Plouguernével

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Plouguernével
Plouguernével
L'église Saint-Pierre.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Communauté de communes du Kreiz-Breizh
Maire
Mandat
Alain Guéguen
2020-2026
Code postal 22110
Code commune 22220
Démographie
Gentilé Plouguiste
Population
municipale
1 709 hab. (2017 en diminution de 2,45 % par rapport à 2012)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 14′ 27″ nord, 3° 15′ 17″ ouest
Altitude 218 m
Min. 132 m
Max. 235 m
Superficie 41,60 km2
Élections
Départementales Canton de Rostrenen
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bretagne
Voir sur la carte administrative de Bretagne
City locator 14.svg
Plouguernével
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Voir sur la carte topographique des Côtes-d'Armor
City locator 14.svg
Plouguernével
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Plouguernével
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Plouguernével

Plouguernével [plugɛʁnevɛl] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La paroisse fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fañch.

La RN 164 se situe à proximité de Plouguernével .

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Plouguernével vient du mot breton ploe qui veut dire paroisse, de kêr qui veut dire village et de nevez qui veut dire nouveau, ou plus douteusement de plou, de ker et newel (noyal) utilisé pour indiquer une terre nouvellement défrichée[1], ou de plou, de ker et d'une corruption linguistique ou plutôt d'une forme archaïque du prénom Neñvel (Numel<>Nemel<>Nevel) qui signifie céleste ou plus vraisemblablement de ploue et de l'anthroponyme Kernével ou encore de ploue et Kernev-uhel qui veut dire paroisse de Haute-Cornouaille.

Précédemment, la paroisse était nommée Ploekerneguell, 1246 ; Ploe Kernevel, 1267, 1268 ; par. de Ploekernevel, 1279 ; Ploeguernevel, 1285 ; Ploekerneguel, vers 1330 ; Ploekaergnevell, 1368 ; Plouguernevel, 1370 ; Ploguernevel, 1387 ; Ploekervenel, 1395, 1448, 1535-1536 ; Pluguernevel, 1536 ; Plouguernevez, 1679 ; en breton : Pludjerneu[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Cette commune est citée pour avoir participé à la Révolte des Bonnets Rouges survenue en 1675 en Bretagne.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le « prêtre du diable » (le curé constitutionnel) fut traîné dans la boue pendant que le curé réfractaire confessait tranquillement dans l'église paroissiale[3].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'épidémie de choléra de novembre 1856 frappa à Plouguernével 464 personnes (sur 3 164 habitants), dont 80 moururent[4].

Jusqu'en 1863, pour compléter ses maigres ressources, le petit séminaire de Plouguernével possédait une ferme. Selon un ancien élève, les salles d'études n'étaient séparées de la crèche des animaux que par une simple cloison. Ce petit séminaire fut reconstruit après 1870[5].

Le une croix est solennellement placée sur le menhir de Kerallain, le clergé précisant même que quarante jours d'indulgences sont assurés à ceux qui récitent un Pater et un Ave devant ce monument[6].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le maquis de Berzoc'h[modifier | modifier le code]

Le maquis de Berzoc'h, un lieu-dit de Plouguernével, formé en partie de maquisards FTP, dit "groupe René Rolland"[7] s'étendait aussi sur les communes voisines de Sainte-Tréphine (notamment à Notheret) et Plounévez-Quintin (son état-major était caché au moulin de Quérou). Son chef, Albert Torquéau, fut arrêté par les Allemands le et exécuté à Garzonval en Plougonver, ainsi que plusieurs membres de ce maquis[8] et François-Marie Le Berre[9]; trois membres de ce maquis (Henri Rivoal, Marcel Le Floc'h [de Rostrenen] et Marcel Le Floc'h [un homonyme, de Plouguernével] furent tués à Saint-Nicolas-du-Pélem[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1827   Guillaume Lemoign    
1842   Joseph Marie Bocher    
1844   Mathurin Le Pennec    
1865   Yves-Louis Feillet    
1874 1889 Maudez Le Cozannet    
1894   Alain Le Men    
1900   Louis Le Floc'h    
Les données manquantes sont à compléter.
octobre 1947 mars 1965 Henri Prigent    
mars 1965 mars 1983 Louis Le Dily[11]
(1910-2004)
  Ancien instituteur et directeur d'école
Conseiller municipal (1959 → 1965)
mars 1983 juin 1995 Guy Le Louarn    
juin 1995 mars 2008 Pierre Le Gouez[12]
(1947- )
DVD Pharmacien, président de l'AHB
Conseiller municipal (1983 → 1995)
Conseiller général du canton de Rostrenen (1992 → 1998)
mars 2008 En cours Alain Guéguen
(1963- )
PS Cadre de santé
Conseiller général du canton de Rostrenen (2011 → 2015)
Conseiller départemental du canton de Rostrenen (2015 → )
Réélu pour le mandat 2020-2026
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[14].

