Vortex de déchets du Pacifique nord

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38° N 145° O / 38, -145

Vortex de déchets du Pacifique nord

Le vortex de déchets du Pacifique nord est une zone du gyre subtropical du Pacifique nord, aussi connue sous le nom de gyre[1] de déchets, « soupe plastique[2] », « septième » ou « huitième continent » ou « grande zone d'ordures du Pacifique[2] » (GPGP pour Great Pacific Garbage Patch). Pour les océans, le terme « continent de plastique[3] » est rencontré. Une zone similaire a été découverte dans le nord de l'océan Atlantique[4].

L'océanographe et skipper américain Charles J. Moore (en) a découvert en 1997 cette « grande zone d'ordures du Pacifique » également nommée vortex d'ordures[2]. Étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l'eau, elle n'est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. Elle est seulement visible du pont des bateaux[2].

La masse de plastiques concentrés au sein des océans est estimée à sept millions de tonnes[3], dont environ 269 000 tonnes de déchets plastiques flottants[5] selon une vaste étude internationale parue dans la revue PLOS ONE[6]. Cependant, les chercheurs à l'origine de cette étude ont néanmoins tenu à souligner qu'il s'agissait plus d'un ordre de grandeur[5].

En 2013, une mission scientifique française, l'expédition 7e continent, s'est rendue sur place afin d'étudier ce gyre nord-pacifique. En 2015, celui-ci sera exploré par l'expédition franco-suisse Race for water.

Description[modifier | modifier le code]

Gyre du Pacifique nord

Le centre du Grand vortex du Pacifique nord est situé dans une latitude entre la cellule de Ferrel et la cellule de Hadley (voir Flux méridional). Il s'agit d'une zone relativement calme de l'océan Pacifique, vers laquelle le mouvement de rotation du vortex amène les déchets flottants. Ces déchets s'accumulent en bancs. Jusqu'à une époque récente, ces débris de nature organique subissaient une biodégradation. Les activités humaines y amènent désormais des débris en matières non biodégradables, comme des polymères et des débris de bateaux. Les matières plastiques y sont photodégradées en pièces et particules de plus en plus petites, mais les molécules individuelles ne sont que très lentement métabolisées par les êtres vivants[7]. La photodégradation des plastiques conduit à la production de déchets polluants, nocifs au milieu marin.

Le caractère presque indestructible des plastiques de l'étendue de déchets est discuté dans Homo disparitus de Alan Weisman.

L'essentiel des plastiques trouvés en mer sont du polyéthylène, du polypropylène[1] et du PET[8] (plastiques de grande diffusion).

Effets sur l'écosystème[modifier | modifier le code]

Sur des mesures effectuées en 2001 et en 2007, la masse de particules plastiques était six fois supérieure à la masse de zooplancton[9],[10].

Les déchets plastiques ont une longévité qui peut atteindre plusieurs centaines d'années ; au fil du temps, ils se désagrègent[11] sans que leur structure moléculaire change d'un iota. C'est ainsi qu'apparaissent des quantités colossales d'une sorte de « sable de plastique » qui, pour les animaux, a toutes les apparences de la nourriture. Ces plastiques, impossibles à digérer et difficiles à éliminer, s'accumulent ainsi dans les estomacs des poissons, des méduses, des tortues et oiseaux marins. Par ailleurs, ces débris de plastique agissent comme des éponges, fixant des polluants organiques persistants[4] (POP) dans des proportions plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane, un pesticide) ou les PCB (polychlorobiphényles), des produits extrêmement toxiques. Les effets en cascade peuvent s'étendre et toucher l'homme, via la chaîne alimentaire par le phénomène de bioaccumulation. Greenpeace estime qu'à l'échelle de la Terre, environ un million d'oiseaux et cent mille mammifères marins meurent chaque année de l'ingestion de plastiques. Au total, plus de 267 espèces marines seraient affectées par cet amas colossal de déchets.

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Les plastiques constituent 90 % des déchets flottant sur les océans. Le Programme des Nations unies pour l'environnement mentionnait en juin 2006 qu'on trouve en moyenne 18 500 morceaux de plastique par km2 d'océan sur une profondeur d'environ 30 mètres. En certains endroits, la quantité de plastique est six fois supérieure à celle du plancton qui est le premier maillon essentiel à la vie dans les océans puisqu'au début de la chaîne alimentaire.

