Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques

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La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (en anglais Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES) est un groupe international d'experts sur la biodiversité. Il est présidé pour trois ans par Abdul Hamid Zakri, de Malaisie, qui est représentant de la région Asie-Pacifique nommé à ce poste en janvier 2013.

Pluridisciplinaire, L'IPBES a pour premières missions d'assister les gouvernements, de renforcer les moyens des pays émergents sur les questions de biodiversité, sous l'égide des Organisation des Nations unies (ONU) ;

Ce mécanisme d'interface et de coordination sur la biodiversité résulte d'une initiative lancée en 2005 par l'ONU.
Annoncé en 2010[1], ce « Giec de la biodiversité[1] » a officiellement été créé le 21 avril 2012 par 94 gouvernements. Il a tenu sa première réunion début 2013.

Chaque États membre des Nations unies peut y participer et les délégués souhaitent aussi une « participation active de la société civile » au processus[2]. Début 2014, 115 États en étaient membres[3].

Missions[modifier | modifier le code]

L'IPBES, sous l'égide du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), joue un rôle d'interface et de vulgarisation scientifique entre l'expertise scientifique et les gouvernements.

Il doit aussi renforcer les moyens des pays émergents et favoriser les accords multilatéraux prenant en compte la biodiversité ;

Il coordonne le travail scientifique, des ONG et du secteur privé sur les questions de biodiversité ;

Il doit enfin également catalyser les fonds d'aides aux évaluations de la connaissance sur la biodiversité.

C'est en quelque sorte le pendant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour la biodiversité ; Ces deux structures seront d'ailleurs amenées à travailler conjointement, car il existe des liens structurels et fonctionnels entre biodiversité et climat, et changement climatique et puits de carbone.

Le programme de travail 2014-2018 a 4 grands objectifs[3] :

  1. Renforcer les capacités et les connaissances aux interfaces Science - Politique, dont en travaillant avec les systèmes de connaissances locaux et autochtones (d’ici 2016)[3] ;
  2. Renforcer l’interface science-politique aux niveaux sous-régional, régional et mondial ; avec 3 sous-objectifs : a) Rédaction d'un guide sur la réalisation et l’intégration des évaluations à tous les niveaux (d’ici octobre 2014) ; b) production d'évaluations sous-régionales/régionales de la biodiversité et des services écosystémiques (d’ici 2017) ; c) production d'une évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques (d’ici décembre 2018)[3].
  3. Renforcer l’interface science-politique pour les questions thématiques et méthodologiques, dont à propos de a) la pollinisation et des pollinisateurs ; b) la dégradation et de la restauration des terres (fin 2016), les espèces exotiques envahissantes, et l’utilisation durable de la biodiversité (d’ici fin 2017) ; c) une analyse de scénarios et d'une modélisation de la biodiversité et des services écosystémiques (d’ici fin 2017) sur base d’une évaluation rapide (d’ici fin 2015) et d’un guide (d’ici fin 2015) ; d) production d'outils d'aide et conseil pour les politiques, sur la base des valeurs de la biodiversité et des bénéfices et services écosystémiques apportés par la nature (d’ici mars 2017) sur la base d’une évaluation rapide (avant fin 2015) et d’un guide (avant août 2015)[3].
  4. Faire connaître l’IPBES et évaluer son action[3].

Des centaines d'experts seront sélectionnés afin de former des groupes qui rédigeront des « livrables »[3].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

L'IPBES devrait fonctionner sur le même modèle que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Une consultation a été ouverte (du 8 janvier au 1er février 2012), sous l'égide des nations unis, de l'IHDP, du gouvernement japonais et Diversitas. Ele incluait des questions sur les critères de choix des scientifiques ; 136 pays ont répondu à cette consultation[4]. Ces critères doit permettre de fonder les bases de choix du PEM définitif (découpage régional, équilibre entre disciplines scientifiques, évitement des conflits d'intérêt, etc.).

Cohérence régionale et biogéographiques : Plus que pour le GIEC, elle parait indispensable.

