Poire d'angoisse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Une poire d'angoisse datant des années 1600.
Une poire d'angoisse, illustrant les positions fermée et ouverte.

La poire d'angoisse est un faux instrument de torture.

Il s'agirait d'une sorte de petite boule qui, par des ressorts ou une vis situés à l'intérieur, venait à s'ouvrir et à s'élargir, de sorte qu'il n'y avait aucun moyen de la refermer sauf à l'aide d'une clé. Elle était soi-disant placée dans la bouche des victimes[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Elle aurait été inventée au XVIe siècle par un voleur nommé Palioli avec la complicité d'un serrurier parisien[1].

Selon l'historien Chris Bishop, les rares poires d'angoisses existantes, qui ne peuvent pré-dater le XVIe siècle, auraient en réalité pu être des instruments chirurgicaux, voir des extenseurs pour chaussures[2]. Les ressorts des « poires » n'auraient pas la puissance nécessaire pour forcer un orifice humain, voire ne peuvent pas s'ouvrir du tout en cas d'insertion[3].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

La poire d'angoisse a servi d'arme du crime dans l'épisode Le Chevalier noir de la série Bones. Il y est aussi fait référence dans l'épisode En quête d'identité (saison 3, épisode 7) d’Esprits criminels.

Elle est aussi utilisée dans Borgia (saison 2 - épisode 2) sous le nom de « poire du pape », ainsi que dans The Borgias (saison 2 - épisode 1), bien que cela constitue une incohérence chronologique, l'instrument n'existant pas à cette époque[4].

Elle est utilisée par un chasseur de sorcière dans l'épisode 10 de la saison 1 de la série Salem.

Elle apparaît aussi dans la série Kaamelott d'Alexandre Astier où Venec, le marchand d'armes tente de vendre des instruments de torture au roi.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans la nouvelle Le Roi de Minuit (de Jean Ray), Harry Dickson est bâillonné par cet instrument :

« [Harry Dickson] voulut crier, mais aussitôt, il sentit une douleur affreuse lui vriller la gorge : quelque chose se gonflait dans sa bouche dès qu'il essayait d'émettre un son. C'était une ingénieuse poire d'angoisse qui lui permettait de respirer, mais non de crier ou de parler. »

Autres[modifier | modifier le code]

Pear of anquish est le titre d'une chanson de l'album Requiem de John 5.

Dans Assassin's Creed IV Black Flag, James Kidd y fait référence quand Edward Kenway et lui vont dans le bureau caché de Ducasse.

Revue[modifier | modifier le code]

La Poire d'angoisse (LPDA) était une revue de « bondage linguistique et graphique » paraissant tous les lundis à midi de 1984 à 1987, soit quelque 130 numéros, sans compter les suppléments.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Charles Louandre et Hangard-Maugé, Les arts somptuaires: histoire du costume et de l'ameublement et des arts qui s'y rattachent, 1858, p.232.lire en ligne
  2. Chris Bishop, The 'Pear of Anguish': Truth, Torture and Dark Medievalism, in International Journal of Cultural Studies, 2014
  3. Why Medieval Torture Devices are Not Medieval
  4. « "The Borgias": The Borgia Bull (2012) - Goofs », sur IMDB (consulté le 23 octobre 2019).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Inventaire général de l'histoire des larrons, paru en 1629.
  • La Poire d'angoisse d'Antoine Ristori, édité par la Pensée française, paru en 1986.
  • Angoisse d'Édouard Levé, édité chez Philéas Fogg en 2002.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien externe[modifier | modifier le code]