Place Saint-Georges (Paris)

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9e arrt
Place Saint-Georges
Image illustrative de l’article Place Saint-Georges (Paris)
La place avec le Monument à Gavarni et l'hôtel Thiers.
Situation
Arrondissement 9e
Quartier Saint-Georges
Début Rue Saint-Georges
Fin Rue Notre-Dame-de-Lorette
Morphologie
Forme Circulaire
Historique
Création 1824

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place Saint-Georges

La place Saint-Georges est une place située dans le 9e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Cette place sur laquelle débouche l'accès à la station de métro Saint-Georges, se trouve au cœur du quartier Saint-Georges, partie nord-ouest du 9e arrondissement de Paris, à la jonction des rues Saint-Georges et Notre-Dame-de-Lorette.

Cette place circulaire de 32,50 m de diamètre fut lotie en 1824[1] : les terrains furent alors découpés et construits de maisons. Il n'en subsiste que la grille arrondie qui enserre les jardinets car les immeubles sont postérieurs.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle tient son nom de son voisinage avec la rue Saint-Georges dont l'origine du nom est probablement dû à une enseigne.

Historique[modifier | modifier le code]

La place est ouverte, en même temps que les rues Notre-Dame-de-Lorette, Neuve-Saint-Georges et La Bruyère par ordonnance du 21 avril 1824[2] :

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'Intérieur ;
vu la demande formée par la Compagnie Dosne, Loignon, Sensier et Constantin, tendant à obtenir l'autorisation de former plusieurs rues et une place sur les terrains à elle appartenant et qui sont situés entre les rues des Martyrs, de Larochefoucault et Saint-Lazare, à Paris ;
vu le plan des percements projetés ;
vu la délibération du Conseil général du département de la Seine, faisant fonction de Conseil municipal de la ville de Paris ;
vu l'avis du préfet ;
notre Conseil d’État entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
  • Article 1 : la Compagnie Dosne, Loignon, Sensier et Constantin est autorisée à former sur les terrains à elle appartenant :
    • 1° Une rue de 13 mètres (40 pieds) de largeur (la rue Notre-Dame-de-Lorette) aboutissant d'un côté à la de Larochefoucault et se dirigeant vers la rue du Faubourg-Montmartre, â la jonction de celle-ci avec les rues Saint-Lazare et des Martyrs ;
    • 2° une autre rue de 11,70 mètres (36 pieds) de large (la rue Neuve-Saint-Georges), partant de la rue Saint-Lazare, vis-à-vis la rue Saint-Georges jusqu'à la rencontre de la première ;
    • 3° une place circulaire de 32,50 mètres (100 pieds) de diamètre (la place Saint-Georges) au point de jonction de ces deux rues ;
    • 4° enfin une troisième rue de 9,75 mètres (30 pieds) de large (la rue La Bruyère), formant embranchement avec la première et aboutissant sur la rue de Larochefoucault, le tout conformément au plan ci-joint.
  • Article 2 : cette autorisation est accordée à la charge par les impétrants de supporter les frais de premier établissement du pavage et de l'éclairage des nouvelles voies, d'y établir des trottoirs et de construire, sur le milieu de la place, une fontaine dont le plan sera soumis à l'approbation de l'Administration, et en outre de se conformer aux lois et règlements sur la voirie de Paris.
  • Article 3 : notre ministre secrétaire d’État au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.
Donné au château des Tuileries, le 21 avril de l'an de grâce 1824 et de notre règne le vingt-neuvième.
Signé : Louis. »

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • Une fontaine centrale destinée à l'origine à faire boire les chevaux, qui a été tarie en 1906 par la construction du métro, a fait place en 1911 à un Monument à Gavarni, dû au sculpteur Denys Puech, comprenant également une fontaine (remise en eau en 1995) et surmonté d'un buste du dessinateur. Sur le socle figure en relief une scène du Carnaval de Paris, avec trois personnages, dont au milieu une débardeuse. Paul Gavarni (1804-1866) s'était spécialisé dans la représentation de ces figures carnavalesques. Il s'agit du seul monument parisien évoquant directement le Carnaval de Paris.
  • No 27[3] : hôtel Thiers. Alexis Dosne possédait des terrains dans le quartier. En 1824, il obtint de prolonger la rue Saint-Georges et de lotir et vendre ces terrains en réalisant une intéressante opération immobilière. Sur la place, il fit construire un hôtel que sa femme vendit pour 100 000 F à Adolphe Thiers quand celui-ci épousa sa fille, Élise Dosne.
    Le 2 décembre 1851, pendant le coup d'État de Napoléon III, on vint arrêter Adolphe Thiers dans sa chambre[4].
    Après le Second Empire, Adolphe Thiers fut élu président de la République et réprima la Commune de Paris. Le ministre de la Justice de la Commune de Paris, Eugène Protot, fit détruire l'immeuble le 11 mai 1871, mais Gustave Courbet en sauva les biens. L'immeuble fut reconstruit en 1873. Élise Thiers y mourut en 1880. La belle-sœur de Thiers, Félicie Dosne, le légua avec sa bibliothèque à l'Institut de France en 1905[5]. C'est aujourd'hui la Fondation Dosne-Thiers.
  • No 28[3] : hôtel de la marquise de Païva orné d'angelots, de lions, de statues de style néo-gothique et néo-renaissance (architecte Renaud, 1840). Installée ici en 1851, elle fit construire par la suite un nouveau luxueux hôtel portant son nom sur l'avenue des Champs-Élysées.
  • Au débouché de la rue Saint-Georges, au no 51 de cette rue : théâtre Saint-Georges, inauguré le 8 février 1829, transformé par Charles Siclis[6]. Il abrita en 1908 le siège de la Société nationale des beaux-arts. C'est ici qu'ont été tournées en 1980 certaines scènes du film Le Dernier Métro, de François Truffaut.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouverture et alignement : ordonnance du 21 avril 1824.
  2. Louis et Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, p. 248 [lire en ligne].
  3. a et b « La place Saint-Georges », www.parisbalades.com.
  4. Anne Thoraval, Promenades sur les lieux de l'histoire. De Henri IV à Mai 68, les rues de Paris racontent l'histoire de France, Parigramme, coll. « Guides thématiques », (ISBN 978-2840963233).
  5. Panneau informatif situé devant l'immeuble.
  6. La façade nue et l'entrée neutre doivent faire « ressortir par contraste la chaleur de la salle or, argent et rouge ».

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