Plélan-le-Grand

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Plélan-le-Grand
Chevet de l’église
Chevet de l’église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Rennes
Canton Montfort-sur-Meu
Intercommunalité Communauté de communes de Brocéliande
Maire
Mandat
Murielle Douté-Bouton
2016-2020
Code postal 35380
Code commune 35223
Démographie
Gentilé Plélanais, Plélanaise
Population
municipale
3 772 hab. (2014)
Densité 76 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 09″ nord, 2° 05′ 52″ ouest
Altitude 143 m (min. : 42 m) (max. : 154 m)
Superficie 49,74 km2
Localisation

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Liens
Site web Le site officiel de la Mairie de Plélan-le-Grand

Plélan-le-Grand (Pllelan en Gallo / Plelann-Veur en breton) est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Plélan se situe en bordure est de la forêt de Paimpont dite de Brocéliande sur la quatre-voies de Rennes à Lorient. Elle est à équidistance de l'Atlantique et de la Manche (mer), soit environ 80 km.

La commune a reçu le label Village étape en 2014.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Vicaria Pluilan en 843[1], Plebs Lan en 863, Ploilan en 1122 [2], Plelan en 1187.

Du breton ple-, (paroisse) et de -lan, (ermitage). « La paroisse du l'ermitage »[3].

Est appelée Plélan-le-Grand pour la distinguer de Plélan-le-Petit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce sont les moines de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui construisirent des bâtiments religieux au Gué près de l'oratoire qui leur avait été donné par Salomon, roi du comté de Porhoët. Le nom de la paroisse apparaît ainsi dès 843 dans le cartulaire de Redon ; il signifie "la paroisse du monastère" en breton (plou - lan).

Des bas-fourneaux de datation difficile ont été trouvés sur la rive nord-ouest de l'étang du Perray.

Jusqu'à la Révolution française, existait au sud de la commune une sorte de république[réf. nécessaire] forme d'autonomie accordée aux habitants de ce secteur qui avaient permis le rachat de leur seigneur retenu par des brigands en Italie. Cette "république du Thélin" a toujours l'allure d'un petit bourg bâti autour de son église. Tout au long du XIXe siècle, l'érection de la section du Thélin en commune a été en question, les habitants de la section s'opposant à ceux du bourg.

Deux prêtres insermentés se cachèrent pendant la Terreur à la ferme de la Touche ; ils sont probablement à l'origine des registres de catholicité clandestins tenus pendant ces années.

La population de la commune est favorable aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur. La principale fête révolutionnaire est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795[4].

Le bourg actuel ne s'est constitué qu'assez tardivement en supplantant progressivement le village du Gué implanté de longue date dans le vallon situé en contrebas et plus proche de la forêt et des forges.

Deux foires se tenaient à Plélan : à la Saint Yves le 19 mai et le Jour des morts le 2 novembre. La construction de la nouvelle église devenue vers 1850 trop petite marque le début du déclin de la commune pour ce qui est du nombre d'habitants et partiellement dû à la perte de rentabilité des fers produits par les forges.

Plélan se nomme Plélan-le-Grand depuis le décret présidentiel de 1920.

En janvier 1940, le village accueille des contingents polonais de la Brigade de chasseurs de montagne qui participera à la bataille de Narvik[5].

Le début des années 1990 est marqué par la mise à quatre voies de la RN 24, son tracé passant à quelques centaines de mètres au sud sud-est du bourg ainsi que par l'opération de remembrement de l'ensemble de la commune suscitant indignation (« Plus jamais Plélan !») et protestations. En dépit des diverses mesures prises par le conseil général d'Ille-et-Vilaine pour des remembrements moins dévastateurs, le bocage avait à peu près disparu : « Du côté de Plélan-le-Grand, le bocage continue chaque jour de progresser » et « Dans la région de Plélan, des centaines de kilomètres de haies ont été coupées » sont les légendes de photos du journal Ouest-France [6]

Le gué[modifier | modifier le code]

Carte du gouvernement de Rennes au XVIIe siècle : Plélan est intimement associé au Gué.

