Podor

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Podor
Fort de Podor
Fort de Podor
Administration
Pays Drapeau du Sénégal Sénégal
Région Saint-Louis
Département Podor
Maire
Mandat
Aissata Tall Sall
2014-2019
Démographie
Gentilé Podorois
Population 11 869 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 16° 40′ nord, 14° 57′ ouest
Altitude 11 m
Localisation

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Podor

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Podor est une ville et une commune du nord du Sénégal, située à 215 km à l'est de Saint-Louis (Sénégal), sur l'île à Morfil, entre deux bras du fleuve Sénégal.

Ancienne escale fluviale au moment de la pénétration française, elle se trouve au cœur de la région historique du Fouta-Toro.

Toponymie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue étymologique, le nom de Podor pourrait faire référence aux pots d'or vendus aux premiers commerçants dans cette région aurifère, probablement au XVIIe siècle[1]. Cependant une autre source suggère qu'il pourrait s'agir du « canari rempli d’or que les Sérères avaient laissé sur place à leur départ et que les populations et les combattants qui revenaient de la bataille de Pété de Thierno Bocar avaient retrouvé, à leur grande surprise »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Podor est l'ancienne capitale d'un des premiers royaumes de la région, le Tekrour, établi au XIe siècle. Au XVIIe siècle, la ville devient une étape sur la route du royaume de Galam, indispensable au commerce des esclaves, de l'ivoire et de la gomme. Le fort est censé assurer une présence française sur le fleuve et à l'intérieur du Sénégal, mais ses moyens sont des plus limités.

Les lettres du chevalier Stanislas de Boufflers à sa femme, la comtesse de Sabran, nous montrent ce qu’est un fort du roi de France, sur le fleuve Sénégal, en 1788 quand André de Rambaud[3] s'y arrête. Il nous fait une description rapide de Podor :

« Oh ! mon enfant, le vilain lieu et les vilaines gens ! Ce pauvre Sénégal, dont je t'ai fait de si tristes peintures, est un Louvre, un Élysée en comparaison. Je suis accablé d'affaires et de chaleur; je n'ai que le temps de t'embrasser. Je me sens plus faible et plus lourd que je ne l'ai encore été, et j'ai même ordonné, si cela durait, que mon bâtiment fût prêt à partir demain matin, parce que je ne veux mourir qu'entre tes bras… Il passe à la vérité pour, le poêle de l'Afrique; mais il passe encore tout ce qu'on en dit. Le thermomètre en dit plus que personne; car je l'ai pendu vers une heure et demie à la muraille, en dehors, au soleil, et l'esprit de vin a touché l'extrémité du tube, en sorte qu'on a été obligé de dépendre le thermomètre et de le rentrer, de peur qu'il ne cassât, d'autant plus qu'il était si brûlant que mes gants en ont été marqués. Je ne t'ai pas dépeint le maudit fort où je suis. C'est une cour carrée entourée de quatre mauvais bâtiments à rez-de-chaussée, sans plancher, sans plafonds, couverts de planches mal jointes, et dans chaque coin des espèces de tourelles, dans l'une desquelles demeure le commandant. La garnison, composée de vingt soldats agonisants, demeure dans une espèce d'écurie, à côté de la porte; le reste est destiné pour des magasins où il n'y a presque rien, et où tout se gâte en peu de temps par l'excès de la chaleur. En sorte qu'après y avoir encore réfléchi, et après m'être assuré de l'inutilité parfaite de ce poste-là, je pourrais bien, d'ici à mon départ, le faire raser. »

Administration[modifier | modifier le code]

Podor est le chef-lieu du département de Podor. L'un des trois départements de la région de Saint-Louis, c'est aussi le plus étendu.

Érigée en Commune mixte en 1952, la ville a été promue Commune de plein exercice par la loi 60.025 du .

Elle est divisée en six quartiers : Sinthiane, Lao Demba, Mbodjène, Bir Podor, Thioffy et Souima.

Géographie[modifier | modifier le code]

C'est la ville la plus septentrionale du Sénégal. Les localités les plus proches sont Adabai, Dar Cheikh Abdallai, Donaye, Goumel et Diatar.

Dakar, la capitale, se trouve à 487 km[4].

