Pneumocystose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Pneumocystose

Classification et ressources externes

Description de cette image, également commentée ci-après

Kystes de Pneumocystis jirovecii provenant d'un lavage bronchoalvéolaire, colorés au bleu de toluidine (en)

CIM-10 B20.6
CIM-9 136.3
DiseasesDB 10160
MedlinePlus 000671
eMedicine med/1850 
MeSH D011020
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La pneumocystose ou pneumonie à pneumocystis est une forme de pneumopathie causée par le micro-organisme Pneumocystis jiroveci (anciennement appelé Pneumocystis carinii). C'est une maladie retrouvée chez les malades immunodéprimés (infection opportuniste ). Cet agent pathogène est spécifique des êtres humains. L'infestation à P. jiroveci est très courante dans la population générale, de l'ordre de 70 %, mais ne conduit à une maladie pulmonaire que lorsque le taux de lymphocytes T CD4 circulants est inférieur à 200/mm³.

Les deux types de patients les plus concernés sont les greffés sous immunosuppresseurs et les patients séropositifs VIH au stade SIDA.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une pathologie rare chez les personnes non immunodéprimées.

On retrouve le Pneumocystis jiroveci dans le monde entier. Une augmentation inhabituelle des cas de pneumocystose a eu lieu aux États-Unis dans les années 1980. Ceci a entrainé une augmentation importante de la demande d'un antibiotique utilisé rarement le pentamidine qui a été le premier indice de santé publique de l'existence du Sida.

Avant le développement de nouveaux traitements, la pneumocystose était une cause fréquente et commune de décès chez les patients atteints de Sida. L'incidence de pneumocystose a beaucoup diminué en instituant du co-trimoxazole pour prévenir la pathologie chez les patients qui ont un taux de CD4 inférieur à 200/mm3. Dans les populations qui ne peuvent pas avoir accès à un traitement préventif, la pneumocystose continue d'être une cause majeure de décès liée au Sida.

En dehors du SIDA, l'infection se voit chez les patients immunodéprimés : cancer, patient ayant un traitement antirejet pour une transplantation, maladies inflammatoires[1]...

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2014).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Les signes inauguraux sont discrets et peu spécifiques : instauration d'une toux sèche qui se majore peu à peu, accompagnée de fièvre, d'une dyspnée d'apparition progressive et d'une altération de l'état général avec perte de poids, des sueurs nocturnes. L'auscultation pulmonaire est peu spécifique, souvent normale au début de la maladie.

Chez un patient VIH connu présentant ces signes, il faut immédiatement évoquer la pneumocystose.

Chez un patient non VIH connu mais présentant ce tableau et ne répondant pas à un traitement antibiotique classique de pneumonie bactérienne, il faut réaliser une sérologie VIH.

En l'absence de traitement, l'évolution se fait vers un tableau de pneumonie interstitielle diffuse avec insuffisance respiratoire aiguë.

Le pneumothorax est une complication bien connue de la pneumocystose. Douleur thoracique aiguë, dyspnée d'apparition rapide et diminution du murmure vésiculaire à l'auscultation doivent faire évoquer ce diagnostic.

Le Pneumocystis jiroveci peut, mais rarement, envahir d'autres organes comme le foie, la rate ou encore les reins.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Imagerie[modifier | modifier le code]

Radiographie du thorax de face d'un patient atteint de pneumocystose : images alvéolo-interstitielles bilatérales aux bases.

La radiographie thoracique retrouve des images alvéolo-interstitielles diffuses, bilatérales et à prédominance péri-hilaire (infiltrat en verre dépoli). À noter que la radiographie peut également être normale au début de la maladie ou au contraire avec de multiples opacités (complètement « blanche ») à un stade tardif.

Le scanner thoracique montre des opacités en verre dépoli dans plus de la moitié des cas, ainsi qu'un aspect interstitiel dans un cinquième des cas[2].

Biologie[modifier | modifier le code]

Le patient ayant essentiellement une toux sèche, l'analyse des crachats est peu contributif. Le diagnostic biologique consiste en la mise en évidence directe de Pneumocystis jirovecii dans un liquide de lavage broncho-alvéolaire ou lors d'une biopsie bronchique. On peut faire une analyse cytologique, immunofluorescence (recherche d'anticorps), histochimie, ou par PCR (recherche du génome du germe).

Les gaz du sang sont perturbés avec une PaO2 remarquablement plus basse que ne pourraient le prévoir les symptômes pulmonaires.

Dans tous le cas, le statut sérologique du HIV doit être déterminé.

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

L'infection se propage au tissu interstitiel, au tissu fibreux, des poumons et entraîne un épaississement des septa interalvéolaires et des alvéoles qui aggravent l'hypoxie. Dans cette situation, les taux de LDH augmentent et les échanges gazeux sont diminués. L'oxygène diffuse plus difficilement dans le sang ce qui entraîne une hypoxie qui peut être sévère. L'hypoxie associée à l'augmentation du dioxyde de carbone (CO2) stimule l'effort d'hyperventilation ce qui entraîne une dyspnée (essoufflement).

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement prophylactique est à base de co-trimoxazole dès que le taux de lymphocytes T CD4+ atteint le seuil de 200 cellules/mm3. En cas d'allergie au co-trimoxazole, la prophylaxie se fait par aérosols mensuels de pentamidine.

Le traitement curatif fait aussi appel au co-trimoxazole en première intention. l'association clindamycine-primaquine, en deuxième intention, s'avère meilleur que la pentamidine[3].

La pentamidine a été historiquement utilisée mais a de nombreux effets indésirables (pancréatite, insuffisance rénale, hépatotoxicité, leucopénie, rash cutané, hypoglycémie) Une corticothérapie ainsi qu'une oxygénothérapie y sont associées lorsqu'il existe une hypoxie pour éviter l'inflammation.

Un traitement par corticoïdes, en plus de l'antibiothérapie, peut être proposé dans les formes sévères.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]