Plans franco-britanniques pour une intervention dans la guerre d'Hiver

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Durant les premières phases de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés britanniques et français ont fait une série de propositions visant à envoyer des troupes combattre contre l'Union soviétique, qui avait envahi la Finlande suite au pacte germano-soviétique. Les plans prévoyaient le transit des troupes britanniques et françaises et de leurs équipements par la Norvège et la Suède neutres.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'appui franco-britannique a été offert à la condition que leurs forces armées puissent traverser librement la Norvège et la Suède neutres au lieu de passer par le difficile passage de Petsamo, alors occupé par l'Union soviétique.

À la nouvelle que la Finlande pourrait être contrainte de céder sa souveraineté à l'URSS, l'opinion publique en France et en Grande-Bretagne, déjà favorable à la Finlande, pencha en faveur d'une intervention militaire. Quand des rumeurs d'un armistice parvinrent aux oreilles des gouvernements français et britanniques, les deux gouvernements décidèrent d'offrir un soutien militaire.

Approches alliée initiale[modifier | modifier le code]

En février 1940, les Alliés ont offert leur aide : le plan allié, approuvé les 4 et 5 février par le Haut Commandement allié, se composait de 100 000 Britanniques et 35 000 soldats français qui devaient débarquer dans le port norvégien de Narvik et soutenir la Finlande via la Suède tout en sécurisant les routes d'approvisionnement. Les plans prévoyaient de lancer l'opération le 20 mars à la condition que les Finlandais fassent d'abord une demande officielle d'assistance (afin que l'Allemagne ne puisse prétendre que les forces franco-britannique ne constitue une armée d'invasion). Le 2 mars, des demandes de transit ont été officiellement demandés aux gouvernements de la Norvège et la Suède. On avait espéré que l'intervention des Alliés finiraient par faire basculer ces deux pays neutres, dans le camp des Alliés, grâce au renforcement de leurs positions vis-à-vis de l'Allemagne - même si Hitler avait déclaré, en décembre, au gouvernement suédois que la présence de troupes franco-britanniques sur le sol suédois provoquerait immédiatement une invasion allemande.

Cependant, seule une petite fraction des troupes franco-britanniques étaient destinées à la Finlande. Les propositions visant à entrer en Finlande directement, via le port libre de glace de Petsamo, avait déjà été rejetées. Il y avait des spéculations dans certains milieux diplomatiques, encouragé par des sources allemandes, que le véritable objectif de l'opération était d'occuper le port norvégien de Narvik et les vastes régions montagneuses du nord où se trouvait les mines de fer suédoises, à partir desquelles il a été supposé que le Troisième Reich recevait une part importante de son minerai de fer (en fait 30 % en 1938), et considéré comme essentiel pour la production de guerre. Si les gouvernements de la France et la Grande-Bretagne avait, plus tard, trahit leur promesse de ne pas s'emparer de nouveaux territoires ou de biens en Norvège et en Suède, et que les troupes franco-britanniques s'étaient ensuite déplacé pour stopper les exportations vers l'Allemagne, la région pouvait devenir un champ de bataille important entre les Alliés et les Allemands.

Le plan franco-britannique, comme initialement conçu, proposait une défense de toute la Scandinavie au nord d'une ligne Stockholm-Göteborg ou Stockholm-Oslo, à savoir le concept britannique de la ligne des lacs suivant les lacs de Mälar, Hjälmaren, et Vänern, ce qui serait fournissent une bonne défense naturelle des 1 700-1 900 km au sud de Narvik. La ligne de démarcation (ie : la ligne de lacs) devait, impliquer non seulement deux plus grandes villes de Suède, mais pouvait potentiellement conduire à ce que de grandes parties du territoire suédois soit occupés par une armée étrangère ou situés dans une zone de guerre potentielle. Plus tard, le plan a été révisé pour inclure seulement la moitié nord de la Suède et une bande côtière norvégienne étroite.

Réactions norvégienne et suédoise[modifier | modifier le code]

