Plovan

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Plovan
Vue lointaine de Plovan depuis les marais littoraux de la baie d'Audierne.
Vue lointaine de Plovan depuis les marais littoraux de la baie d'Audierne.
Blason de Plovan
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Plonéour-Lanvern
Intercommunalité Haut Pays Bigouden
Maire
Mandat
Michel Burel
2014-2020
Code postal 29720
Code commune 29214
Démographie
Gentilé Plovanais
Population
municipale
669 hab. (2013)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 55′ Nord, 4° 22′ Ouest
Superficie 15,75 km2
Localisation

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Plovan [plovɑ̃] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située sur le littoral atlantique, au milieu de la baie d'Audierne, la commune de Plovan est traversée par un ruisseau qui se jette dans l'étang de Kergalan, séparé de l'océan par une dune de galets. La commune fait partie du Pays Bigouden.

Article détaillé : Pays Bigouden.
Article détaillé : Baie d'Audierne (Bretagne).
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Les voyageurs étaient frappés par le passé par la désolation du paysage. Adolphe Joanne par exemple écrit : « Le mugissement des lames qui roulent avec fracas sur les galets du rivage, principalement sur la levée de cailloux de Plovan et le plateau de Penhors, les cris lugubres des goélands, des cormorans, des courlis et des mouettes, frappent seuls l'oreille du voyageur sur les bords désolés de la baie. On n'y voit ni maisons, ni cultures ; on n'y entend ni les chants du laboureur, ni le bêlement des troupeaux, enfin aucun de ces bruits qui, dans la campagne, indiquent ordinairement le voisinage de l'habitation de l'homme »[1].

Per Jakez Helias décrit ainsi, dans le conte La rivière de Kido, de manière imagée, les conséquences de l'envasement et de l'ensablement progressif de la région :

« Le pays de Penmarc'h, en ce temps-là, était un archipel d'îles basses entre lesquelles on circulait par des canaux. Tout au long de la baie d'Audierne, il y avait des ports ouverts. Et c'est par la route de mer que les pèlerins arrivaient de toute part au grand pardon de Languidou. Ils venaient même de pays étrangers tant était grande la réputation du seigneur saint Kido[2], qui protégeait les hommes et les biens sur l'eau salée. (...) Et puis il vint un temps où la mer attrapa mal au ventre, on ne sait pourquoi, ni comment. (...) À force de convulsions, elle dérouta ses courants, elle bannit ses poissons au large, elle encombra ses canaux de sa vase, elle finit par dégorger ; sur ses bords, les galets qui lui faisaient mal. (...) La baie de Kido se trouva polie d'un cordon de galets polis et se dessécha derrière ce mur. La rivière devint un étang et les cloches de Languidou sonnèrent le glas du grand pardon. Pendant plusieurs années encore, des navires d'outre-mer, chargés de pèlerins, se présentèrent devant la baie d'Audierne, cherchant l'entrée de la rivière de Kido. Mais ils avaient beau croiser de Pors-Karn à Pors-Poulhan, il n'y avait plus d'entrée[3]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, les populations pauvres de la paroisse se livraient volontiers au pillage des épaves, quand un navire faisait naufrage sur la grève. Et les naufrages étaient fréquents dans ces parages de la baie d'Audierne.

Révolution française[modifier | modifier le code]

La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse de Plovan comme succursale Pouldreuzic[4].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La sinistre réputation d'être des naufrageurs[modifier | modifier le code]

Les habitants de Plovan et des environs souffraient à l'époque de la réputation d'être des naufrageurs comme en témoigne cet extrait d'une nouvelle de Guillaume de La Landelle qui évoque, de manière romancée et probablement exagérée, le naufrage de la Minerva, un brick de Saint-Malo, en 1815 :