Selon la FRB, « la question régionale s’est invitée fermement dans les négociations : la plupart des pays s’accorde sur le fait que l’équilibre régional au sein des organes de gouvernance devrait se baser sur un découpage prenant en compte la biogéographie. Toutefois, cette approche nécessitant une réflexion plus approfondie prenant en compte plusieurs facteurs (nombre de pays par région, population, richesse en biodiversité), les pays se dirigeraient vers une solution provisoire basée sur le découpage des Nations-Unies pour commencer le travail plus rapidement »[2].

Dans un premier temps, en raison du manque de dispositif mondial existant basé sur les échelles biogéographiques et écopaysagères, il a été décidé en 2012 par les délégués réunis à panama City de commencer avec un « panel d'experts multidisciplinaire » (PEM) intérimaire, nommés pour la première plénière de l’IPBES (début 2013) via un processus de nomination. Le président de l'IPBES (Abdul Hamid Zakri a été nommé en 2013). Parmi les français présents, figurent Gilles Bœuf (Président du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et universitaire [5] est suppléant de Bob Watson (Royaume-Uni), Vice-président du Bureau au titre de la région WEOG[6].


Histoire de la démarche[modifier | modifier le code]

  • Dans les années 1970-1980, avec notamment les travaux du Club de Rome, il est apparu de plus en plus évident que la biodiversité était un bien commun et un bien public vital pour l'humanité, et gravement menacée, et qu'elle pouvait n'être correctement restaurée, protégée et gérée qu'à des échelles qui soient à la fois mondiales, nationales, régionales et locales ;
  • Au Sommet de la Terre de Rio (juin 1992), sous l'égide de l'ONU, tous les pays ont décidé au travers d'une convention sur la diversité biologique de faire une priorité de la protection et restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable ;
  • En 2005, l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire a confirmé que 60 % environ des écosystèmes étaient dégradés à très dégradés et souvent surexploités. Elle encourage une gouvernance mondiale de la biodiversité ;
  • L’initiative d'un IPBES date de 2005.
    Portée par l'UNEP, elle faisait suite au processus IMoSEB (Mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité) et à la Stratégie de poursuite de l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire ;
  • Elle s'est d'abord traduite par une consultation internationale (IMoSEB)qui visait à créer une structure équivalente au GIEC mais pour la biodiversité.
    Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), sous l'égide de l'ONU, était chargé de cette consultation ;
  • Après 2 ans de consultation internationale (processus consultatif vers un IMoSEB) et la mise en place d'une stratégie de poursuite du MA (évaluation des écosystèmes pour le millénaire), le PNUE a officiellement annoncé (le 12 novembre 2008 à Kuala Lumpur)[7], une consultation vers la création d'un groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, nommé Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES)[8], sur le modèle du GIEC, le Brésil et la Chine ayant toutefois montré quelques réticences ;
  • Les États et l'ONU ont officiellement montré leur volonté de créer l'IPBES lors de la Conférence mondiale sur la biodiversité, de Nagoya (2010)[9] ;
  • En octobre 2010, le Résultat Busan est présenté lors de la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (2010). Les principes de fonctionnement de l'ipBes sont approuvés par l'ensemble des participants ;
  • Le 20 décembre 2010, la 65e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies a approuvé, et ainsi officialisé la création de l'ipBes ;
  • En octobre 2011 (du 3 au 7), une réunion préparatoire se tient à l'ONU à Nairobi (Kenya)[10]
  • le 21 avril 2012, l'IPBES a été officiellement créé (sur le modèle du GIEC) à Panama city ; 5 pays[11] avaient proposé d'accueillir le secrétariat ; c'est Bonn (Allemagne) qui a été retenue [2].
  • La première séance plénière s'est déroulée début 2013. Elle a validé le programme de travail et les modalités de certaines procédures (revue par les pairs, sélection des auteurs, relations avec le PNUE, le PNUD, l'UNESCO et la FAO, etc.)[2]. Après cinq jours de négociations au sein des groupes régionaux, la composition du « Groupe d'experts multidisciplinaire » (GEM, constitué de 25 membres) de l'IPBES a été annoncée. Le GEM supervisera les aspects scientifiques et techniques des activités de l'IPBES, avec un mandat de 2 ans.

