Plateau de Chambaran

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Parc naturel de Chambaran
Étang des Essarts 4.JPG
Étang des Essarts
Géographie
Adresse
Coordonnées
Ville proche
Superficie
240 ha[1]
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Le plateau de Chambaran, ou les Chambarans[2], se situe dans le département français de l'Isère. C'est une région naturelle fortement boisée classée en tant que parc naturel et zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

On trouve la forme Sylva de Cambaran dans une charte datée de 1062[3]. On trouve encore bois de Chamberan au XVIIIe siècle.

Une hypothèse veut que Chambaran signifie « champs bon à rien »[4] car les champs étaient considérés comme baran (« bon à rien » en francoprovençal)[5]. Elle peut paraître erronée du fait qu'il s'agit d'une forêt ancienne.

Une seconde hypothèse la fait parvenir du celtique cambo, « courbe de rivière »[6], ou ayant le sens de « hauteur arrondie » avec les suffixes -ar et -anum[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation, topographie[modifier | modifier le code]

Le plateau de Chambaran se situe dans l'Ouest du département de l'Isère, à la limite de la Drôme dite des Collines, aux environs de Roybon et de Saint-Siméon-de-Bressieux. Son altitude moyenne est d'environ 700 m[réf. nécessaire]. Le point culminant atteint 789 m[7] au sommet de l'oppidum du Camp de César[8], sur la commune de Plan. Il donne au sud sur le massif du Vercors, dont la vallée de l'Isère le sépare. Au nord, il est séparé des Terres froides par la plaine de Bièvre.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le plateau du Chambaran est une vaste zone géographique argileuse du Bas Dauphiné[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les bois du plateau sont constitués de taillis de hêtres, de châtaignier commun et de chênes[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, les bois de Chambaran ont servi de refuge et de base arrière à la Résistance de cette région et du maquis du Vercors[9],[10].

Des bagnards du fort d'Aiton, près d'Albertville, étaient affectés dans les années 1960-1970 au camp militaire de Chambaran. Ils étaient revêtus de la tenue de 1940 (treillis blanc, calot à grandes pointes) et étaient chaussés de sabots. Il y avait un bagne en dessous du fort supérieur d'Aiton. Le fort d'Aiton connut en effet une affectation spéciale lorsque, en 1962, il reçut les « pensionnaires » du centre disciplinaire de l'armée française ou, plus précisément, la Compagnie spéciale des troupes métropolitaines, dissoute en 1972[11].

Activités[modifier | modifier le code]

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Panneaux dans la forêt indiquant la route du parc naturel de Chambaran.

Le plateau de Chambaran abrite un parc naturel clos de 240 hectares[1], constitué de forêts vallonnées et d'étangs (étang Revel, étang des Essarts, etc.), et accueillant une faune riche (cervidés, sangliers, rongeurs, oiseaux...), ainsi qu'un camp militaire.

Le plateau est classé à l'inventaire national du patrimoine naturel[12].

Camp militaire de Chambaran[modifier | modifier le code]

La partie Nord-Ouest du plateau accueille depuis 1882 un camp militaire de 1 450 ha sur le territoire de la commune de Viriville. C'est d'abord au début du XXe siècle une zone d'expérimentation du canon de 75. Actuellement, le camp est un centre de formation militaire géré par le 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces[13],[14].

En 2014, le camp a reçu le label Natura 2000, label attribué aux sites pilotes pour la protection de la biodiversité[15],[16].

Projet de Center Parcs[modifier | modifier le code]

La société Center Parcs Europe, filiale du groupe Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs, a lancé un projet de construction d'un village de vacances sous la marque Center Parcs, dans le bois des Avenières, sur les hauteurs de Roybon.

Ce nouveau domaine, nommé Forêt de Chambaran, devrait comprendre 1 000 cottages sur une superficie de 203 ha[17]. Ce projet rencontre l'opposition de diverses associations de protection de la nature et de l’environnement, dont la FRAPNA Isère, qui dénonce, en s'appuyant sur le résultat d'une première enquête publique, l’impact néfaste de ce futur complexe touristique sur l’environnement de ce secteur boisé et de sa zone humide[18]. La construction de ce vaste complexe touristique a commencé en novembre 2014 et devait être achevée en 2017[19].