L'océanographe Charles Moore a mesuré la concentration de débris dans la zone de déchets du Pacifique. Il a rapporté une concentration de 334 000 déchets par km2 (variant de 32 000 à 1 million de pièces par km2)[12] et une masse moyenne de 5,1 kg·km-2. La collecte a été effectuée à l'aide d'un chalut équipé d'une ouverture rectangulaire de 90 cm sur 15 cm disposé à la surface. Une récolte d'échantillon à 10 m de profondeur rapportait moins de la moitié de la quantité, essentiellement du fil de pêche[13].

L'estimation de la taille de l'étendue de déchets dépend de la source : 700 000 km2[14], 2 000 000 km2[15] (soit une ou trois fois la superficie de la France) ou en 2012 environ six fois la superficie de la France[8]. L'océanographe Marcus Eriksen estime que la zone de déchets du Pacifique nord est en réalité constituée de deux zones interconnectées. Il affirme également que la zone de déchets commence à 500 milles nautiques de la côte de Californie et s'étend jusqu'aux abords de la côte japonaise[16].

Sources des débris[modifier | modifier le code]

En 2010, sur les 275 millions de tonnes de déchets plastique produits par 192 pays, 4,8 à 12,7 millions de tonnes seraient déversées dans les océans[17]. Et 70 % des plastiques qui s'aventurent en mer coulent tandis que le reste flotte, naviguant au gré des courants.

Moore estime que 80 % des déchets provient de sources terrestres, le reste provenant de bateaux[8]. Il indique que les débris provenant de la côte orientale de l'Asie dérivent jusqu'à la zone de déchets en moins d'un an, et ceux provenant de la côte occidentale de l'Amérique dérivent en cinq ans[14].

Les causes premières de cette pollution grandissante ont été identifiées comme étant la mauvaise gestion du traitement des déchets par un groupe de chercheurs américains dont l'objectif de l'étude était de quantifier la quantité de déchets plastiques déversés dans les océans chaque année[18]. Les chercheurs justifient cette mauvaise gestion par la relative jeunesse de l'industrie de gestion, traitement et de valorisation des déchets plastiques (le matériau est apparu entre 1930 et 1940) et l'absence des infrastructures dans de nombreuses nations. En effet, le système de gestion des déchets est souvent la dernière infrastructure mise en place[18].

En établissant un lien de corrélation entre l'actuel traitement des déchets plastiques et la production dans le monde, en augmentation de 647 % pour les seules résines jetables comme les sacs et les bouteilles, les chercheurs ont ainsi estimé que les déchets de plastique présents dans les océans pourraient décupler en dix ans[18].

Sources exceptionnelles[modifier | modifier le code]

Trajet des jouets en plastique relâchés par un cargo dans le gyre d'ordures.

Occasionnellement, des changements dans les courants marins amènent des débris flottants de cargos dans les courants tournants autour du vortex du Pacifique, conduisant à l'échouage de ces déchets sur les plages adjacentes, selon un ordre prévisible.

Un de ces évènements resté célèbre est la perte d'environ 80 000 chaussures et bottes de la marque Nike du navire Hansa Carrier (en) en 1990. Les courants marins ont réparti ces chaussures sur les côtes de la Colombie-Britannique, de l'État de Washington, de l'Oregon et de l'archipel d'Hawaï pendant les trois années qui ont suivi.

En 1992, une autre perte de cargo a concerné environ 30 000 canards en plastique jaune, tortues bleues et grenouilles vertes de la marque « Friendly Floatees ». En 1994, une perte a concerné du matériel de hockey. Ces événements constituent un moyen d'étude des courants à l'échelle globale. Plusieurs institutions ont demandé aux populations de rapporter l'échouage de ces objets, afin de mesurer les mouvements des eaux de surface résultant des courants de profondeur[19],[20].

Solutions pour réduire ces vortex[modifier | modifier le code]

Ramassages de déchets plastiques[modifier | modifier le code]

Une des solutions pour réduire la pollution plastique est d'effectuer des ramassages de déchets plastiques.Il existe plusieurs associations dédiées à ces opérations. Ainsi, Method Products (en), une entreprise basée à San Francisco, a organisé la récupération de déchets à Hawaï. Ensuite, les déchets ont été recyclés en emballages plastiques pour savon liquide[21].

Une fois ramassés, plusieurs solutions de recyclage sont possibles[22].

Autres solutions[modifier | modifier le code]

Plusieurs projets ont été proposés pour récupérer les déchets in situ. La difficulté étant de causer le moins de dégâts possibles à la vie marine.
Les projets les plus notables sont :

Références[modifier | modifier le code]

Dans la musique[modifier | modifier le code]

Le groupe de death metal français Gojira fait référence à la mer de déchets du Pacifique nord dans sa chanson Toxic Garbage Island issue de son album The Way of All Flesh sorti en 2008.

