Place Maubert

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5e arrt
Place Maubert
Situation
Arrondissement 5e
Quartier Sorbonne
Saint-Victor
Début Rue Maître-Albert et boulevard Saint-Germain
Fin Rue Lagrange et rue Frédéric-Sauton
Morphologie
Forme Pentagonale
Historique
Création Début du XIIIe siècle
Ancien nom Place Aubert
Géocodification
Ville de Paris 6096
DGI 6181

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place Maubert
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La place Maubert, surnommée La Maube[1],[2],[3],[4] est une place située dans les quartiers de la Sorbonne et Saint-Victor du 5e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, cette place qui commençait rues de la Bûcherie et des Grands-Degrés et finissait rues de Bièvre et des Noyers, était située dans l'ancien 12e arrondissement de Paris.

Les numéros de la rue étaient noirs[5]. Le dernier numéro impair était le no 51 et le dernier numéro pair était le no 46.

La place est accessible par la ligne de métro (M)(10) à la station Maubert - Mutualité, ainsi que par les lignes de bus RATP 24 63 86 47.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de la place provient dès sa création d'une déformation soit du nom d'Aubert, second abbé de Sainte-Geneviève qui créa les étals de bouchers sur ce site au XIIe siècle car ils étaient dans sa censive[6], soit de Maître Albert[7].

Historique[modifier | modifier le code]

La place est créée au début du XIIIe siècle avec l'édification de maisons en 1210.

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « place Maubert ».

Malgré plusieurs ordonnances rendues, en particulier de 1348 à 1350, les voituriers vidaient leurs tombereaux à l'intérieur de la ville, au milieu des places un peu vastes au lieu de conduire les ordures dans les champs.

Ainsi, à la fin du XIVe siècle, la place Maubert était tellement encombrée d'ordures et infectée, que les marchands des Halles cessèrent d'y venir, chassés par la puanteur. Plusieurs maisons devinrent inhabitées et dans d'autres régnaient des maladies pestilentielles. En 1389, la place fut déblayée et en 1392 une ordonnance interdit, sous peine d'une amende de 40 sous, de porter sur la place de Grève, pendant la nuit et d'y amasser « les fientes des latrines et les boues des égouts[8] ».

Article détaillé : Voiries de Paris.
La place Maubert (LAPLACEMAVBERT), avec sa potence et un pendu, sur le plan de Truschet et Hoyau (1550).

À partir du XVe siècle la place devint un lieu d'exécution principalement durant le règne de François Ier. On y trouvait par alternance :

Sur cette place, un grand nombre de personnes seront suppliciées[9]. Parmi celles-ci, on peut citer[10] :

La place fut un lieu de sainteté étant donné le nombre important de protestants qui y furent suppliciés. Les atrocités commises sur cette place finirent par émouvoir le pape Paul III qui écrivit à François Ier en juin 1535[19] :

« Adverty de l'exécrable et horrible justice que le roy François Ier faisoit en son royaume sur les luthériens, Paul III luy manda qu'il pensoit bien qu'il le fist en bonne part, néanmoins que Dieu, le créateur, a usé de plus de miséricorde que de rigoureuse justice, et que c'était une cruelle mort de faire brusler vif un homme ; donc, le requéroit de vouloir apaiser sa fureur et rigueur de justice, en leur faisant grâce et pardon[20],[21]. »

Le plan de Paris de 1609 montre la place Maubert avec 2 potences. On pendait encore sur cette place au milieu du XVIIIe siècle puisqu'en juin 1752, un voleur, François Masson, y fut pendu.

En 1674, une fontaine fut élevée au milieu de la place ainsi qu'un corps de garde qui fut brûlé par les émeutiers en février 1848.

Au XIXe siècle, la place abrite une multitude de petits métiers : fripiers, rempailleurs de chaises, fabricants d'arlequins qui accommodaient les restes[22], chiffonniers qui faisaient le commerce du tabac récupéré sur les mégots, ou ravageurs[23] qui écumaient la boue des ruisseaux.

Étienne Dolet, martyr de la libre pensée[modifier | modifier le code]

Le , c'est sur cette place qu'est érigée la toute première barricade des Ligueurs soutenant le duc de Guise lors de la journée des barricades[6].

Elle est aussi un ancien lieu d'exécutions publiques des imprimeurs au XVIe siècle dans Paris, notamment celle d'Étienne Dolet, torturé, pendu et brûlé sur cette place avec ses livres le . Une statue en bronze lui est élevée par le conseil municipal de Paris, et inaugurée par Émile Chautemps le devant une foule de 6 000 personnes. Elle devient un symbole de la libre pensée et de la laïcité, avec d'importantes manifestations dans les années 1890 et 1900, chaque premier dimanche d'août[24]. Progressivement les autorités religieuses contre-attaquent en proposant l'installation d'une statue en marbre de Michel Servet, médecin et théologien brûlé vif par les protestants en 1553, juste en face de celle d'Étienne Dolet en 1904. Celle-ci fut installée dans le square Aspirant-Dunand dans le 14e arrondissement.