En 2017, la commune comptait 1 709 habitants[Note 1], en diminution de 2,45 % par rapport à 2012 (Côtes-d'Armor : +0,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 8002 4732 4382 4843 0433 4423 4543 7523 450
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 4033 4853 5343 1803 4483 4763 4943 2772 703
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5642 7322 5572 5752 0941 9702 3402 6242 710
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
2 6533 1333 3423 5853 2552 2221 8601 7591 721
2017 - - - - - - - -
1 709--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine mégalithique[modifier | modifier le code]

La commune comporte plusieurs menhirs encore en place. Le cromlech de Men Guen fut détruit après la Deuxième Guerre mondiale :

  • Menhir de Kerallain : sur la route de Rostrenen. Une croix et une plaque commémorative ont été fixés vers 1950 sur le sommet du menhir par les étudiants de l'ancien séminaire de Plouguernével. Jusqu'à la fin des années 1950, une procession religieuse se terminait au menhir de Ker-Alain. La forme de phallus de cette pierre lui donne des pouvoirs surnaturels liés à la fécondation. Des femmes viendraient s'y frotter pour faciliter leur fécondation. Des groupes d'initiés se donnent la main et entourent la base du menhir afin de s'imprégner de son pouvoir. Ce menhir fait partie d'un groupe de pierres levées disséminées dans la campagne. Certains menhirs ont été détruits, ils gênaient les cultures, d'autres ont été remplacés par des habitations. Jean Lody, un archéologue local les a tous photographiés et répertoriés. Il ne leur attribuait pas de rôle magique, ni funéraire. À son avis, ils servaient de panneaux indicateurs pour les exploitants de minerai.[réf. nécessaire]
  • Menhir de Kerauffret
  • Menhirs de Saint-Jean : paire de menhirs
  • Cromlech de Men Guen, appelé aussi Le Bigodou : il comportait initialement 50 pierres en quartz blanc mais dès 1896, il n'en restait plus que la moitié, l'ensemble dessinant une ellipse de 19,50 m de long sur 13 m de large qui fut détruite pour empierrer les chemins et les cours des environs[17].


Autres éléments du patrimoine[modifier | modifier le code]

Plouguernével se traduit en breton par « la nouvelle paroisse ». La présence d'un ancien séminaire est-elle pour quelque chose dans ce nom. Le bourg de Plouguernével est aujourd'hui très calme. La principale cause est la déviation de la RN 164 qui traverse le centre de l'agglomération. Jusque dans les années 1970, Plouguernével était un bourg très animé. Deux forges accueillaient les chevaux de trait et de labour et réparaient les chars à banc, des charrettes auxquelles on avait adapté des planches sur lesquelles s'asseyaient les passagers. Trois épiceries, une dizaine de cafés, un cinéma, une salle des fêtes, des crêperies.