Le 3e album du groupe britannique Gorillaz s'appelle Plastic Beach, l'album est sorti en Europe le 8 mars 2010.

En 2013, Nolwenn Leroy interprète une chanson intitulée Sixième Continent, faisant référence à ce « continent » de déchets.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le livre intitulé Le Continent de plastique[28] a paru en 2009 aux éditions Cardinal. Il reprend des textes publiés sur le site du Front d'action stupide[29] où la zone de déchets du Pacifique nord apparaît comme un thème récurrent, sorte de lieu utopique à la croisée du réel et du fictif.

Le livre Le sixième continent ; Ancien malade des hôpitaux de Paris, de Daniel Pennac[30], part de la question « Comment diable une famille obsédée par la propreté peut-elle, en trois générations, devenir la source de la plus gigantesque pollution de l'histoire de l'humanité ? » et évoque le lien entre l'envie de propreté de l'espèce humaine et ce phénomène.

Le livre Le huitième continent de Florian Ferrier, Plon (2012). 4e de couverture : Quelque part dans le Pacifique, une violente tempête s'abat sur le Cyrano, le voilier de la famille Becker. Au matin, les parents de Roxane et Christo ont disparu. les deux adolescents et Stephen, le skipper, sont seuls à bord du bateau qui sombre. Dérivant sur un radeau de survie, les rescapés sont pris dans un vortex qui les échoue sur le huitième continent : gigantesque banquise d'ordures où règnent l'horreur et la désolation. Un repaire où les prédateurs les plus dangereux sont des hommes. Égarés, traqués, Roxane, Christo et Stephen vont devoir survivre à la faim, la soif, la peur, la folie, dans l'espoir de s'arracher aux griffes du huitième continent…

Le huitième continent est également le sujet d'un autre roman de jeunesse Oasis dans le Pacifique de Jaime Alfonso Sandoval chez Thierry Magnier (2009). Une famille mexicaine dont les membres sont « particulièrement disposés à [se] mettre dans le pétrin » se laisse persuader de devenir les immigrants d'un nouveau pays en train de se créer qui s'appellera « Pangée ».

À la télévision[modifier | modifier le code]

  • How I Met Your Mother (saison 6, épisode 17) : Marshall évoque « La soupe plastique, le Vortex d'Ordures ».
  • Private Practice (saison 5, épisode 21) : Addison évoque le « Vortex d'Ordures du Pacifique » qui flotte dans l'océan.
  • Ben 10: Ultimate Alien (saison 3, épisode 40) : l'épisode entier y est consacré, bien qu'il y ait de nombreuses exagérations.
  • NCIS : Los Angeles (saison 5, épisode 12) : Lily, sous la protection de Callen et Sam, refuse de boire de l'eau d'une bouteille non recyclable, en mentionnant le vortex.
  • Touch (saison 1, épisode 11) : l’anecdote des canards en plastique jaune perdus en 1992 dans le gyre sert d'introduction et de conclusion à l'épisode.
  • American Dad! (saison 9, épisode 19) :Hayley veut faire un reportage sur îles de déchets.
  • American Dad! (saison 11, épisode 1) :Hayley se teint en blonde afin d'attirer plus l'attention sur ses convictions et fait référence à îles de déchets

