Place des Héros (pièce de théâtre)

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Place des Héros
Heldenplatz, Vienne, 15 mars 1938
Heldenplatz, Vienne,

Auteur Thomas Bernhard
Genre Pièce de théâtre
Nb. d'actes 3 scènes
Date d'écriture 1988
Version originale
Titre original Heldenplatz
Langue originale Allemand
Pays d'origine Drapeau de l'Autriche Autriche
Éditeur original Suhrkamp
Lieu de parution originale Francfort-sur-le-Main
Date de parution originale 1988
ISBN 3-518-01997-X
Date de création originale
Lieu de création originale Burgtheater de Vienne
Version française
Traducteur Claude Porcell
Lieu de parution Paris
Éditeur L'Arche
Date de parution 1991
Nombre de pages 170
ISBN 2-85181-257-2
Date de création en français
Compagnie théâtrale Théâtre national de la Colline
Metteur en scène Jorge Lavelli
Représentations notables
Incipit des tirades célèbres
« Il y a aujourd'hui à Vienne plus de nazis qu'en 1938. »

Place des Héros (Heldenplatz en allemand) est une pièce de théâtre de Thomas Bernhard créée le au Burgtheater de Vienne.

Contexte[modifier | modifier le code]

Place des Héros est une commande de Claus Peymann, directeur du Burgtheater de Vienne pour le centième anniversaire en 1988 de l'ouverture de son théâtre. Œuvre ultime de Thomas Bernhard, il s'agit de sa pièce la plus politique, d'une rare virulence contre les obsessions nationalistes et contre l'antisémitisme[1].

Alors que la publication de la pièce ne doit intervenir qu'à l'issue de la première représentation et malgré l'interdiction de l'auteur, des extraits paraissent dans la presse, déclenchant l'un des plus grands scandales de l'histoire du théâtre autrichien d'après-guerre[1].

L'Autriche vient d'élire Kurt Waldheim et s'apprête à célébrer le cinquantenaire de l'Anschluss. Le titre de l'œuvre rappelant l'accueil de la foule rassemblée sur la Heldenplatz de Vienne pour applaudir Adolf Hitler venu annoncer l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne le indigne les viennois autant que son thème : le suicide d'un vieux professeur juif de retour dans la capitale autrichienne après avoir immigré à la veille de la Seconde Guerre mondiale[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Cinquante ans après ce 15 mars 1938, Hedwige Schuster ne supporte plus d'entendre les clameurs qui résonnent toujours dans sa tête. Le couple a donc décidé de retourner à Oxford où ils avaient vécu durant dix années d'exil avant de revenir à Vienne « pour l’amour de la musique ». Quelques jours avant leur départ, estimant que « maintenant tout est pire qu'il y a cinquante ans » et qu'« il y a aujourd'hui plus de nazis à Vienne qu'en 1938 », Joseph Schuster se jette par la fenêtre de leur appartement donnant sur cette place des Héros[2].

C'est le jour de son enterrement. Madame Zittel, sa gouvernante, Herta, la femme de chambre, ses enfants, Olga, Anna et Luka, son frère, Robert Schuster, et quelques amis, dessinent le portrait de Josef Schuster, professeur d’université juif viennois, tyrannique, raffiné et révolté[2].

Thomas Bernhard, au travers de ses personnages, se livre à une critique, d'une violence extrême, d'une Autriche plus que jamais « antisémite », d'une Autriche où il ne pouvait « écouter Beethoven sans penser à Nuremberg », où « il ne prévoyait pas que les Autrichiens après la guerre seraient beaucoup plus haineux et encore plus antisémites qu’avant la guerre »[2].

Création[modifier | modifier le code]

La création au Burgtheater de Vienne, prévue pour le 14 octobre, est reportée, à cause du scandale, au [3].

Représentations notables[modifier | modifier le code]

La pièce est créée en France le au Théâtre national de la Colline dans une mise en scène de Jorge Lavelli[4]. Elle entre au répertoire de la Comédie-Française le dans une mise en scène d'Arthur Nauzyciel[5],[6]. Elle est reprise en 2016, dans une mise en scène de Krystian Lupa au Festival d'Avignon du 18 au 24 juillet, au Théâtre national de la Colline dans le cadre du Festival d'automne à Paris du 9 au 15 décembre, puis au Théâtre national populaire de Villeurbanne du 6 au 13 avril 2017[7].

Éditions[modifier | modifier le code]

Le texte original de la pièce en allemand est publié en 1988 sous le titre Heldenplatz par Suhrkamp Verlag à Francfort-sur-le-Main en Allemagne où il fait l'objet de nombreuses études[8]. Il est traduit en français par Claude Porcell, publié sous le titre Place des Héros par L'Arche (éditeur) à Paris en 1990 et réédité en 2016[9]. Il est également traduit en anglais (Heldenplatz, Meredith Oakes (en) et Andrea Tierney, 2010), en italien (Piazza degli eroi : (Heldenplatz), Rolando Zorzi, 1992)[10] et en hébreu (Heldenplats : shene maḥazot, 1999).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « À propos de la création de Place des Héros au Burgtheater de Vienne en 1988. », Joël Huthwohl, theatre-contemporain.net (lire en ligne)
  2. a b et c « « Place des héros », le testament de l'imprécateur Thomas Bernhard », Didier Méreuze, La Croix, 20 juillet 2016 (lire en ligne)
  3. Martine Sforzin, « Thomas Bernhard : Heldenplatz ou le testament d’un moraliste » dans Germanica, 10 | 1992 (lire en ligne)
  4. « Place des héros », Théâtre national de la Colline, 6 février 1991 Notice sur data.bnf.fr
  5. « Place des Héros de Thomas Bernhard », Comédie-Française, 22 décembre 2004 (lire en ligne)
  6. « Place des héros », Comédie-Française, 22 décembre 2004 Notice sur data.bnf.fr
  7. « Place des Héros de Thomas Bernhard », Les Archives du spectacle (lire en ligne)
  8. « Bernhard, Thomas, Heldenplatz »(DNB 042210070)
  9. « Heldenplatz Thomas Bernhard » Notice sur data.bnf.fr
  10. « Piazza degli eroi, Thomas Bernhard, prefazione e traduzione di Rolando Zorzi » Notice du Service bibliothécaire national

Liens externes[modifier | modifier le code]