint à relancer les négociations à la fois vers la paix, et vers la démocratie[1],[2].

Mise en place des nouvelles institutions[modifier | modifier le code]

Élections communales du 3 juin 2005[modifier | modifier le code]

Le 3 juin 2005, des élections communales ont été organisées au Burundi. Selon les résultats définitifs publiées le 23 juin par la Commission électorale nationale indépendante, le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD FDD, anciens rebelles hutu des Forces pour la défense de la démocratie) obtient 57,3 % des voix et remporte 1781 sièges, devant le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu, parti hutu du président Domitien Ndayizeye) avec 822 sièges et l’Union pour le progrès national (Uprona, Tutsi) avec 260 sièges. Le taux de participation atteint 80,60 %.

Élection présidentielle de 2005[modifier | modifier le code]

Le président Pierre Nkurunziza, ancien chef rebelle des Forces pour la défense de la démocratie transformé en un parti, le CNDD FDD, est élu le 19 août 2005[3]. Nkurunziza est le premier président élu démocratiquement depuis le début de la guerre civile, remplaçant le président de transition Domitien Ndayizeye[4].

Réconciliation nationale[modifier | modifier le code]

Depuis son entrée en fonction le 26 août 2005, le nouveau président Pierre Nkurunziza a mis en place un gouvernement en associant les autres partis politiques ainsi qu'une plus forte représentation des femmes : 7 femmes sur 21 ministres. Le gouvernement s'est donné pour priorité d'éradiquer la corruption qui sévit dans le pays.

Le 14 mars 2006, la ministre burundaise de la Justice, Clotilde Niragira, annonce la libération d’un dernier groupe de 1 864 prisonniers « politiques », essentiellement des Hutus accusés de massacres de Tutsis, indiquant que « La Commission chargée d’identifier les prisonniers politiques a terminé son travail ». Ces nouvelles libérations portent à 3 299 le nombre de détenus libérés depuis janvier dans le cadre de la politique de réconciliation nationale. Cependant, les ligues de droits de l'homme et un certain nombre d'autres organisations de la Société Civile estiment que ces libérations constituent une violation grave de la Convention de Génève pour la Répression du Crime de Génocide. La raison avancée est que presque toutes les personnes libérées sont accusées de génocide, un crime inaministiable et imprescriptible. Cette position est partagée unanimement par les survivants du génocide contre les tutsi commis par le FRODEBU, le CNDD-FDD, le PALIPEHUTU, FNL, et les autres organisations génocidaires de la région.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le président est élu par le peuple et nomme les deux vice-présidents qui forment, avec le Conseil des ministres, la branche exécutive du pouvoir.

Fonction Nom Parti Depuis
Président Pierre Nkurunziza CNDD-FDD 26 août 2005
Vice-présidents Thérence Sinunguruza UPRONA
Gervais Rufyikiri CNDD-FDD 29 août 2010

Pierre Nkurunziza est élu président en 2005, et réélu en 2010. En avril 2015, il décide de briguer un troisième mandat à l'élection présidentielle de juin de la même année, ce qui provoque une crise politique. Pour les opposants, cette troisième candidature est contraire à la Constitution et à l’accord d’Arusha, datant de 2000, qui a posé les bases des nouvelles institutions. Le Conseil constitutionnel valide finalement, sous la pression, cette troisième candidature[5].

Une tentative de coup d’État militaire échoue. Pierre Nkurunziza est réélu, et met en place un nouveau gouvernement en août 2015, s'entourant de fidèles, réputés « durs », mais laissant également la place, sur cinq ministères d’importance secondaire, à des partisans d’Agathon Rwasa, son principal opposant[6] ; c'est le début de la crise de 2015.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale du Burundi est composée de 118 membres, élus à la proportionnelle avec un quorum de 2 %, pour un mandat de cinq ans. Le Sénat compte 49 membres élus pour cinq ans par un collège électoral réunissant les conseillers communaux. Des sièges supplémentaires peuvent être ajoutés aux deux chambres pour garantir une bonne représentation des ethnies et des sexes. En raison de l'histoire de leur création, les partis politiques burundais comportaient une forte connotation ethnique. Depuis que la nouvelle constitution est entrée en vigueur, la référence ethnique est prohibée. Le Palipehutu-FNL a notamment dû retirer la première partie de son nom lorsqu'il est devenu un parti politique en 2009 et a seulement conservé l'appellation Forces nationales de libération (FNL)[7]. De fait, la plupart des partis sont aujourd'hui mixtes, et recrutent indifféremment dans les deux ethnies majoritaires[réf. nécessaire], les Twas restant encore assez marginalisés en politique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascasie Minani Passy, Femmes en politique au Burundi : leur nombre, leur influence ?, l'Harmattan, Paris, 2014, 118 p. (ISBN 978-2-343-02856-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Ourdan, « Le processus de paix au Burundi est relancé par Nelson Mandela », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Jean-Philippe Rémy, « Première alternance pacifique au pouvoir au Burundi », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Jean-Philippe Rémy, « La prestation de serment du chef de l'Etat burundais devrait marquer la fin de douze années de guerre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Rédaction Le Monde et AFP, « La prison à vie requise contre l'ancien président burundais », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Rédaction Le Monde, AFP, AP et Reuters, « Au Burundi, la nouvelle candidature du président Nkurunziza validée, malgré la contestation », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Rédaction Le Monde et AFP, « Au Burundi, un gouvernement de fidèles et de « durs » autour de Pierre Nkurunziza », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Name change to help legalise rebel party, IRIN, 13 janvier 2009.