Plouégat-Guérand

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Plouégat-Guérand
Mairie de Plouégat-Guérand.
Mairie de Plouégat-Guérand.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Plouigneau
Intercommunalité Pays de Morlaix
Maire
Mandat
Christian Le Manac'h
2014-2020
Code postal 29620
Code commune 29182
Démographie
Gentilé Plouégatais
Population
municipale
1 095 hab. (2014 en augmentation de 2,34 % par rapport à 2009)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ nord, 3° 40′ ouest
Superficie 17,29 km2
Localisation

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Plouégat-Guérand [pluegat gerɑ̃] (en breton : Plegad-Gwerann) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploegat Gallon en 1473,

Ploegat, du breton plou et le nom du saint breton Egat[1], assimilé à saint Agapet[2].

Guérand, du nom d'une seigneurie; Vallon, Gazvallon en 1330, Gouezrant en 1543[3].

Plegad-Gwerann en breton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Guerrand[modifier | modifier le code]

Guerrand fut le siège d'une seigneurie importante dont l'existence est attestée en 1351 : Yves Charruel, qui participa au combat des Trente, était seigneur de Guerlesquin et de Guerrand. La seigneurie appartint ensuite successivement aux familles Penhoet, Boiséon et du Parc. En 1592, le célèbre brigand Guy Éder de La Fontenelle s'empare du château de Guerrand. En 1637, le roi Louis XIII érige la seigneurie en marquisat au profit de Vincent du Parc de Locmaria, capitaine de mousquetaires[4].

Lorsque débute la Révolution française, la seigneurie est aux mains de Charles Quemper de Lanascol, qui émigre en Angleterre. Vendu comme bien national à un marchand de Morlaix, le château tombe en ruine et est rasé en 1840[5].

Un nouveau château de Guerrand fut construit en 1902, mais incendié en 1940. Le nom a été repris par une simple ferme faisant chambre d'hôtes[6].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.[réf. nécessaire]

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Ploagat-Goirand [Plouégat-Guérand] de fournir 25 hommes et de payer 164 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[7].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Plouégat-Gallon[8].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'épidémie de choléra survenue dans le Finistère en 1832-1833 fit 95 morts à Plouégat-Guérand[9].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Résistance : les deux maquis de Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Deux maquis s'organisèrent près du village de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand dans le site boisé et encaissé de la vallée du Douron : l'un, créé en mai 1943, sur le versant est de la vallée, fut un maquis FTP, organisé par Pierre Lagadou[10], dit capitaine Jules et André Le Men, dit Victor autour initialement de la ferme de Coat Chanus[11]. Les résistants recrutent des réfractaires du STO, organisèrent des parachutages et menèrent des actions de guérilla[12].

L'autre groupe de maquisards FFI, membre du réseau Libé-Nord, dirigé par le docteur Léon Le Janne[13], alias Commandant Noël, coopérant avec François Tanguy-Prigent, alias Jacques Le Ru, maire révoqué de Saint-Jean-du-Doigt, ayant sa base à Kerabars, en Plouégat-Guérand, se replia sur le versant ouest de la même vallée en juillet 1944[14]. Sept lycéens du lycée de Morlaix, âgés de 17 ou 18 ans, formèrent un groupe de résistants au printemps 1943, organisé par Émile Guéguen et Gildas Lebeurier[15] dit "Gil" ; parmi ses membres Louis Gourvil et Émile Le Jeune[16]. Ce "groupe Gil" participa à diverses actions de résistance au Cloître-Saint-Thégonnec et à Plourin-les-Morlaix. Ses membres rejoignirent le maquis FFI de Saint-Laurent en Plouégat-Guérand, incorporant le "bataillon d'Ornano", dirigé par Édouard Lebeurier (1892-1986)[17], et participèrent à la libération de Morlaix le .

