Pilote (périodique)

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Pilote
Image illustrative de l'article Pilote (périodique)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité hebdomadaire puis mensuel
Genre bande dessinée
Fondateur René Goscinny, Albert Uderzo, François Clauteaux, Jean-Michel Charlier, Raymond Joly, Jean Hébrard, René Ribière et Charles Courtaud
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Paris

Pilote est un magazine hebdomadaire de bande dessinée français publié d' à . Dans ses premières années, c'est un magazine jeunesse diversifié qui outre de la bande dessinée publie des nouvelles, romans, jeux, blagues et reportages en tous genres. La bande dessinée prend cependant une place de plus en plus importante au milieu des années 1960 et occupe plus de 80 % du périodique dès la fin de la décennie.

Créé par, entre autres, René Goscinny, Albert Uderzo, François Clauteaux, Jean-Michel Charlier, Jean Hébrard et René Ribière il est racheté par Dargaud dès 1960, ce qui permet de faciliter son développement. Destiné aux jeunes adolescents à son lancement, Pilote modernise profondément la presse jeunesse dans les années 1960, avant de s'orienter progressivement vers un public plus âgé, notamment lorsqu'il devient mensuel en 1974. En 1986, Pilote fusionne avec Charlie mensuel pour former Pilote & Charlie. Redevenu Pilote en 1988, la revue disparaît l'année suivante, dans un contexte de crise généralisée des mensuels de bande dessinée.

Pilote a eu une influence déterminante sur la bande dessinée française et sur le marché éditorial français, les fondateurs de L'Écho des savanes, Métal hurlant et Fluide glacial en étant issus. C'est dans cette revue qu'ont été créées de nombreuses séries à grand succès, au premier rang desquelles Astérix d'Albert Uderzo et René Goscinny, Tanguy et Laverdure de Jean-Michel Charlier et Uderzo puis Jijé, Achille Talon de Greg, Blueberry de Jean Giraud et Charlier et Valérian de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.

Vingt-et-un auteurs réguliers de Pilote ont obtenu le Grand prix de la ville d'Angoulême : Jijé, Jean-Marc Reiser, Fred (Philémon, Timoléon), Giraud/Moebius, Claire Bretécher (Cellulite), Jean-Claude Forest (Hypocrite), Mézières, Jacques Tardi, Jacques Lob, Enki Bilal, Philippe Druillet, Hugo Pratt, René Pétillon, Max Cabanes, Marcel Gotlib (Les Dingodossiers avec Goscinny puis la Rubrique à brac), Morris (Lucky Luke avec Goscinny), Gérard Lauzier, Nikita Mandryka (Le Concombre masqué), Uderzo, Martin Veyron et Baru. De 1977 à 1994, seuls trois auteurs (Marijac, Paul Gillon et Frank Margerin) récompensés par ce prix n'avaient d'ailleurs collaboré à Pilote pendant au moins trois ans.

Charlier y a également créé avec MiTacq Jacques Le Gall et Goscinny avec Jean Tabary Valentin le Vagabond puis Iznogoud. Ont également été publiés dans Pilote Le Grand Duduche de Cabu, Norbert et Kari de Christian Godard, Sergent Laterreur de Touïs et Frydman, Le Génie des alpages de F'Murrr, Jonathan Cartland de Michel Blanc-Dumont et Laurence Harlé et Le Vagabond des limbes de Julio Ribera et Godard. Parmi les collaborateurs réguliers de la revue de 1959 à 1989 figurent également : Martial, Guy Mouminoux/Dimitri, Guy Vidal, Gébé, Jean Mulatier, Alexis, Daniel Billon, Jean-Claude Morchoisne, Yves Got, Patrice Leconte, Jean Solé, Jean-Pierre Dionnet, Sirius, Annie Goetzinger, Philippe Bertrand, Floc'h, Jean-Pierre Gibrat, Jean-Pierre Autheman et Philippe Petit-Roulet.

Depuis l'été 2003, cinq hors-série thématiques de Pilote sous-titrés « Pilote, le journal qui s'amuse à revenir » ont été publiés de manière ponctuelle en fonction de l’actualité. Y sont publiés d'anciens auteurs importants du magazine et des auteurs plus contemporains.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

La création[modifier | modifier le code]

L'idée de Pilote naît vers la fin 1958 quand six hommes de presse et de bandes dessinées ont l'idée de créer un journal périodique pour jeunes. Ces hommes (Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny, Raymond Joly, François Clauteaux et Jean Hébrard), ont pour ambition de créer une sorte de « Paris Match pour jeune » où, même si la bande dessinée doit jouer un rôle important, elle ne doit pas représenter l'intégralité du journal et doit côtoyer les grands sujets d'actualité. Le premier titre avancé pour ce nouveau journal est Champion du nom d'une émission pour les jeunes diffusées sur Radio-Luxembourg. Le nom de Pilote est finalement décidé après réflexion[1].