Il jouera un rôle central au cours des deux années à venir dans la préparation et la mise en œuvre du programme de travail 2014-2018 de l’IPBES.

Pays membres[modifier | modifier le code]

Position et actions de la France[modifier | modifier le code]

Ce pays a soutenu officiellement la création d'un ipBes

  • Un premier soutien s'est manifesté lors de la Conférence internationale « Biodiversité : science et gouvernance » de 2005.
  • L'IMoSEB (processus de consultation international ) a été relayé en France par l'IFB, avec l’appui de du programme DIVERSITAS.
  • Le 22 octobre 2009, une conférence FRB-Iddri « l’IpBes – Quel état d’avancement ? Quels enjeux ? » annonce que la 3e réunion intergouvernementale sur l'IPBES (en Corée du Sud) conclurait ou non à la création d'un ipBes ; Le 11 juin 2010, après 5 jours de négociations à Busan, en Corée du Sud, les délégués ont conclu (« Résultat Busan ») au besoin de créer un ipBes intergouvernemental, géré par une ou plusieurs organisations des Nations-Unies.
    Cet ipBes devrait assister les gouvernements, renforcer les moyens des pays émergents, sous l'égide des Nations Unies, et favoriser les accords multilatéraux prenant en compte la biodiversité, tout en coordonnant le travail scientifiques, des ONG et du secteur privé sur ces questions. Il doit aussi catalyser les fonds d'aides aux évaluations de la connaissance sur la biodiversité. Cette conférence propose que la 65e session de l'Assemblée Générale de l’ONU (AGNU – 20 au 30 septembre 2010) se penche sur ces propositions. En France, la FRB et l'Iddri continuent à soutenir le processus. En 2010, la FRB a annoncé préparer « le mécanisme de mobilisation national de l’expertise dont la France aura besoin dans le cadre de l’ipBes » [12],[13],[14],[15].

En cours[modifier | modifier le code]

En 2012, le secrétariat de l'IPBES est chargé de réaliser

  • un état des lieux des évaluations (assessments review) et des besoins[2] ;
  • un catalogue des initiatives existant dans ce domaine[2] ;
  • une analyse des besoins, dont en matière de renforcement de capacité (« Les gouvernements et porteurs d'enjeux seront invités à envoyer au secrétariat des propositions sur le renforcement de capacité qui seront compilés par le secrétariat et étudiés par la première plénière de l’IPBES »[2]);
  • un cadre conceptuel, qui sera soumis à tous les gouvernements et porteurs de connaissances via une consultation en ligne, et étudié dans un « atelier » respectant un équilibre disciplinaire et régional[2] ;
  • une liste des scénarios et autres outils utiles ou nécessaires à l'intégration de différents systèmes de connaissances ;
  • un état des lacunes en connaissance[2].

Une proposition non encore tranchée propose que l'Union européenne puisse y participer au même titre que les États[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Journal de l'environnement, « Le « Giec » de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010 », 2009.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Communiqué FRB, L’IPBES est créée !, Panama city, 2012-04-21
  3. a, b, c, d, e, f et g [Lettre du comité français pour l’IPBES ], n°1 - oct. 2014
  4. Jaya Sinnathamby, Findings of the Global IPBES Assessment Survey (Synthèse des réponses à la consultation pour l'IPBES) PDF, 12 pages
  5. professeur à l'Université Pierre et Marie Curie
  6. La région WEOG est constituée de l'Europe de l'Ouest, Canada, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande et Israël
  7. « Réunion intergouvernementale et multipartite spéciale concernant la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques »,‎ (consulté le 16 mars 2010)
  8. Article du journal Monde] (2008 11 13)
  9. Actu-Environnement, Biodiversité : lancement officiel de l'IPBES par l'assemblée générale des Nations Unies1er décembre 2010
  10. First Session of IPBES, 3-7 October 2011, UNEP headquarters, Nairobi, Kenya (Résumé)
  11. Candidats à l'accueil du secrétariat de l'IPBES : Allemagne (Bonn, voir Candidature de la ville de Bonn), Corée du Sud (Séoul), France (Paris, voir candidature officielle, Inde (lieu non précisé), Kenya (Nairobi).
  12. FRB, [Busan 2010 : en marche vers ipBes !] (communiqué FRB)
  13. [Fichier:http://www.ipbes.net/meetings/Documents/ipbes3/K1030396-IPBES-3-L.2Rev1.pdf Busan outcome ; compte rendu de la réunion de Busan ; Document du PNUE] (en anglais)
  14. New UN science body to monitor biosphere 'IPCC for biodiversity' approved after long negotiationRevue Nature ; online 12 June 2010 | Nature | doi:10.1038/news.2010.297
  15. Article du Journal Le Monde ; Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé 12.06.10

