Points Benday

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Points Benday

Le Benday ou Ben-Day (aussi appelé « trames Benday ») est une technique d'impression tramée (par lignes de points) permettant l’obtention d'une couleur sans dégradés, datant de 1879 et nommée d'après l'illustrateur et imprimeur Benjamin Henry Day Junior, fils de l'imprimeur et patron de presse new-yorkais Benjamin Henry Day.

Principe[modifier | modifier le code]

Le principe de la trame est de remplacer la teinte atténuée d’une couleur par une juxtaposition régulière de points de la couleur de base, sachant qu’on ne peut imprimer qu’une seule couleur par passage en machine. Ainsi, des points de couleur magenta sur un support blanc par exemple, sont largement espacés pour créer du rose. Les trames sont suffisamment fines pour que l’œil du lecteur ne perçoive qu’une teinte unie. Le Benday permet d’obtenir diverses nuances d’une même couleur, et des nuances intermédiaires entre deux couleurs. Les comic-books américains des années cinquante et soixante, comme beaucoup de bandes dessinées européennes, reposaient sur un procédé d'impression quadrichromique où les couleurs primaires (cyan, magenta, jaune et noir) étaient tramées afin d'obtenir des nuances variées comme le vert, le violet, l'orange et les indispensables tons chair.

Les trames Benday diffèrent des trames en demi-tons (halftones, utilisées notamment en offset) en ce sens que le diamètre et la distribution des points Benday restent constants (de ce fait, la technique ne permet pas de reproduire des dégradés de tons). Les trames doivent être orientées selon des angles différents pour éviter les efferts de moirage.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le Benday a été largement utilisé pendant le vingtième siècle pour la facilité qu’il permettait d’effectuer des mises en couleurs sans devoir passer par le stade coûteux de la photogravure et de l’impression en quadrichromie. Le graphiste ou l’illustrateur fournissait à l’imprimeur le dessin de base, généralement en noir, et indiquait sur un calque ou sur des films séparés, les diverses couleurs qu’il souhaitait voir appliquer sur les parties de son dessin. Selon les cas, il pouvait indiquer les références de couleur et les valeurs de trame à appliquer, ou bien donner un modèle à l’imprimeur qui choisissait par lui-même les couleurs de base et les trames.

Le coût de ce travail manuel combiné à l’évolution de la photogravure puis des scanners, le perfectionnement de l’impression quazdrichromique, puis numérique ont rendu le Benday obsolète, si ce n’est par le choix des créateurs.

L’utilisation de Benday, ou son imitation, est une caractéristique des œuvres de l'artiste pop-art américain Roy Lichtenstein. D'autres illustrateurs et graphistes utilisent des points Benday agrandis pour produire un effet similaire (la décoration du plateau de jeu télévisé Les Z'Amours en est un exemple populaire).

Des trames de points similaires sont également très utilisées dans l'industrie du manga. Depuis les années soixante-dix, pour appliquer les trames sur une illustration ou un dessin technique (plans d'architecte, etc.) on achète une feuille de trame transparente similaires aux caractères de transfert, qu'on applique ensuite dans les zones souhaitées par frottage "à sec" (sans solvant ni eau). Ces feuilles proposent un large éventail de trames, plus ou moins fines (diamètre des points) et plus ou moins espacées (distance entre les centres des points de trame).