Quatre membres (Marcel Le Berre, René Morvan, Hervé Ollivier et Jacques Ollivier) de ce "bataillon d'Ornano", ainsi que l'agriculteur (François Trévien) et son employé (André Corvez) qui les cachaient à Pénarvern en Sainte-Sève furent, en raison d'une dénonciation, arrêtés par la Feldgendarmerie qui cerna la ferme, condamnés à mort par un tribunal allemand comme francs-tireurs le et fusillés le même jour en un lieu inconnu, probablement dans les Côtes-du-Nord. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés[18].

Une stèle implantée à Kerabars commémore le souvenir des maquisards disparus[19]. Même si ces maquis ne durèrent que quelques mois, ils réunirent près de 500 résistants et réfractaires du STO. Une trentaine de ses membres poursuivirent le combat en participant à la libération de la poche de Lorient en mai 1945.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 en cours Christian Le Manach[20] PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Vue septentrionale de l'église Saint-Agapit.
  • L'église paroissiale Saint-Agapit, construite au XVIe siècle, de style gothique, elle abrite un étrange bénitier de très petite taille, sculpté de nombreux symboles chrétiens. Le sculpteur serait, selon la signature de l'œuvre "S. de Rousval" ou "S de Rouseval". L'édifice est classé depuis 2010[21].

Événements[modifier | modifier le code]

La fête des cerises a lieu tous les ans le premier dimanche de juillet.

Naissances[modifier | modifier le code]

Décès[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 561 1 569 1 563 1 753 1 846 1 986 2 054 2 038 2 046
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 846 1 843 1 859 1 860 1 830 1 696 1 692 1 569 1 505
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 598 1 624 1 631 1 428 1 420 1 260 1 221 1 024 909
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
872 815 730 784 925 936 1 012 1 089 1 095
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre -Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1046
  2. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 94, Editions Jean-paul Gisserot, ([[International Standard Book Number|ISBN]] [[Spécial:Ouvrages de référence/2877474828|2877474828]]) »
  3. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 94, Editions Jean-paul Gisserot, ([[International Standard Book Number|ISBN]] [[Spécial:Ouvrages de référence/2877474828|2877474828]]) »
  4. Capitaine de la garde des mousquetaires de Richelieu
  5. http://www.infobretagne.com/plouegat-guerrand.htm
  6. http://www.leguerrand.com/index_fr.html
  7. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Plouégat-Guérand », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 2 décembre 2012)
  9. Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886)", 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f23.image.r=Plougasnou.langFR
  10. Pierre Lagadou est originaire de Plestin-les-Grèves
  11. http://fr.topic-topos.com/stele-des-maquis-de-saint-laurent-plouegat-guerrand
  12. Danielle Ropars, 1939-1945 : ils l'ont vécu, Liv'éditions, 2003 [ (ISBN 2-913555-54-3)]
  13. Léon Le Janne, (1894-1976), docteur en médecine, résistant ("Commandant Noël"), médecin auxiliaire dans le 2e régiment d'infanterie coloniale en 1914-1918, commandant de l'armée secrète Libé-Nord pour Morlaix et sa région pendant la Seconde Guerre mondiale
  14. "Été 1944 : Résistances et Libération en Trégor", Skol Vreizh n°56
  15. Gildas Lebeurier, né le , élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur le , voir http://www.france-phaleristique.com/lh_promo_25-04-05.htm
  16. http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/marcel-le-jeune-a-17-ans-il-a-pris-le-maquis-08-08-2014-10290809.php
  17. François de Beaulieu, La triple vie d'Édouard Lebeurier, revue "ArMen" n° 200, mai-juin 2014
  18. http://cerp22.free.fr/fusilles/Executes%20dans%2022/Trevian%20Francois/Page%202.html
  19. http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=19991206&article=19991206-424637&type=ar
  20. http://www.letelegramme.fr/finistere/plouegat-guerand/conseil-christian-le-manach-un-3e-mandat-07-04-2014-10112337.php
  21. Notice no PA29000066, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Dictionnaire biographique illustré : Finistère, 1911
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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