Malgré ce compromis, le gouvernement norvégien a refusé le droit de transit au projet de l'expédition franco-britannique. Le gouvernement suédois, dirigé par le Premier ministre Per Albin Hansson, a également refusé d'autoriser le transit des troupes armées à travers le territoire suédois, en dépit du fait que la Suède ne s'était pas déclaré neutre dans la guerre d'Hiver. Au lieu de cela, le gouvernement suédois a présenté un argument curieux que, depuis qu'il avait déclaré une politique de neutralité dans la guerre opposant la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, l'octroi de droits de transit par la Suède à un corps franco-britannique, même si elle ne serait pas utilisée contre l'Allemagne, serait une dérogation au droit international sur la neutralité. Cette interprétation stricte semble avoir été qu'un prétexte pour éviter de fâcher les gouvernements soviétique et nazi, puisqu'elle a été abandonnée au bout de quinze mois. Le 18 juin 1941, le gouvernement suédois a rapidement accepté la demande de l'Allemagne nazie d'octroi de droits de transit aux troupes allemandes à travers la Suède pour rejoindre la Finlande depuis la Norvège alors occupé; ceci afin de rejoindre l'attaque allemande sur l'Union soviétique[1]. Un total de 2 140 000 soldats allemands, et plus de 100 000 wagons militaire allemands, allait traverser le territoire suédois neutre affichant par la même la prévalence de la force sur le droit pour les trois années suivante[2].

Le cabinet suédois a également décidé de rejeter les appels répétés des Finlandais pour le déploiement de troupes régulières suédoises en Finlande, et finalement les Suédois ont également précisé que leur soutien actuel en armes et munitions ne pouvaient pas être maintenu beaucoup plus longtemps. Diplomatiquement, la Finlande était coincée entre les espoirs alliées d'une guerre prolongée et les craintes suédoises et norvégiennes que les Alliés et les Allemands pourraient bientôt s'affronter sur les sols suédois et norvégien. En outre, la Norvège et la Suède craignaient un afflux de réfugiés finlandais si la Finlande devait perdre face aux Soviétiques.

Propositions alliées et efforts alliés sur les négociations de paix[modifier | modifier le code]

Alors que l'Allemagne et la Suède faisait pression sur la Finlande pour qu'elle accepte la paix dans de mauvaises conditions, la Grande-Bretagne et la France avaient l'objectif inverse. Différents plans ont été présentés aux Finlandais. Au début, la France et la Grande-Bretagne a promis d'envoyer 20 000 hommes débarquant sur les lieux fin de février. À la fin de ce mois, la commandant en chef finlandais, le maréchal Mannerheim, était pessimiste sur la situation militaire. Par conséquent, le 29 février, le gouvernement a décidé d'entamer des négociations de paix. Ce même jour, les Soviétiques ont lancé une attaque contre Viipuri.

Lorsque la France et la Grande-Bretagne se sont rendu compte que la Finlande envisageait un traité de paix, ils ont fait une nouvelle offre de 50 000 soldats, si la Finlande demandait de l'aide avant 12 mars. Grâce à des agents soviétiques introduits dans les gouvernements français et britannique, des indications sur les plans d'intervention franco-britannique sont parvenues jusqu'à Staline, et peuvent avoir fortement contribué à sa décision d'augmenter la pression militaire sur l'armée finlandaise, tout en offrant en même temps la possibilité de négocier un armistice.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andersson, Lennart B3 Junkers Ju86 i Sverige
  • Cox, Geoffrey (1941) The Red Army Moves (Victor Gollancz, London).
  • Engle, Eloise & Paananen, Lauri (1992). The Winter War: The Soviet Attack on Finland 1939-1940. Stackpole Books (ISBN 0-8117-2433-6)
  • Jakobson, Max (1961). The Diplomacy of the Winter War: An Account of the Russo-Finnish War, 1939-1940. Cambridge, MA: Harward University Press.
  • Öhquist, Harald (1949). Talvisota minun näkökulmastani. Helsinki: WSOY. (in Finnish)
  • Ries, Tomas (1988). Cold Will: Defence of Finland. Brassey's (ISBN 0-08-033592-6)
  • Schwartz, Andrew J. (1960). America and the Russo-Finnish War. Washington, D.C.: Public Affairs Press.
  • Tanner, Väinö (1957) The Winter War: Finland against Russia 1939-1940 Stanford University Press, California; also London.
  • William R. Trotter, The Winter war: The Russo–Finno War of 1939–40, New York (Great Britain: London), Workman Publishing Company (Great Britain: Aurum Press),‎ 2002, 2006 [détail de l’édition] (ISBN 1 85410 881 6) :

    « First published in the United States under the title A Frozen Hell: The Russo–Finnish Winter War of 1939–40 »

  • Upton, Anthony F. (1974). Finland 1939-1940 (University of Delaware Press, Newark: part of series The Politics and Strategy of the Second World War) (ISBN 0-87413-156-1)* Van Dyke, Carl (1997). The Soviet Invasion of Finland, 1939-40. Frank Cass Publishers. (ISBN 0-7146-4314-9)
  • Vehviläinen, Olli (2002). Finland in the Second World War: Between Germany and Russia. New York: Palgrave (ISBN 0-333-80149-0)
  • Finland i Krig 1939-1940 - multiple authors (ISBN 951-50-1182-5)