Politicide

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Le terme politicide est un néologisme, inusité dans la langue française qui utilise la locution crimes politiques, formé à partir du grec polis (cité) et du terme latin, caedere (tuer), signifiant littéralement « tuerie politique ». Il est utilisé pour qualifier des meurtres commis sur des critères politiques.

  1. extermination de personnes pour des motivations politiques ;
  2. destruction d'une entité politique.

Massacre de personnes[modifier | modifier le code]

Le terme a été introduit dans ce sens par deux chercheurs américains, Barbara Harff (en) et Ted Robert Gurr, dans un article de 1988 intitulé Toward Empirical Theory of Genocides and Politicides (« Vers une définition empirique des génocides et des politicides »)[1] en raison de la définition juridique (sinon médiatique) du mot « génocide » comme un massacre commis sur critère exclusivement ethnique, racial et/ou religieux[2], tel qu'il a été défini par l'article 2 de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

« Politicide » couvre dès lors les massacres à motivation politique, exclus en 1948 du domaine des génocides. L’article a démontré certaines spécificités qui distinguent ces massacres des persécutions raciales ou religieuses (car n'aboutissant pas à la mort en masse des victimes). Le terme « politicide » sera utilisé pour qualifier les victimes de la « terreur blanche » ou « rouge » (dont les purges staliniennes, celles de la révolution culturelle[3] ou des crimes du régime khmer rouge)[4] ou encore celles des interventions anti-communistes des États-Unis dans de nombreux pays durant la Guerre froide, où certains groupes furent éliminés pour leur soutien à l'idéologie communiste, notamment en Amérique latine.

Une précédente définition du génocide, adoptée lors de la première assemblée générale de l'ONU le 11 décembre 1946, intégrait la destruction d'un groupe politique, à côté des groupes raciaux, religieux et nationaux. En 1948, le groupe politique disparait de la définition onusienne : selon Bernard Bruneteau, professeur d'histoire contemporaine, c'est l'URSS, représentée par le procureur Andreï Vychinski qui a fait retirer la référence au politique en raison de ce qu'elle pouvait se reprocher[5].

Élimination d'une entité politique[modifier | modifier le code]

Dans son livre Politicide: Sharon’s War Against the Palestinians (« Politicide: La guerre de Sharon contre les Palestiniens ») et dans ses articles, un sociologue israélien, Baruch Kimmerling, utilise le terme dans un sens différent : « le politicide du peuple palestinien [n'est pas le génocide d'un ensemble ethnique ou religieux mais] une tentative graduelle et systématique pour les éliminer en tant qu'entité politique et sociale ». Il affirme que ce fut évident lors des confrontations entre israéliens et palestiniens, mais que cela fut occulté par les actions d'Ariel Sharon[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Barbara Harff (en) et Ted Robert Gurr, « Toward Empirical Theory of Genocides and Politicides : Identification and Measurement of Cases Since 1945 », International Studies Quarterly, John Wiley & Sons, vol. 32, no 3,‎ , p. 359-371 (JSTOR 2600447, lire en ligne)
  2. « Génocide : Un mot hautement politisé », sur www.congoindependant.com (consulté le 13 novembre 2010).
  3. (en) « Source List and Detailed Death Tolls for the Twentieth Century Hemoclysm », Historical Atlas of the Twentieth Century (consulté le 27 février 2007) et (en) Voir Cultural Revolution sur la wikipédia anglophone.
  4. Henri Locard, Pourquoi les Khmers rouges, Paris, Éditions Vendémiaire, coll. « Révolutions », , 352 p. (ISBN 9782363580528, présentation en ligne), « Répression et Extermination », p. 195-203
  5. Bernard Bruneteau, « Le Siècle des génocides », herodote.net,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Steven Plaut et Baruch Kimmerling, « Politicide : Ariel Sharon's War against the Palestinians », The Middle East Quarterly, Londres, vol. 11, no 2,‎ (lire en ligne)

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