Politie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La politie (du grec πολιτεία / politeia, « régime politique, gouvernement ») est une forme de gouvernement théorisée par Aristote dans le livre IV de La Politique[1].

Typologie des régimes politiques[modifier | modifier le code]

Pour Aristote, il n'y a pas de régime qui soit bon ou mauvais en soi, seules dépendent la vertu des dirigeants et la finalité qu'ils s'assignent. Par conséquent, tout régime doit être adapté à la cité qui l'adopte sinon celui-ci ne pourra pas fonctionner[2].

Il dresse alors une comparaison des grandes formes de régime politique selon que la finalité est la recherche du bien commun ou non. Ainsi, le gouvernement assuré par une seule personne est une monarchie s'il recherche le bien commun ou une tyrannie si ce n'est pas son objectif. De même, un gouvernement assuré par une minorité de personnes qui recherchent le bien commun sera une aristocratie. Dans le cas contraire, ce sera une oligarchie.

Enfin, Aristote se penche sur le gouvernement assuré par le peuple dans un but de recherche du bonheur commun (la politie) ou dans un autre but (la démocratie). Parmi tous ces régimes politiques, il se sent le plus proche de la politie.

La politie[modifier | modifier le code]

La politie est le gouvernement du plus grand nombre mais au sein duquel est représenté la classe moyenne ce qui n'est pas le cas de la démocratie où, pour Aristote, seuls les plus démunis dirigent[2]. La politie n'est donc possible que dans les cités hébergeant une classe moyenne forte. Pour lui, la force de la classe moyenne est d'être au centre de la société. Elle permettrait donc un équilibre certain dans la vie politique, partageant à la fois les intérêts des plus démunis et des plus riches. Ce gouvernement de la classe moyenne assurerait ainsi la stabilité qui manque aux régimes politiques de l'Antiquité grecque.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (grc + fr) Aristote (trad. Jean Aubonnet), Politique : Livre III et IV, Les Belles Lettres, , 340 p.
  • Gilbert Romeyer Dherbey, Les Choses mêmes, La pensée du réel chez Aristote, L'Âge d'Homme, 1990.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Valentin Boragno, Mémoire, La démocratie dans les politiques d'Aristote, université Paris X - Nanterre, (lire en ligne)
  2. a et b « La Politie », sur Encyclopédie de l'Agora, (consulté le 10 mai 2015)