Pinkerton National Detective Agency

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Logo et slogan (« Nous ne dormons jamais ») de la Pinkerton's National Detective Agency.
Des gardes de Pinkerton escortent des briseurs de grève à Buchtel, 1884.

La Pinkerton National Detective Agency (« Agence nationale de détectives Pinkerton »), dont les agents sont généralement appelés simplement Pinkertons, est une agence privée américaine de détectives et de sécurité créée par Allan Pinkerton en 1850.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Sécession, les Pinkertons espionnent les Sudistes et se mettent au service d’Abraham Lincoln. En 1869, l’agence emploie 10 000 agents et fait régner la loi dans un Far West où la police n’existe pratiquement pas. Mais cela ne rapporte pas assez.

Dès 1877, l'agence se met au service du patronat pour briser le mouvement syndical naissant dans tout le pays. Ses agents sont payés pour infiltrer les syndicats et les usines. Les ouvriers les appelaient « les Pinkerton sanguinaires »[1].

Après la mort de leur père, les deux fils d'Allan, Robert et William Pinkerton, poursuivent les activités de l'agence, qui s'illustrera parfois par des opérations peu glorieuses.

Leur implication la plus connue fut le massacre de Haymarket Square à Chicago le . Les Pinkertons s'étaient infiltrés parmi les ouvriers grévistes des usines de Chicago et étaient présents lors de la manifestation du 3 mai. Après l'affrontement sanglant entre les grévistes et les forces de l'ordre, les Pinkertons ont été accusés par de nombreux ouvriers d'avoir sciemment déclenché l'affrontement. C’est cet événement qui va lancer les journées de grèves internationales du 1er mai[2]. Huit dirigeants syndicaux seront arrêtés, quatre seront pendus et un se suicidera[3]. Ils sont surnommés « les martyrs de Haymarket ».

Grève de Homestead[modifier | modifier le code]

Des agents Pinkerton après leur reddition pendant la grève de Homestead.

Fort de son succès à Chicago, Pinkerton récidive en 1892 contre les métallos de Pennsylvanie lors de la grève de Homestead. Les ouvriers armés de l’aciérie Homestead font prisonniers 300 Pinkertons qu’ils expulsent de l’usine sous les quolibets.

Avec l’apparition du syndicat révolutionnaire Industrial Workers of the World (IWW), patrons et autorités fédérales font de plus en plus appel aux Pinkertons et aux gangsters, dont le plus connu est Axel Steele, qui sema la terreur dans l’Utah dans les années 1910. Truand notoire, il est nommé shérif adjoint et chargé de briser les grèves en recrutant de la main-d'œuvre d'origine asiatique, en faisant tirer sur les manifestants et en assassinant les dirigeants syndicaux. Ce fut le cas en 1912 à Bingham Canyon dans l'Utah (en), contre le mouvement de la Western Federation of Miners (en), puis l’année suivante contre les mineurs de Salt Lake City, où les mines appartenaient à la hiérarchie mormone[réf. nécessaire].

Quant aux Pinkertons, on les retrouve à l’été 1917 à Butte, dans le Montana, où ils brisent la grève des mineurs de l’Anaconda Copper Company, en lynchant (au sens propre du terme) Frank Little, le chef de file de la grève. Pendant l’entre-deux-guerres, le gouvernement américain promulgue des lois dites « contre le syndicalisme criminel » ; elles permettent l’arrestation de milliers de membres de l’IWW simplement pour diffusion de journaux et de tracts[réf. nécessaire].

L'écrivain et auteur de nouvelles policières Dashiell Hammett a travaillé chez Pinkerton en tant que détective et y a puisé une partie de son inspiration pour ses écrits[4].

Aujourd’hui, la Pinkerton agency emploie 48 000 détectives et fait partie depuis 2003 du groupe Securitas AB[réf. nécessaire].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo BioShock Infinite (Irrational Games), en 1912, le « héros » incarné par le joueur, Booker Dewitt, est un ancien des Pinkertons qu'il a rejoint après avoir participé au Massacre de Wounded Knee. Il aurait pris part aux infiltrations de syndicat et son passé est décrit comme celui d'un voyou plutôt sanguinaire, donnant aux Pinkertons une image très négative.
  • Dans le roman La Vallée de la peur de Conan Doyle, Sherlock Holmes enquête sur le meurtre d'un certain Douglas, en réalité un ancien des Pinkertons ayant traqué et fait tomber une bande d'assassins qui, lors de leur sortie de prison, ont juré sa perte.
  • Dans la série de livres Les premières aventures de Sherlock Holmes, le précepteur de Sherlock, Amyus Crowe est décrit comme ayant fait partie de l'agence Pinkerton et même être demeuré très proche du fondateur.
  • Dans la série Deadwood, le mari d'Alma Garret menace Al Swearengen de faire venir les Pinkertons à Deadwood pour enquêter sur la concession que ce dernier lui a vendu.
  • Lucky Luke contre Pinkerton, Lucky Comics. En fin d'ouvrage, on peut voir une photo de Pinkerton aux côtés de Lincoln.
  • Un série de BD est sortie sous le nom de National détective Pinkerton, qui décrit certains contrats, vrais ou fictifs. Cela permet donc à l'ancienne agence de donner un meilleur point de vue d'elle-même dans le monde d'aujourd'hui.
  • Une série de romans de littérature jeunesse écrits par Michel Honaker mettent en scène l'agence Pinkerton (Flammarion, 2011).
  • Dans la série Ripper Street, le capitaine Homer Jackson est un ancien Pinkerton en cavale à Londres, qui aurait participé aux événements du Haymarket Square à Chicago.
  • Dans la série Penny Dreadful, le père du personnage Ethan Chandler envoie des Pinkertons en Angleterre à sa poursuite pour le ramener aux États-Unis.
  • Dans la série The Lizzie Borden Chronicles, Charlie Siringo, personnage joué par Cole Hauser (le chasseur de primes Johns dans Pitch Black), est un Pinkerton.

Compléments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bloody Pinkertons ». « Bloody Pinkertons » peut aussi se traduire par « maudits Pinkertons ».
  2. Frank Morn, The Eye That Never Sleeps : A History of the Pinkerton National Detective Agency, Bloomington, Indiana University Press, 1982, p. 99.
  3. Une Histoire Populaire des États-Unis, Howard Zinn.
  4. J. P. Deloux, Filature(s), préface à l'intégrale des nouvelles de Dashiell Hamett, éditions Omnibus, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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