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Foucart - Le Monde du 11 Novembre 2014 - Expert : le contrat de défiance. Dans cet article, le journaliste révèle la situation de certains experts membres de l'IPBES, qui seraient en situation de conflit d'intérêt du fait de leur appartenance aux groupes Syngenta et Bayer. Michael Busher, « Conserver la diversité biologique européenne dans le contexte climatique », Sauvegarde de la nature, éditions Conseil de l'Europe - La Documentation française, no 149,‎ (ISBN 978-92-871-6262-5)
    Il y a de fortes chances que le changement climatique ait des conséquences environnementales majeures sur les habitats naturels au cours des cinquante années à venir. Il faudra modifier de manière radicale la conservation de la diversité biologique pour éviter les extinctions massives d'espèces et d'habitats menacés. Des recommandations précises sont faites aux gouvernements et aux agences de conservation qui collaborent aux travaux de la Convention de Berne. Ce titre offre un point de départ aux discussions sur les stratégies d'adaptation envisageables en vue de préserver la diversité biologique de l'Europe
  • P. J. Dubois, Vers l'ultime extinction ? La biodiversité en danger, Paris, éditions La Martinière, 191 pages, 2004.
  • Bruno Fady et Frédéric Médail (2006). Peut-on préserver la biodiversité ?, Le Pommier (Paris), collection Les Petites Pommes du savoir (no 80) : 64 p. (ISBN 2-7465-0272-2[à vérifier : ISBN invalide])
  • L. Hannah et I. Bowles, « Letters : Global priorities », Bioscience, no 45, p. 122, 1995.
  • Antonio Machado, « Lignes directrices sur les plans d'action en faveur des espèces animales menacées », Sauvegarde de la nature, éditions Conseil de l'Europe, no 92,‎ (ISBN 92-871-3471-5)
    La protection et la gestion appropriées des habitats naturels sont des de la préservation de la diversité des espèces en Europe. Les espèces les plus menacées requièrent souvent des mesures complémentaires urgentes et ciblées pour stopper leur déclin. Ces mesures se présentent généralement sous la forme d'un « plan d'action », outil de conservation des espèces, grandement utilise aux États-Unis et en Europe. Ce rapport analyse I'emploi et les limites des plans d'action pour les espèces animales, et propose quelques lignes directrices pour leurs élaboration et leur mise en œuvre (les lignes directrices traitant espèces végétales ont fait I'objet du n° 68 de cette même série
  • R. M. May, « How many species are there on earth? », Science, no 241, p. 1441-1449, 1988.
  • R. M. May, « How many species? », Philosophical Transactions of the Royal Society, n° B 330, p. 293-304, 1990.
  • Céline Négre, Convention internationale sur la biodiversité : Enjeux de la mise en œuvre ; Ed. La Documentation Française, 2010-11-08.
  • (en) Jaya Sinnathamby, Findings of the Global IPBES Assessment Survey (fait du 8 janvier au 1er février 2012), 12 pages.
  • Nigel E. Stork, « Measuring global biodiversity and its decline », in Biodiversity II. Understanding and Protecting our biological Resources (REAKA-KUDLA M.L., WILSON D.E. & WILSON E.O., dir.), Joseph Henry Press (Washington), p. 41-68, 1996.
  • World Conservation Monitoring Centre (WCMC) (dir.), Global Biodiversity. Status of the Earth's living resources, Chapman & Hall (Londres) : xix + 585 p., 1992. (ISBN 0-412-47240-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]