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Le 6e continent (pu­blié dans la col­lec­tion « Blanche » de Gal­li­mard) est une pièce de théâtre écrite par Daniel Pennac, mise en scène par Lilo Baur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b France Inter, « Plastiques : danger sur les océans », La Tête au carré,‎ (consulté le 2 février 2013).
  2. a, b, c et d Jables, « De Hawaï au Japon, l'océan poubelle », Contre Info,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Wassinia Zirar, The Ocean Cleanup, un barrage flottant à l'abordage du continent de plastique, L'Usine nouvelle, 11 avril 2013
  4. a et b Gaëlle Dupont, Un « continent » de déchets plastiques a été découvert dans l'Atlantique nord, Le Monde, 5 mars 2010 (consulté le 2 février 2013).
  5. a et b « 269 000 tonnes de déchets plastique flottent sur les océans », sur Le Monde,‎
  6. (en) Marcus Erikssen, Laurent C. M. Lebreton, Henry S. Carson, Martin Thiel, Charles J. Moore, Plastic Pollution in the World's Oceans: More than 5 Trillion Plastic Pieces Weighing over 250,000 Tons Afloat at Sea, PLOS One,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0111913, lire en ligne)
  7. Santa Barbara News-Press, Great Pacific Garbage Patch
  8. a, b et c Audrey Garric, « Le 7e continent de plastique : ces tourbillons de déchets dans les océans », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 22 juin 2013)
  9. Natural History (en), Across the Pacific Ocean, plastics, plastics, everywhere.
  10. http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=3555
  11. [PDF] Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, « Définition du bon état écologique pour les sous-régions marines françaises », DIRM Méditerranée,‎ (consulté le 4 février 2013), p. 40.
  12. http://www.greenpeace.org/raw/content/international/press/reports/plastic_ocean_report.pdf
  13. (en) Charles Moore, S. Morre, M. Leecaster et S. Weisberg, « A Comparison of Plastic and Plankton in the North Pacific Central Gyre », Marine Pollution Bulletin, vol. 42, no 12,‎ , p. 1297-1300 (DOI 10.1016/S0025-326X(01)00114-X)
  14. a et b Garbage Mass Is Growing in the Pacific, sur npr.org
  15. (en) Justin Berton, « Continent-size toxic stew of plastic trash fouling swath of Pacific Ocean », San Francisco Chronicle, San Francisco,‎ , W-8 (lire en ligne)
  16. (en) Xavier La Canna, « Floating rubbish dump 'bigger than US' », News.com.au, Australie,‎ (lire en ligne)
  17. selon une étude parue dans Science citée dans article de Marielle Court : Les océans du monde noyés sous le plastique, publié sur le site du Figaro, le 23 février 2015
  18. a, b et c « Les déchets de plastique dans les océans pourraient décupler en dix ans », sur Le Figaro,‎ (consulté le 13 février 2016)
  19. The Times, Plastic duck armada is heading for Britain after 15-year global voyage
  20. The Daily-Mail, Thousands of rubber ducks to land on British shores after 15 year journey
  21. (en) Maria Newman, « Clean Your Hands and the Pacific », The New York Times,‎ (consulté le 3 août 2014).
  22. Environmental Cleanup Coalition propose ainsi de les brûler pour les convertir en électricité, ou de recycler le plastique en fuel ou en matériau de construction, voir (en) Gyre Cleanup Plan.
  23. (en) Pod Project, sur le site de la fondation Abundant Seas
  24. (en) The Ocean Cleanup, site officiel
  25. Lianne Keemink, Boyan Slat: The Marine Litter Extraction Project, 5 octobre 2012
  26. Tiphaine Honoré, « À 19 ans, sa solution pour « nettoyer » les océans approuvée par les scientifiques », sur le site de La Tribune,‎ (consulté le 3 août 2014)
  27. Marine Lecaque, « Pour nettoyer les océans, ce génie de 20 ans a trouvé la solution » (consulté le 4 juin 2015)
  28. Les sympathisants du Front d'action stupide, Les annales du FAS tome 3 : Le Continent de plastique, Montréal, éditions Cardinal, 2009, 160 p.
  29. Front d'action stupide
  30. Daniel Pennac, Le sixième continent / Ancien malade des hôpitaux de Paris, Gallimard,‎ , 176 p. (ISBN 9782070140121, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daisy Duman, « Un océan de plastique », L'Écologiste, octobre-décembre 2007, no 24, p. 16-18.
  • Oliver J. Dameron, Michael Parke, Mark A. Albins et Russell Brainard, Marine debris accumulation in the Northwestern Hawaiian Islands: An examination of rates and processes, Marine Pollution Bulletin, 2007, vol. 54, no 4, p. 423-433.
  • Rei Yamashita et Atsushi Tanimura, Floating plastic in the Kuroshio Current area, Western North Pacific Ocean, Marine Pollution Bulletin, 2007, vol. 54, no 4, p. 485-488.
  • Masahisa Kubota, Katsumi Takayama et Noriyuki Horii, Movement and accumulation of floating marine debris simulated by surface currents derived from satellite data, School of Marine Science and Technology, Tokai University (2000) document.
  • M. R. Gregory et P. G. Ryan, « Pelagic plastics and other seaborne persistent synthetic debris : a review of Southern Hemisphere perspectives », in J. M. Coe and D. B. Rogers (éd.), Marine Debris : Sources, Impacts, Solutions, New York, Springer-Verlag, 1997, p. 49–66.
  • Charles J. Moore, Shelly L. Moore, Molly K. Leecaster et Stephen B. Weisberg, A comparison of plastic and plankton in the North Pacific Central Gyre.
  • Charles J. Moore, Gwen L. Lattin et Ann F. Zellers, Density of plastic particles found in zooplankton trawls from coastal waters of California to the North Pacific Central Gyre.
  • R. H. Day, D. G. Shaw et S. E. Ignell, The quantitative distribution and characteristics of neuston plastic in the North Pacific Ocean, 1984-1988, 1990.