Population[modifier | modifier le code]

Lors des recensements de 1988 et 2002, la population était respectivement de 7 469 et 9 472 habitants.

En 2007, selon les estimations officielles, Podor compterait 11 869 personnes.

La population est musulmane à 99 %.

Activités économiques[modifier | modifier le code]

De par sa position stratégique, la ville joue depuis longtemps le rôle d'un centre marchand.

Le tourisme s'y développe également, souvent lié à l'intérêt suscité par le fort – restauré en 2006[5].

Depuis 2005 le Bou-El-Mogdad permet à nouveau de rallier Podor au départ de Saint-Louis[6], au terme d'une croisière propice à la découverte de la région.

Culture[modifier | modifier le code]

Anciens comptoirs

Le Fort, la Maison Foy à l'angle du quai et les quais de Podor (quai et bâtiments) figurent sur la liste des Monuments historiques classés[7].

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 2004, le Sénégal a émis un timbre consacré au fort de Podor[8].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France Trappes (France)

Personnalités nées à Podor[modifier | modifier le code]

  • Boubou Sall, premier maire de Podor, conseiller territorial du Sénégal
  • Aissata Tall Sall, avocat, maire de la ville
  • Mamadou Dame NIANG, Trade Advisor, UNOPS,
  • Taifour Ibra Wane, deuxième maire de Podor
  • Baaba Maal, chanteur guitariste
  • Dr Boubacar Dankoko, médecin, vice-président du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)
  • Mansour Seck, chanteur guitariste
  • Abdou Salam Sall, ancien recteur de l'université de Dakar
  • Mamadou Niang, général sénégalais
  • Dr Ousmane Kane, scientifique, ancien directeur du Centre régional africain de technologie
  • Balla BEYE 1er Colonel de Gendarmerie de Podor, né à Agnam Tonguel - Consultant International - UNOPS/Union Européenne.
  • Oumar Ly, photographe, né près de Podor
  • Dr Mody SOW enseignant-chercheur à l'EBAD-UCAD
  • Pr Saidou NourouTALL,Membre du Conseil Constitutionnel

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diégo de Selva, Dakar et le Sénégal, Hachette, 1972, p. 73
  2. Site de la commune [1]
  3. Mari d'Agathe de Rambaud, « commandant la troupe du Sénégal », envoyé par Pierre André de Suffren
  4. Dakar et ses environs, carte 1/16 000, édition 2007-2008
  5. « Inauguration du Fort de Podor », 11 mars 2006, sur le site de l'Ambassade de France [2]
  6. « Le Bou El Mogdad est de retour sur les eaux du fleuve Sénégal »[3]
  7. Arrêté ministériel n° 8836 MCPHC-DPC en date du 12 septembre 2007, Journal Officiel du Sénégal
  8. Caractéristiques du timbre et reproduction [4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Raymond E. Carrade, Contribution à la géographie médicale : Le poste de Podor (Sénégal), 1886
  • Abdoulaye Racine Kane, Évolution d’une ancienne escale fluviale : Podor, Dakar, Université de Dakar, 1981, 99 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Mamadou Ly ciré, La vie politique dans le cercle de Podor de 1945 à 1960, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1992, 115 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • A. Niang, Étude économique des plantations irriguées dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal à Podor, Bibliothèque nationale du Canada, 1995
  • Catherine Paix, Petites villes dépendantes et sous-espaces dominés : Podor et n'Dioum dans la moyenne vallée du Sénégal, Institut d'étude du développement économique et social, Université de Paris I, 1979, 197 p.
  • Hamidou Watt, Podor : de la fondation en 1744 à l’annexion du Fuuta en 1881 (les mouvements du commerce, de la population et l’importance politique de Podor), Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1993, 202 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Mama Moussa Diaw, Les otages, éd société des écrivains, Paris 2007, France.
  • Mama Moussa Diaw, Châtiments, Editions Phoenix International, USA, 2010

Cartographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Cours du Fleuve du Sénégal depuis Podor jusqu'à son Embouchure. Levé en 1849 ... par M.C. Ploix, et Sondes et Atterrages de St. Louis déterminées en 1850 par M.C.P. de Kerhallet, Paris, 1851 (conservé à la British Library).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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