Pluriels irréguliers en français

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Certains mots ont un pluriel irrégulier en français. Généralement, les mots forment leur pluriel en ajoutant un s, mais ce n'est pas toujours le cas.

Historique[modifier | modifier le code]

La normalisation orthographique est très récente, postérieure à la Révolution française[1], et elle doit beaucoup à l'enseignement de masse (formation d'un grand nombre de maîtres par un petit nombre d'écoles normales, normalisation requise pour les besoins de la correction des travaux des élèves, etc.). Antérieurement, le même mot supportait plusieurs formes de pluriel, y compris sous la même plume : avec un « s », un « x », parfois un « z », avec ou sans altération de la terminaison. Si le « s » s'est imposé comme règle, il subsiste des exceptions.

Terminaisons particulières[modifier | modifier le code]

Mots terminés par -x ou -z[modifier | modifier le code]

Ces mots ont en général la même forme au pluriel qu'au singulier. Exemple : des gaz.

Mots en -al[modifier | modifier le code]

Les mots terminés en al peuvent, selon les mots,

  • 1 : suivre la forme régulière, avec un simple « s » final pour marquer le pluriel (« -als ») : narvals, carnavals, finals, fanals, banals, etc. Mais c'est la forme la plus rare.
  • 2 : faire disparaître leur « l » pour le remplacer par « ux » : les généraux amicaux. Il s'agit d'une déformation (antérieure à la fixation de l'orthographe), à partir du pluriel « -als » avec prononciation très gutturale du « a » et prononciation du « s » en même temps que du « l », le tout donnant un son proche de « a-ü » puis « o ». Par conséquent, les mots fréquemment utilisés ont été les plus sensibles à cette évolution, au point qu'elle est pratiquement considérée comme la règle. Ainsi, on trouve maintenant fréquemment « finaux ».

Les formes féminines des mêmes mots sont restées régulières (exemple : générales amicales), parce que le « e » final s'opposait à la prononciation simultanée du « l » et du « s », et donc à l'apparition de la prononciation « o ».

Cas particulier : l'adjectif « banal » est régulier dans son sens habituel (synonyme de « ordinaire ») (des objets banals) mais il dispose également d'un pluriel en « banaux » à propos de son sens d'origine, relatif au ban médiéval.

Mots en -ail[modifier | modifier le code]

Même cause et même effet que pour les mots en « -al ». Cependant, la prononciation mouillée opposait une résistance plus forte à la déformation de sorte que :

  • 1 : la forme régulière, avec un s au pluriel, est la règle : les détails de l'affaire
  • 2 : la forme déformée, traduite par un pluriel obtenu en supprimant « il » et en le remplaçant par « ux », ne concerne que quelques exceptions : bail, corail, émail, fermail, soupirail, travail, vantail, vitrail.

On observe un retour à la règle, par exemple avec le pluriel « ails » à la place de l'ancien « aulx » (prononcé « o »)

Mots en -ou[modifier | modifier le code]

Les mots terminés en -ou suivent souvent la règle générale en « s » comme dans « Ces trous sont des marques de clous. » mais certains ont partiellement résisté à la normalisation orthographique et ont adopté un pluriel en « x » : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou et maintenant ripou.

Article détaillé : Pluriel des mots en « ou ».

Mots en -eu, -eau, -au[modifier | modifier le code]

On ajoute un « x » aux mots de cette terminaison : « Les corbeaux sont des oiseaux, mais pas les blaireaux. » Mais bleu, pneu, feu (au sens de disparu), émeu, lieu (quand il s'agit du poisson), landau et sarrau sont des exceptions : ils prennent un « s » au pluriel.

Ail, ciel, œil, les plus irréguliers de tous[modifier | modifier le code]

  • Ail présente la particularité de pouvoir faire son pluriel de deux manières différentes : un ail, des aulx (prononcer : « o ») est la forme traditionnelle, tandis que un ail, des ails s'applique normalement uniquement à la plante (au sens de « espèce du genre Allium »). La neuvième édition (1992- ) du dictionnaire de l’Académie française note cependant que le pluriel aulx est de plus en plus souvent ignoré au profit de ails, qui tend à être utilisé dans tous les cas de figure.
  • Ciel a en général comme pluriel : cieux (tous les autres mots en « -el » font leur pluriel en « -els »). Toutefois, la forme pluriel ciels existe ; elle est notamment pratiquée en poésie.
  • Œil fait au pluriel yeux ; c'est le pluriel français le plus irrégulier et le plus commun des irréguliers.

De rares mots enfin, changent de genre au pluriel[modifier | modifier le code]

  • Amour a un pluriel régulier (amours), mais, dans la langue recherchée, il change de genre et passe au féminin : « des amours débutantes ». La forme masculine (amours débutants) est également attestée et tend à supplanter la forme irrégulière.
  • Délice présente la même particularité : « c'est un délice » ; « des délices appropriées ».
  • Orgue ne devient féminin au pluriel que si, dans l'envolée lyrique, il désigne un seul instrument : « les grandes orgues de la cathédrale ». On parlera en revanche, avec moins d'emphase, de « deux grands orgues ».
  • Pâques est un nom propre qui ne se rattache que de loin à cette catégorie mais qui est d'emploi assez délicat pour mériter qu'on en parle. Toujours féminin singulier dans la tradition juive, il est en revanche toujours au pluriel quand il désigne la fête chrétienne. Il est alors masculin et l’initiale s’écrit en lettre capitale. Cependant, on dit joyeuses pâques et à pâques fleuries (sans majuscule et au féminin).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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