La statue d’Étienne Dolet fut enlevée puis fondue par les autorités françaises en 1942 sous le prétexte de réclamation du métal par les Allemands[25] et jamais remplacée malgré certaines tentatives malheureuses[24],[26]. Après l'enlèvement de la statue et des reliefs de son piédestal, les employés des maisons d'édition parisiennes se rassemblèrent pour y déposer une gerbe de fleur[27].

Marché de la place Maubert[modifier | modifier le code]

Ce marché est l'un des plus vieux marchés de Paris, institué à cet endroit en 1547 après le transfert du marché Palu de l'île de la Cité devenu trop exigu[28]. Il occupe alors la place où étaient prodigués en plein air des cours de théologie et de philosophie et a pour rôle d'approvisionner la rive gauche de la ville. Marché au pain et fruits et légumes, il sera un temps supprimé avec l'ouverture du marché des Carmes sur le site tout proche de l'ancien carmel de la place Maubert en 1818[6], avant d'être réinstitué à la fin du XIXe siècle. De nos jours, ce marché a lieu tous les mardis, jeudis, et samedis. Il est techniquement situé sur l'espace du boulevard Saint-Germain, bien que portant le nom de la place située sur l'autre côté de la voie publique.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Synonymes de place Maubert », www.languefrancaise.net.
  2. Rodolphe Darzens, Nuits à Paris. Notes sur une ville, Ligaran, 2015, 277 p..
  3. « De La Maube à la Mouffe », www.parisfierte.com.
  4. Stéphanie et Édouard Brasey, Histoires vraies de maisons hantées. Les enquêteurs de l'étrange, Place des éditeurs, 2011, 201 p. (ISBN 9782842284756).
  5. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.
  6. a, b et c Félix Lazare et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, (lire en ligne), p. 427.
  7. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), p. 112.
  8. Louis Fleury, Cours d'hygiène fait à la faculté de médecine de Paris, p. 378.
  9. Alexandre Crottet, Petite chronique protestante de France.
  10. John Viénot, Promenade à travers le Paris des martyrs, 1523-1559, p. 133 et suiv.
  11. « Guillaume Joubert, le premier martyr rochelais » (janvier-février 1526).
  12. Jonathan Reid, King's Sister—Queen of Dissent: Marguerite of Navarre (1492-1549).
  13. Une source comme le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet indique 1526 ou le 17 février 1526, dans Henry Guy, Histoire de la poésie française au XVIe siècle, vol. 1.
  14. Livre de raison de Nicolas Versoris, p. 88.
  15. Michel Simonin, Rabelais pour le XXIe siècle : actes du colloque du Centre d'études.
  16. Société de l'histoire du protestantisme français, visualiseur.bnf.fr.
  17. « 27 septembre 1557. Supplice d’une jeune veuve », www.publicroire.com.
  18. « Jean Lhomme (imprimeur-libraire, 14..-154.?) », data.bnf.fr.
  19. G. Berthoud, Aspects de la propagande religieuse.
  20. « Visite du Paris protestant au temps de la Réforme », protestantsdanslaville.org.
  21. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris.
  22. « Marchands d’arlequins : revendeurs de restes de repas des tables riches », www.france-pittoresque.com.
  23. « Ravageur », www.languefrancaise.net.
  24. a et b Jacqueline Lalouette, « Du bûcher au piédestal : Étienne Dolet, symbole de la libre pensée », Romantisme, vol. 19, no 64,‎ , p. 85-100 (lire en ligne).
  25. (en) Kirrily Freeman, Bronzes to Bullets : Vichy and the Destruction of French Public Statuary, 1941-1944, Stanford, Stanford University Press, (ISBN 978-0804758895, OCLC 225875959, notice BnF no FRBNF41470940).
  26. L'écrivain surréaliste André Breton, dans son récit Nadja, évoque l'« insupportable malaise […] qu'attire et cause » la statue d'Étienne Dolet. Y figure une photographie anonyme de cette statue. Nadja, in Œuvres complètes, Éditions Gallimard, coll. « bibliothèque de la Pléiade », tome 1, Paris, 1988, p. 653 et 656.
  27. June Ellen Hargrove (trad. Marie-Thérèse Barrett), Les Statues de Paris : la représentation des grands hommes dans les rues et sur les places de Paris, Albin Michel, (ISBN 90-6153-208-6, notice BnF no FRBNF35063531), p. 305.
  28. Nicolle Aimée-Meyr et Amanda Pilar-Smith (trad. Sylvie Escat-Montreynaud, préf. Paul Bocuse), Paris dans un panier : marchés, marchands et marchandises, Cologne, Éditions Könemann, (ISBN 3-8290-5285-5, OCLC 443514995), p. 41.
  29. Claire Boudreau, Auguste Vachon et al., Genealogica & Heraldica : proceedings of the 22nd International Congress of Genealogical and Heraldic Sciences in Ottawa, August 18-23, 1996, Ottawa, Presses universitaires d'Ottawa, coll. « Actexpress », (ISBN 978-0-7766-0472-5), p. 183.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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