  • L'église Saint-Pierre (au centre du bourg), et son cimetière qui lui était accolé jusque dans les années 1960. Depuis la place a été transformée en parking. Les manèges de la fête du ont disparu, ainsi que les courses cyclistes qui animaient le bourg de Plouguernével.
  • L'hôpital (au centre du bourg) est l'ancien séminaire de Plouguernével, transformé. Pendant de nombreuses années, cette grande maison constituait le principal bassin d'emploi de la région. Les changements récents de la taille des établissements médicaux ont fait éclater l'hôpital en plusieurs services qui se sont implantés dans des communes voisines, comme Rostrenen. Une unité pour malades difficiles d'une capacité de 40 lits a été ouverte, début 2008, près du stade à l'est du bourg.
  • Le Pont-Croix, sur la rivière du Doré, est un pont en granite sur arches. Des encoches visibles sur les arches témoignent de la présence d'anciennes vannes en bois à l'époque où le pont servait de barrage à un étang, dont on voit encore la forme entre le pont et la RN 164. Ces vannes régulaient le cours de la rivière le Doré qui alimentait les deux moulins à céréales placés plus loin sur la rivière. Ces deux moulins ont été transformés en résidence secondaire. Les roues à aubes ont disparu. Une photo ancienne parue dans le livre Souvenirs d'un séminariste de Plouguernével montre une chapelle près du Pont-Croix. Aucune trace de cette construction n'existe aujourd'hui. Pendant longtemps, les religieuses de l'école privée de Plouguernével se rendaient près du Pont-Croix pour un pèlerinage.
  • Le Doré, rivière dont le nom provient de la présence de paillettes d'or dans son cours. Chaque été, des chercheurs d'or se donnent rendez-vous autour des rivières de la région. Ils tamisent le sable espérant trouver le métal jaune. Les amateurs de randonnée à pied et à vélo apprécient la promenade le long du Doré avec des cascades, d'anciens moulins à eau et des voûtes d'arbres centenaires. À quelques centaines de mètres, le "Pont gaulois" constitué de grandes pierres est unique dans la région.
  • La chaire de Saint-Avit[18], en réalité une pierre ayant la forme grossière d'un fauteuil et devenue dans l'imaginaire local la chaise de saint Avit. Elle se trouve sur la colline située à l'ouest du Doré, à quelques centaines de mètres du Pont-Croix.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Armand Robin, né à Plouguernével le [19].
  • François-Marie Luzel, qui a raconté une veillée au manoir de Coat-Tual en Plouguernével où vivait sa sœur (dans ses Veillées bretonnes, rééditées par Françoise Morvan aux presses universitaires de Rennes).
  • Françoise Morvan, qui a publié les œuvres d'Armand Robin et de François-Marie Luzel, et qui a évoqué l'histoire des maquisards de Plouguernével dans son essai Miliciens contre maquisards.
  • Pierre Le Gloan, 1913-1943, pilote de chasse et as français lors de la seconde guerre mondiale, est inhumé dans le cimetière de Plouguernével[20].
  • Jean Le Dily, né en 1906 à Plouguernével décédé en 1981. Coureur cycliste de niveau régional, il remporta le Grand Prix de Plouay dans le Morbihan en 1935 après 144km d'échappée. Après sa carrière cycliste, il reprit son métier de charron au hameau de Kerjacob en Plouguernével.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, (lire en ligne), p. 346.
  2. Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d'Armor, Chasse-Marée, (lire en ligne).
  3. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  4. Sylvain Le Bail, "Cœur de Breizh", Les oiseaux de papier, Ploërmel, 2009, [ (ISBN 978-2-916359-31-1)]
  5. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [ (ISBN 978-2-918135-37-1)]
  6. Bernard Frelaut, "Il y a un siècle.. la Bretagne", éditions Ouest-France, 1999, (ISBN 2-7373-2532-3).
  7. René Rolland, né le à Rostrenen, ouvrier agricole, responsable d'un groupe de résistants FTP, tué par les Allemands le dans le hameau de Mézouet en Glomel
  8. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=55646 et http://cerp22.free.fr/Lieuxdememoire22/Belle-Isle-en-Terre/Plougonver%20Garzonval/1.html
  9. François-Marie Le Berre, né le à Plouguernével, arrêté le au cours d'une rafle effectuée par les Allemands à Saint-Nicolas-du-Pélem, voir http://cerp22.free.fr/Armand%20Tilly/1940-1945/Pages/Photos%20de%20Victimes/plougonver.html
  10. Françoise Morvan, "Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne", éditions Ouest-France, 2013, [ (ISBN 978-2-7373-5063-4)]
  11. « Commune. Le square Louis-Le Dily inauguré », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  12. « Pierre Le Gouez : trente-cinq ans de vie publique », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  17. Loïc Langouët, Les mégalithes de l'arrondissement de Guingamp, Institut Culturel de Bretagne, , 92 p. (ISBN 9782868221018), p. 63
  18. http://www.t4t35.fr/Megalithes/AfficheSite.aspx?NumSite=27921
  19. Daniel Kay, Tombeau de Georges Perros suivi de Armand Robin à Plouguernével, La Part commune, Rennes, 2007.
  20. Situation et photos de la tombe et du monument aux morts de la commune sur « aerosteles.net ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]