Le village du Gué est le lieu de la paroisse primitive constituée autour de la Motte-Salomon où s'élevait au Moyen Âge le château de Judicaël, occupé aussi par le roi Salomon. On peut toujours découvrir les vestiges de la motte féodale, plateforme circulaire de 2,2 m de hauteur, de 58 m de diamètre à sa base, entourée d'une douve d'une dizaine de mètres de largeur et partiellement comblée. La douve se confondait probablement plus ou moins selon la saison avec le terrain marécageux voisin ; elle pouvait être inondée par un ruisseau provenant de l'étang des Glyorels et de l'étang du Pas-du-Houx, rejoignant le bief du moulin. Le nom du village de Plaisance situé à environ 300 m proviendrait du repos qu'y aurait pris le roi dans les moments de calme, avec l'hypothèse d'un souterrain reliant les deux sites et se prolongeant vers le bourg actuel (une excavation se serait ouverte dans une étable à la Ruisselais au XIXe siècle) [7].

Avant son déplacement dans le bourg de Plélan au milieu du XIXe siècle, le marché , "un des plus considérables", se tenait en ce village le samedi matin. Comme les rencontres étaient l'occasion de libations, on a pu dire : « Cet endroit est tout en cabarets ; il n'y a pas une maison honnête » [8] Profitant de l'affluence, les juridictions de Brécilien (ordinaire et eaux-et-forêts) et de Plélan avaient pris l'habitude d'y tenir leurs audiences au même moment. Pour 1767, Guillotin de Corson affirme même que huit juridictions fonctionnaient en ce lieu. L'auditoire et la prison étaient sur le territoire de Paimpont, alors que le pilori ou poteau de justice était dressé de l'autre côté du ruisseau en Plélan, le spectacle des suppliciés devant instruire le public. Côté Brécilien, existaient également une auberge (à l'enseigne de la Croix Rouge) et une fabrique de chapeaux. Une chapelle était également à la disposition des marchands et chalands pour recueillir les offrandes et autres expressions de piété.

Le possesseur de la seigneurie de Plélan, Jean-François de Montigny, obtint le 11 février 1778 des lettres patentes l'autorisant à déplacer les marchés et foires sur la lande de Trégu, au nord-est du bourg, sur un terrain assurément plus sain en particulier l'hiver où les eaux avaient tendance à s'accumuler et à rendre les chemins impraticables. Mais, un procès s'ouvrit au parlement de Bretagne à la suite de la protestation des propriétaires de la forêt et de la juridiction de Brécilien (requête du 6 mars 1780), protestation soutenue par les habitants du village ; les uns et les autres contredisant les arguments du marquis de Montigny avec le souci d'empêcher la ruine du village ou la diminution de leur influence et droits associés. À la rigueur, convenaient-ils pouvait-on déplacer le marché à quelques pas de là sur « la place du Château où se tiennent les anciennes foires, soit sur la place des Mottes en haut de laquelle est le chemin royal »[8].

Parmi les arguments des opposants qui finalement eurent gain de cause, on relève que « la route serait double pour la multitude de personnes attachées à l'exploitation des forges ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie de Plélan-le-Grand.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1885   Francois Aubry - -
1928   Albert Desbois - -
1979 1995 Marie-Joseph Bissonnier DVD Chirurgien-dentiste - conseiller général
Président de la communauté de communes de Brocéliande (1993-2001)
président du conseil général d'Ille-et-Vilaine (2001-2004)
1995 2008 Joël Turquety DVG Agréé en architecture
2008 février 2016 Laurent Peyrègne DVD Kinésithérapeute
président de la communauté de communes de Brocéliande (2014-2016)
avril 2016 en cours Murielle Douté-Bouton[9]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 3 772 habitants, en augmentation de 6,58 % par rapport à 2009 (Ille-et-Vilaine : 5,31 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 056 2 917 3 004 3 333 3 305 3 255 3 283 3 413 3 555
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 631 4 138 3 098 3 471 3 615 3 593 3 578 3 557 3 535
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 565 3 534 3 534 3 076 2 972 2 935 2 915 2 941 2 608
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
2 401 2 336 2 284 2 349 2 566 2 940 3 303 3 566 3 772
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006 [13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Plus de 80 commerçants ou artisans exercent sur la commune. Un marché se tient tous les dimanches matins.

Plélan dispose de deux équipements singuliers pour une commune modeste  : un vélodrome et un cinéma (Art et essais). Une médiathèque a été créée vers 2000. On trouve également un centre socio-culturel (35 associations), une maison de retraite, une école de musique intercommunale et une piscine municipale.

Une zone d'activités communautaire de 9 ha est en cours de commercialisation.