« (...) Dans la baie d'Audierne, les naufrageurs, bien que retenus par la crainte des douaniers et des gendarmes, exerçaient encore en 1835 leur cruelle industrie. Le point le plus mauvais a nom La Palue ou La Palud. Durant deux kilomètres environ, les dunes sont bordées de marécages presque inextricables, qu'habite une population aussi farouche que misérable. Là végète, entassée sous d'horribles huttes creusées dans le sol, loges immondes dont ne voudraient pas les cannibales de Nouvelle-Zélande, une foule d'être hâves, à peine vêtus, couchant sur des litières de jonc humide et dévorant avec avidité des aliments sans nom. (...) Dès qu'un navire est en péril en vue de leur côte, (...) hommes, femmes et enfants s'y précipitent pour piller. Sans pitié pour les naufragés, qu'ils n'osent plus massacrer comme jadis, ils les laissent froidement périr sous leurs yeux, puis les dépouillent et les enterrent précipitamment. Un naufrage amène parfois de vrais combats entre les pillards et les préposés des douanes ou la gendarmerie. »

« (...) Les malheureux ! (...) par cette brise d'ouest (...) ils seront brisés à la côte (...) par le travers de Plovan (...). En face de Plovan ! (...) Mais c'est La Palue ! Les pauvres gens n'ont aucune chance de s'en tirer ; les sauvages des marais les pilleront et les rejetteront à la mer. »

« - Est-ce possible ? Y a-t-il encore des naufrageurs dans notre pays ? »

« - Il n'y a pas autre chose entre Plovan et Tréguennec. Les paludiers, pires que des Bédouins, guettent déjà leur proie[5]. »

La visite de Gustave Flaubert en 1847[modifier | modifier le code]

Gustave Flaubert et Maxime Du Camp furent brièvement hébergés lors de leur visite en 1847 par le douanier et aubergiste Charles Pascal Bataille[6], qui tenait l'auberge Ti Filibert (laquelle devait son nom à Philibert Gentric, qui l'avait construite au début du XIXe siècle. Selon Maxime du Camp, Plovan se résume « à une église, quatre maisons et l'auberge de Charles Bataille, personnage haut en couleur », bavard et hâbleur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires[7]
Période Identité Étiquette Qualité
1797 1807 Michel Le Queneudec[8]   Juge de paix en 1793
1807 1839 Daniel Thomas (père)[9]   Cultivateur à Lesvez
1844 1853 Jean-Marie Le Berre[10]   Vivait à Brenavelec
1853 1858 Daniel Thomas (fils)[11]   Cultivateur à Nérizelec
1859 1862 Jean Colin[12]   Cabaretier et propriétaire-cultivateur
1863 1874 Pierre Kerouédan[13]   Cultivateur
1874 1882 Charles-Corentin Raphalen[14]   Aubergiste et cultivateur
1884 1889 Daniel Le Pape[15]   Cultivateur à Pompouillec, puis à Kervardez
1889 1912 Michel Gentric[16]   Cultivateur à Renongar
1912 1925 Alain Plouhinec[17]    
1925 1941 Pierre-Joseph Lautridou[18]   Clerc de notaire
1943 1944 Daniel-Corentin Le Bec    
1945   Philibert Kérouédant    
1947 1952 Pierre Le Berre    
1953 1969 René Le Bec    
1969 1971 Jean Guéguen    
1972 1989 Alain Le Bec    
1989 1995 Roger Geffroy    
1995 en cours Michel Burel DVG Agriculteur