Une première maquette est réalisée par Édifrance, sur les bases du fascicule mort-né Supplément illustré publié par cette même maison d'édition. Au sommaire de cette maquette notamment une adaptation en bande dessinée du Roman de Renart par Albert Uderzo et René Goscinny, mais ce projet tombera à l'eau quand Raymond Poïvet les informe que Jean Trubert travaille sur une bande dessinée similaire. Les deux compères obligés de trouver une nouvelle idée se penchent sur l'histoire de France pour trouver l'inspiration, de là naquit la série Astérix[1].

Une fois le contenu artistique et journalistique défini, il faut réunir la somme nécessaire pour réaliser le journal. Chaque membre de la rédaction apporte sa caution et il est fait appel à de nouveaux bailleurs de fonds. Plusieurs numéros zéro du journal sont créés afin de démarcher les annonceurs[1]. Ces numéros, conçus par Jacques Dagues, sont réalisés par les cinq ou six personnes travaillant pour le journal[2]. À partir du mois de , le rédacteur en chef du journal, François Clauteaux, intervient régulièrement sur les ondes de Radio-Luxembourg pour annoncer la sortie prochaine du journal. Ces interventions régulières se succèdent jusqu'au , date de sortie du premier numéro[3].

Le premier numéro[modifier | modifier le code]

La sortie de ce no 1 le 29 octobre 1959 qui marque la lancement du magazine est un véritable succès : le soir même, 300 000 exemplaires sont vendus. Imprimé sur un grand format inhabituel de 36,5 cm x 26,5 cm, sous-titré « le grand magazine illustré des jeunes », il contient des articles sur divers sujets comme l'exploration spatiale où l'ascension de l'Everest[4]. Le footballeur français Raymond Kopa donne quelques conseils dans un article. Animé par Jean-Paul Rouland, Marcel Fort et Rodolphe, Le club des joueurs propose des énigmes et des expériences diverses. Les Enquêtes de l'Inspecteur Robillard est animé par Pierre Bellemare et Marc Moallic[3]. Une double page didactique, au centre du journal, représente un Vaisseau du Grand Siècle. Un grand concours intitulé Où est l'erreur ? est illustré par Jidéhem et parrainé par Esso[5].

La bande dessinée occupe une place importante, mais moindre que les rédactionnels. Certaines comme Astérix d'Albert Uderzo et René Goscinny[5], Le Démon des Caraïbes de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, Tanguy et Laverdure de Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo[6] et Jacques Le Gall de Mitacq et Jean-Michel Charlier marqueront le neuvième art[5]. D'autres seront plus éphémères comme Pistolin de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon (une série issue d'un journal du même nom qui a connu une brève existence), Bison Noir de Guy Bertret, Jacques Ledrain et Lucien Nortier (adaptation d'une feuilleton radiophonique de Radio-Luxembourg), P'tit Pat de Rémo Forlani et Jacques Dagues, Jacquot le mousse de René Goscinny et Christian Godard[7], Mark Trent voyage dans le temps de Raymond Poïvet et Zappy Max de Maurice Tillieux et Saint-Julien, pseudonyme de Hugo De Haan[6]. René Goscinny signe aussi les récits du Petit Nicolas illustré par Jean-Jacques Sempé, une série créée auparavant dans le journal belge Le Moustique. Une série historique est aussi au sommaire avec, dans ce premier numéro, L'évasion de Jean Bart par Robert Gigi[5].