Transports[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Pierre construite à partir de 1850 à la place d'une église du XIIIe siècle dont ne subsiste que la chapelle Sainte-Anne. Côté nord, une tour datant de 1620 joue le rôle de clocher.
  • Mairie aménagée dans les anciennes halles.
  • Hôtellerie de la Fleur de Lys.
  • Fontaine de saint Fiacre, patron des agriculteurs, au début de la route du Thélin, à côté d'une vieille croix portant "1506 Thoumas Dannet".
  • Étang communal de Trégu à proximité de la Quatre voies ; étang de la Chèze un peu plus loin.
  • Château du Pont-Mussard.
  • Étang de Trécouët ; étang des Glyorels.
  • Étang du Perray se déversant dans l'étang des Forges ; étang de 13 hectares mais de faible profondeur, sa rive Est a encore l'allure d'une plage (il s'y tenait une kermesse jusque vers 1965 (base d'un manège encore visible près du déversoir))
  • Les Forges de Paimpont dont une partie se trouve sur le territoire de Plélan (ancienne cantine des ouvriers devenu restaurant gastronomique, maison de l'Évêché)… chêne d'Anatole Le Braz
  • Le 3 mai 1794, l'ouest de la commune fut le théâtre d'un épisode de la Guerre de Vendée : l'armée royaliste commandée par Puisey attaqua à l'improviste l'armée républicaine qui franchissait sans précaution particulière le vallon séparant Plélan de Beignon ("Pont du Secret") ; la vigueur de l'attaque força les 3 000 fantassins et les 90 cavaliers à se replier sur les hauteurs (village de la Vieille-Ville).
  • Des manœuvres militaires furent commandées par le duc de Nemours en septembre 1843 dans les landes du Thélin. Le commandant du camp établi en cet endroit, le comte de Rumigny, se serait tué en jetant son cheval dans le vide ; si les lieux rendent cet événement plausible, cela n'a jamais été attesté autrement que par la date de 1843 qu'on trouve gravée dans le schiste des rochers dits de Ruminy (!).
  • Dans ce site escarpé, un ancien directeur des forges se blessa très grièvement en voulant prouver la possibilité de voler comme un oiseau en battant des bras après s'être enduit de plumes ; il mourut quelques jours après.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Amédée Guillotin de Corson - Pouillé historique de l'archevêché de Rennes - Volume 1 - Page 718
  2. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine.
  3. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 90, Editions Jean-paul Gisserot, ISBN 2877474828 »
  4. Louis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », in Annales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, p. 398-399
  5. Polish Troops in Norway published for the Polish Ministry of Information by M.I. Kolin (publishers) Ltd, London July 1943
  6. Article de Ouest-France du 12 mars 1993 développant le « cas de Plélan » ; Article de Ouest-France du 15 février 1993 « Les remembrements en ligne de mire ». (« Plus jamais Plélan ! » Cf. lettre au Conseil général signée d'une vingtaine d'associations).
  7. E. Aubrée, La Motte du roi Salomon au Gué de Plélan, Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1908, p. 177-180.
  8. a et b Dossier concernant le projet de déplacement du marché en 1778. Source 1 J 576
  9. « Murielle Douté-Bouton élue maire pour quatre ans », Ouest-France, 25 avril 2016.
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Archives[modifier | modifier le code]

  • Éric Joret, Répertoire des archives communales de Plélan-le-Grand, 1987. Quelques éléments ...
    • Actes de baptême depuis août 1608, mariages et sépultures depuis 1661.
    • 4F 1 - Translation du marché du Gué au bourg de Plélan : circulaires, pétitions des habitants, etc. 1812-1830.
    • 4H 2 - Chouans : rapport sur leur intrusion aux forges de Paimpont, 13 germinal an IV.
  • 1J 15 - Cochons errants : arrêté du maire, 1828 !
  • 2M 2 - Installation de l'horloge : mémoire, correspondance, 1837-1838.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Durand, Les objets de la vie quotidienne et des activités rurales dans deux cantons d'Ille-et-Vilaine au XIXe siècle à partir des inventaires après décès (cantons d'Antrain et de Plélan 1810-1880), Rennes, 1984, 331 p., (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 404).
  • Jean-François Duval, Occupation et mise en valeur du sol dans la région de Plélan-le-Grand au Moyen Âge (Ve-XIIIe siècle), Rennes, 1998, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 727).
  • TURLAN Tristan, PLELAN LE GRAND D’HIER A AUJOURD’HUI, ed Aux Pages d'antan, 2007, 64 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]