Le , la cour administrative d'appel de Lyon confirme l’illégalité de deux des trois arrêtés préfectoraux qui permettaient le démarrage des travaux[20]. Le groupe Pierre et Vacances décide de se pourvoir auprès du Conseil d’État[21]. Le , le Conseil d'État casse l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon qui avait annulé le l'arrêté préfectoral du autorisant la construction[22]. Le dossier va donc devoir être rejugé par la cour administrative d'appel de Lyon[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Parc naturel de Chambaran sur www.isere-tourisme.com
  2. a b et c Frédéric Zégierman, Le guide des Pays de France, t. 2, Éditions Fayard, , 637 p. (ISBN 2-213-59961-0), p. 521-522.
  3. Emmanuel Pilot de Thorey, Dictionnaire topographique du département de l'Isère comprenant des noms de lieu anciens et modernes, 1921
  4. Isère Magazine, no 148, décembre 2014, page 18
  5. a et b Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Dictionnaire des pays et provinces de France, Éditions Sud-Ouest, , 349 p. (ISBN 2-87901-367-4), p. 109.
  6. Louis Davillé, « Le mot celtique "cambo" », Revue des études anciennes, Bordeaux, Féret, t. 31,‎ , p. 42-50 (lire en ligne).
  7. Géoportail : latitude 45.309708°, longitude 5.408331°
  8. « Le Camp de César », sur le site internet isere-tourisme.com (consulté le 24 décembre 2018).
  9. Cécilia Sanchez, « Dans le massif de Chambaran, une course sur les traces de la Résistance », sur le site internet de la chaine de télévision France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le 24 décembre 2018).
  10. « Intégration du maquis de Chambaran à la 1ère Armée », sur le site internet du Musée de la Résistance en ligne (consulté le 24 décembre 2018).
  11. Un court métrage documentaire, Fort Aiton, a été réalisé en 1972 par Marc Delestre et Marc Bischoff
  12. ZNIEFF 820030032 - Plateau de Chambaran, sur le site inpn.mnhn.fr
  13. « Le camp de Chambaran », sur le site internet du Musée de l'histoire militaire de Lyon et de sa région (consulté le 24 décembre 2018)
  14. « Le Camp de Chambaran », sur le site internet du projet (consulté le 24 décembre 2018)
  15. « Au camp militaire de Chambaran en Isère, les militaires s'entraînent sur un site naturel protégé », sur le site internet de la chaine de télévision France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le 24 décembre 2018)
  16. « En Isère, le camp militaire de Chambaran entretient sa biodiversité », sur le site internet du journal 20 minutes, (consulté le 24 décembre 2018)
  17. « Un Center Parcs en Chambaran », sur le site internet Isère magazine.fr, le Web-magazine du Conseil général de l'Isère, (consulté le 1er décembre 2014)
  18. « Communiqué de presse de la FRAPNA Isère », sur son site internet, (consulté le 25 novembre 2014)
  19. « Les opposants au Center Parc de Roybon occupent une maison forestière », sur le site internet du journal Libération, (consulté le 1er décembre 2014)
  20. « Projet de Center Parcs à Roybon (Isère) : trois arrêts sont rendus publics, vendredi 16 décembre 2016 », sur le site internet de la cour administrative d'appel de Lyon, (consulté le 16 décembre 2016).
  21. « Center Parcs de Roybon : l’arrêt du projet confirmé en appel », sur le site internet du journal Le Monde, (consulté le 16 décembre 2016).
  22. « Décision N° 408175 », sur arianeinternet.conseil-etat.fr, (consulté le 22 novembre 2018).
  23. « L’avenir du Center Parcs de Roybon relancé par une décision du Conseil d’Etat », sur Le Parisien, (consulté le 22 novembre 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]