Les premières années[modifier | modifier le code]

Les difficultés financières[modifier | modifier le code]

Après le lancement du journal, les numéros gardent la même ligne jusqu'à la fin de l'année 1959[1]. Le rédacteur en chef François Clauteaux est remplacé par Raymond Joly après six numéros. Dans le no 10 du , est publié un court récit humoristique intitulé Dupont de l'Alma par Jean Tabary[5]. Rapidement, le journal devient un véritable magazine pour les jeunes avec des articles signés par les meilleurs journalistes de l'époque comme Lucien Barnier, les meilleurs sportifs de l'époque comme le footballeur Just Fontaine ou le coureur à pied Abdou Seye, et une couverture qui privilégie les photographies au dessin. Des rédactionnels spéciaux sont régulièrement publiés, sur la science, les biographies de sportifs, la musique, le cirque ou encore l'Histoire[8]. Les séries de bande dessinées des débuts sont toujours au rendez-vous : L'inspecteur Robillard, après avoir animé les jeux, devient une série à part entière, Zappy Max abandonne les textes en dessous des images et passent au phylactères. Des nouveautés apparaissent comme Jehan Pistolet de René Goscinny et Albert Uderzo, Rosine de Jean-Michel Charlier et Martial[9], et des récits historiques comme celui d'Ivanhoé[10].

Malgré son succès, Pilote rencontre de graves difficultés financières : les exclusivités que réserve le journal à ses lecteurs coûtent très cher. De plus, l'agence chargée de distribuer le journal retarde énormément ses paiements, les seuls qui détiennent de l'argent frais sont les responsables du Centre-Républicain qui se désengagent au cours de l'année[10]. Des repreneurs sont intéressés pour sauver le journal ; le plus sérieux est Charles Dupuis des éditions du même nom. Déjà responsable du journal Spirou, il voit dans l'achat de Pilote le moyen de toucher un public plus âgé. Mais les deux autres membres du triumvirat de direction de Dupuis, son frère Paul et René Matthews, leur beau-frère, mettent leur véto à cette reprise. Dargaud remporte alors la mise après quelques semaines de négociations, et c'est pour le no 60 spécial Noël du que le nom du nouvel éditeur apparaît. À la fin de l'année, Denis Lefèvre-Toussaint est nommé rédacteur en chef du journal[11].

La reprise par Dargaud[modifier | modifier le code]

Avec l'arrivée de Dargaud, le journal change légèrement de format avec au no 66 du un passage au 27 x 35 cm. Le contenu rédactionnel, lui, ne change pas. Des rédactionnels sur l'actualité, la science, l'Histoire sont toujours présents[12]. Des séries présentes depuis le début du journal comme Astérix, Barbe-Rouge et Tanguy et Laverdure rencontrent un succès important et sont publiées en album dans la collection Pilote. Maurice Tillieux arrête Zappy Max (Charles Dupuis lui ayant demandé de choisir entre son contrat chez Dupuis ou chez Dargaud) et Jean-Louis Devaux lui succède. De nouvelles séries éphémères font leur apparition  : Pierre et Paul est publié à partir du no 88 du [13] et Les Divagations de monsieur Sait-Tout à partir du no 105 du . Sont publiées aussi deux séries anglaises issues d'Eagle, Jeff Arnold un western de Charles Chilton et Frank Humphries, ainsi que Fraser l'Africain de Frank Bellamy et George Beardmore[14].

Dans le no 105, spécial deuxième anniversaire, est publiée la série Allo ! DMA de Jean-Michel Charlier et Raymond Poïvet qui devient par la suite Guy Lebleu[14]. Marcel Bisiaux est nommé rédacteur en chef du journal en , mais il faut attendre le mois de mai pour que la ligne éditoriale évolue. Les récits complets deviennent de plus en plus présents : certains, comme Tromblon et Bottaclou de René Goscinny et Christian Godard, ne font l'objet que de quelques histoires, mais d'autres, comme Séraphin contre Angelure de Jean Chakir créé dans le no 120 du [15] et surtout Valentin le vagabond de Jean Tabary créé dans le no 123 du , perdurent pendant plusieurs années. Les photos en couverture laissent peu à peu la place à des illustrations pleines pages[16].

Une nouvelle formule du journal est lancée à partir du no 133 du . Le slogan change pour devenir le « Grand magazine des jeunes », puis très rapidement « Le magazine des jeunes de l'an 2000 ». Les dimensions passent à un format de 23,5 x 31,5 cm et la pagination prévoit seize pages supplémentaires. La série Belloy d'Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier, parue auparavant dans le journal belge La Wallonie, est republiée à partir de ce numéro. C'est aussi dans le no 133 qu'est créée sous forme de roman, la série Bob Morane par Henri Vernes[16]. Des rédactionnels sur les programmes de la télévision font leur apparition[17]. La série Le Grand Duduche de Cabu est créée dans le premier numéro de l'année 1963[18].