Jumelages[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Les ruines de Languidou, une vieille église (XIIIe-XVe siècle) dans un site sauvage, détruite pendant la Révolution française, en 1793, pour construire un corps de garde sur le littoral. Il en reste une magnifique rosace. La chapelle a été classée monument historique par arrêté du 22 octobre 1908[20].
Article détaillé : Chapelle de Languidou.
  • Ménage de saint Kodelig: chaos géologique contenant certaines pierres qui, selon la légende, auraient constituées les meubles de Kodelig, un saint évangélisateur breton.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 669 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
988 1 035 1 022 1 059 1 282 1 360 1 322 1 401 1 404
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 351 1 403 1 389 1 349 1 349 1 458 1 514 1 649 1 635
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 557 1 556 1 587 1 571 1 556 1 554 1 462 1 364 1 175
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 020 893 783 720 648 607 667 693 665
2013 - - - - - - - -
669 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2004[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcellin Caillon, À la découverte du pays bigouden, Pont-l'Abbé, 1980 (page ?)
  • Serge Duigou, Quand les Bigoudens étaient pilleurs d'épaves, Éditions Ressac, 1985 (page ?)
  • Serge Duigou, Châteaux et manoirs en pays bigouden, Ressac, 1988 (sur les manoirs de Tréménec et Lesnarvor)
  • Henri Pérennès, Plovan et sa chapelle de Languidou, Impr. cornouaillaise, Quimper, 1934, 40 p.
  • R. Polles, « Le tumulus de Renongar en Plovan (Finistère). Étude d'une fouille ancienne de Paul du Chatellier », in Revue archéologique de l'Ouest, 1993, no 10, p. 33-53 [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Joannne, Guide en Bretagne, Paris, 1880
  2. Saint Kido, ou saint Kidou, francisé en saint Guy, est le patron de la chapelle de Languidou, qui lui doit son nom, voir http://fr.topic-topos.com/saint-kidou-plovan
  3. Per Jakez Helias, La rivière de Kido, cité par http://objectif-cap-sizun-polynesie.over-blog.com/article-plovan-la-legende-de-la-chapelle-de-languidou-52248754.html
  4. " Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f428.image.r=Pouldreuzic.langFR
  5. Guillaume de La Landelle, Naufrage de la Minerva, revue "La Sylphide", n° du 30 mars 1869, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6113341m/f5.image.r=Penhors.langFR et Jean Merrien, "Les drames de la mer", 1995, [ISBN 2-905970-78-2], consultable https://books.google.fr/books?id=EPxlxYFa8bAC&pg=PA104&lpg=PA104&dq=naufrage+Minerva+Saint-Malo&source=bl&ots=gLOvWV-m7V&sig=map166WQHg-RPafQenf64-zsZoU&hl=fr&sa=X&ved=0CDUQ6AEwA2oVChMIxJOM8YrLxwIVjFgUCh2rCQLC#v=onepage&q=naufrage%20Minerva%20Saint-Malo&f=false
  6. Charles Pacal Bataille, né le à Louviers (Eure), préposé des douanes royales au poste de Lesconil, décédé le à Plovan
  7. Archives départementales du Finistère ; Plovan : bulletin municipal 2014, consultable http://www.plovan.fr/bulletin/2014/bulletin_municipal_2014.pdf et Mathieu Glaz, Les gens de Lesvez, une famille de notables à Plovan, revue "Le Lien du Centre Généalogique du Finstère", n° 138, juin 2016
  8. Michel Le Queneudec (vers 1746-1807). Il fut aussi choisi comme délégué pour représenter la paroisse de Plovan à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper en 1789
  9. Daniel Thomas (1771-1844), époux de Marie Péron, père de Daniel Thomas (fils) et oncle de Jean-Marie Le Berre, qui furent tous les deux maires de Plovan. Il est à l'origine de l'embauche du premier instituteur public de la commune, Joseph Queffurus, en 1831
  10. Jean-Marie Le Berre (1792-1868), originaire de Kerléfry en Lababan, époux de Marie Michelle Le Pape (1797-1827), du manoir de Tréménec, puis de Jeanne Berrivin
  11. Daniel Thomas (1810-1858), oncle de Daniel Le Pape et de Michel Daniel Gentric, qui furent tous les deux maires de Plovan
  12. Jean Colin (né en 1827 à Plouhinec, décédé en 1869), époux de Marie-Catherine Bataille, une fille de Charles Bataille
  13. Pierre Kerouédant (né en 1824 à Plozévet, décédé en 1911), époux de Marie Thomas, petite-nièce de Daniel Thomas (1810-1858)
  14. Charles-Corentin Raphalen (1841-1883)
  15. Daniel Le Pape (1837-1898), petit-fils de Daniel Thomas (1771-1844), époux de Marie-Anne Le Goff
  16. Michel Gentric (1845-1918), petit-fils de Daniel Thomas (1771-1844), sous-lieutenant pendant la guerre de 1870
  17. Alain Plouhinec, né le à Plovan, époux de Marie Jeanne Gentric, neveu par alliance de Michel Gentric, cousin germain de Daniel Le Pape, tous deux anciens maires
  18. Pierre-Joseph Lautridou, né le à Plouhinec, décédé le à Plovan, gendre de Michel Gentric, ancien maire
  19. « Notice no PA00090277 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Notice no PA00090275 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011, 2013.