Plateau de Saclay

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Le plateau de Saclay est situé au nord de l'Essonne et au Sud-Est des Yvelines, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris. Il est délimité par la vallée de l'Yvette (vallée de Chevreuse) au sud et à l'est, et par la vallée de la Bièvre au nord.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le plateau est situé à environ 166 mètres d'altitude. Il est parcouru par des rigoles qui drainent l'eau. Ces ouvrages, ainsi que l'étang de Saclay, situé près de la commune de Saclay, étaient destinés à l'alimentation en eau du château de Versailles (et en particulier de ses fontaines).

Il correspond aux communes suivantes : Gif-sur-Yvette (quartier de Moulon), Orsay, Palaiseau, Saclay, Saint-Aubin, Vauhallan, Villiers-le-Bâcle dans le département de l'Essonne; Toussus-le-Noble, Châteaufort, Les Loges-en-Josas et Buc dans les Yvelines.

La partie sud est appelée plateau de Moulon. Il se prolonge sur la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines (plateau de Villaroy).

Les étangs et les rigoles[modifier | modifier le code]

Lorsque, à partir de 1670, Louis XIV fit construire son château à Versailles, il demanda à Le Nôtre de créer un parc somptueux égayé par une myriade de fontaines, de jets d'eaux, de cascades et de bassins. Pour amener l'eau nécessaire à Versailles, Jean-Baptiste Colbert mit en œuvre deux grands projets :

  • la machine de Marly qui était censée remonter les eaux de la Seine sur la Plaine de Louveciennes
  • la collecte des eaux de ruissellement et de drainage de la plaine de Trappes et du plateau de Saclay via des rigoles alimentant respectivement les étangs supérieurs de Trappes et d'Arcy et les étangs inférieurs de Saclay.

C'est un réseau hydraulique unique au monde avec un chapelet d'étangs, 200 km de rigoles étalées sur 13 000 hectares qui fut ainsi créé pour alimenter par simple gravité les fontaines du Château de Versailles. Sur le plateau de Saclay, six rigoles, dont la rigole de Saint-Aubin, la rigole de Chateaufort et la rigole de Corbeville aval via le CEA, alimentent l'étang Vieux (37 hectares) ; l'étang Neuf (33 hectares) est alimenté par la rigole Domaniale ainsi que par une partie de la rigole de Favreuse de Saclay d'une capacité d'environ 1,6 million de m³. Une succession de deux aqueducs enterrés (l'aqueduc de Villedombe, puis l'aqueduc du Plessis) qui constituaient la "ligne des puits", conduisait alors les eaux depuis l'étang Vieux jusqu'à l'étang d'Orsigny, puis l'étang du Trou Salé. De l'étang du Trou Salé, actuellement disparu sous les pistes de l'aérodrome de Toussus-le-Noble, l'aqueduc enterré de Saclay puis l'aqueduc des Arcades de Buc permettaient à l'eau de franchir la vallée de la Bièvre pour aller retrouver les étangs de Gobert (du nom de l'architecte qui fit réaliser les travaux) puis les fontaines de Versailles. À partir des années cinquante, ce réseau exceptionnel s'est partiellement dégradé faute d'entretien et du fait de divers aménagements. Un projet de réaménagement, proposé par le Syndicat Intercommunal de l'Yvette et de la Bièvre (SYB), est actuellement à l'étude.

Économie / Urbanisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campus du plateau de Saclay.
La ferme du Grand Viltain résulte de la concentration des activités agricoles au 19e siècle
Opposition au projet de métro aérien (Saclay, juillet 2012)

Le plateau de Saclay a une longue tradition agricole. Ses terres grâce à l'irrigation naturelle sont parmi les plus fertiles d'Île-de-France. Et pourtant il est devenu un important pôle d'enseignement, de recherche scientifique et de recherche et développement après la Seconde Guerre mondiale, et surtout à partir des années 1960. De nombreuses écoles et centres de recherche sont implantés sur le plateau, et il est prévu que ce campus devienne l’un des plus importants d’Europe dans les prochaines années. Ce progressif grignotage des terres fertiles inquiète les riverains et les cultivateurs du plateau.

Les municipalités du plateau font partie des communautés d'agglomération :

Il est traversé du nord au sud par la Route nationale 118, l'axe Boulogne-BillancourtLes Ulis. Il n'est pas directement desservi par le RER, mais les lignes de RER B et C desservent respectivement la vallée de Chevreuse et la vallée de la Bièvre, qui entourent le plateau. Les bus Albatrans et Savac permettent de rejoindre les gares situées dans les vallées.

Dans le cadre du projet « Grand Paris», le schéma définitif adopté le 26 mai 2011 par la Société du Grand Paris pour le réseau de transport Grand Paris Express prévoit une ligne de métro automatique numérotée 18 qui reliera Versailles (gare des Chantiers) à l'aéroport d'Orly via le plateau de Saclay[1]. Le projet de métro aérien suscite toutefois une certaine hostilité de la population[2].

La plaine de Moulon[modifier | modifier le code]

La plaine de Moulon est la partie sud-est du plateau de Saclay, située sur les communes de Gif-sur-Yvette et Orsay. Communément appelé quartier de Moulon ou Le Moulon, c'est un autre lieu de recherche et d’enseignement supérieur (voir Campus d'Orsay).

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis près de 40 ans, les travaux menés sur le plateau par les archéologues de l'Inrap, du CNRS et des associations locales[réf. insuffisante] montrent la présence d'une occupation quasi continuelle depuis le premier Âge du fer. Une villa romaine se situe dans le secteur de Moulon, face à la maison de l'ingénieur (Polytech Paris-Sud, rue Louis de Broglie). Les vestiges de cette villa gallo-romaine (début du IIe à la fin du IIIe siècle ap. J.-C.) furent mis au jour par une équipe de l'association des archéologues du CEA Saclay (AAC-CEA Archéologie[3]). La partie correspondant à l'habitation du propriétaire de la villa (pars urbana) est encore visible. La partie agricole du domaine (pars rustica) est partiellement préservée. Elle n'a pas été fouillée.

En 2005, un village gaulois a été découvert sur la plaine de Moulon (au nord de l'IUT d'Orsay). Il était vraisemblablement composé d'une centaine de membres : artisans, agriculteurs ou éleveurs.

La ferme d'Orsigny (résultant de la réunion de deux fermes jumelles, et toujours en activité) occupe le site d'une ancienne villa gallo-romaine (Orsiniacum), qui a elle-même succédé à une implantation celte[4]. Le site est réoccupé par les Mérovingiens après sa destruction par le feu. Du XIe siècle au XIIIe siècle, Orsigny est refondé par les moines de Saint-Germain-des-Prés. Il devient au XVIe siècle un hameau autour d'une ferme appartenant à la famille Mérault, qui parvient à fonder un domaine de 256 hectares, plus tard divisé. En 1644, le hameau s'étant dépeuplé, une héritière des Mérault fait don du domaine à la congrégation des Lazaristes de Saint Vincent de Paul. Le domaine atteindra 345 hectares en 1670. En 1789, les biens ecclésiastiques sont nationalisés, puis revendus à des Parisiens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Réseau de transport public du Grand paris », Portail du gouvernement (consulté le 3 juin 2011).
  2. http://www.slate.fr/story/81237/projet-grand-paris-ile-de-france
  3. « Fouilles archéologiques de la villa gallo-romaine de Moulon », AAC-CEA Archéologie
  4. Ce paragraphe résume les informations du panneau d'information installé sur place par la CAPS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Coquille Saint-Jacques
Via Turonensis
-- Itinéraire mixte sur GR 655 --
(? km jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle)
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