Avec le succès du magazine Salut les copains, le journal essaye de s'adresser de plus en plus aux adolescents, multipliant les chroniques sur les stars du sport et surtout de la chanson. Les yéyés, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan occupent la couverture de Pilote chaque semaine. À partir du no 183 du , le journal prend un ton « copain » avec ses lecteurs. Quelques nouvelles bandes dessinées apparaissent malgré tout durant cette période[19]. La série Norbert et Kari de Christian Godard, créée dans le no 195 du fera les beaux jours du journal pendant plusieurs années[20]. Cependant, la série P'tit Pat, présente depuis le début du journal, disparaît à partir du no 183[21]. Ce changement est rejeté en masse par les lecteurs et les ventes s'effondrent rapidement. Marcel Bisiaux est renvoyé de son poste de rédacteur en chef, pour être remplacé par le duo composé par René Goscinny et Jean-Michel Charlier[19].

Recentrage sur la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le duo René Goscinny et Jean-Michel Charlier entre en fonction à partir du no 203 du . Les nouveaux rédacteurs en chef mettent la bande dessinée à l'honneur, qui remplace rapidement les stars de la chanson pour jeunes. Fort Navajo, qui devient très vite Blueberry, est créée dans le no 210 du par Jean-Michel Charlier et Jean Giraud. Dans le numéro suivant, c'est la série Achille Talon de Michel Greg qui fait sa première apparition. Des animations sont montées pour faire participer le lecteur. Ainsi un concours est lancé pour donner un nom au petit chien apparu dans l'histoire Le Tour de Gaule d'Astérix. Les résultats sont dévoilés dans le no 216 du [22].

Pour recentrer un peu plus la bande dessinée en son cœur, les héros du journal sont désormais mis en scène lors des numéros spéciaux et sur les couvertures. 1964 voit l'arrivée de séries éphémères, comme Eric Murat de Franck-Dominique et Francisco Hidalgo dans le no 228, qui se déroule dans le milieu des courses automobiles et Tiger Joe de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon dans le no 240 qui met en scène un chasseur de fauves. Astérix et Cléopâtre est publiée du no 215 au no 257, elle devient rapidement l'une des histoires les plus marquantes de la série[23]. C'est durant cette période que la série Astérix se détache nettement des autres, à partir du no 300 du le journal prend même pour sous-titre « Le Journal d'Astérix et Obélix ». L'émission radiophonique Pilote, diffusé sur Radio-Luxembourg, s'arrête au début de l'année 1965[24].

Le succès d'Astérix profite aux autres séries de bande dessinée qui occupent trente pages des quarante-huit que compte Pilote. Ce succès incite à adapter Bob Morane, jusque-là publié sous forme de roman illustré, en bande dessinée par Gérald Forton. Le Petit Nicolas n'a pas cette chance puisque sa publication s'arrête à partir du no 309. Plusieurs auteurs avec un ton différent débutent dans le journal en 1965. Gotlib signe Les Dingodossiers avec René Goscinny au scénario à partir du no 292 du . Fred commence sa série poétique Philémon dans le no 300. Nikita Mandryka débute plus discrètement et s'affirmera dans les années suivantes. Le journal évolue progressivement au cours de l'année, les grandes histoires complètes sont remplacées par des récits courts de deux ou trois planches dont les auteurs principaux sont Christian Godard, Jean Chakir et Martial. À partir du no 321 le journal adopte un nouveau slogan « Mâtin quel journal ! »[24].

Le phénomène Astérix[modifier | modifier le code]

L'année 1966 marque le triomphe définitif d'Astérix sur les autres séries du journal. Les ventes d'albums explosent, Astérix chez les Bretons se vend à 600 000 exemplaires deux semaines après sa sortie. Ses aventures sont adaptées en feuilleton radiophonique sur France Inter avec notamment Roger Carel comme interprète. Plusieurs grands journaux font des articles dont Paris Match et surtout L'Express, qui en septembre fait sa une sur « le phénomène Astérix, la nouvelle coqueluche des Français ». Certains intellectuels déclarent avoir Astérix comme livre de chevet[25]. Dans l'hebdomadaire, la nouvelle histoire intitulée Astérix et les Normands est publiée du no 340 au no 361[26]. Ce succès oblige Albert Uderzo a laisser le dessin de Tanguy et Laverdure à Jijé, ne pouvant plus s'occuper de deux séries en même temps[25].

Cette même année, la série Fort Navajo est renommée en Blueberry. René Follet encre désormais les planches de Jacques Le Gall pour le compte de Mitacq. Des nouveaux auteurs font leur entrée dans l'hebdomadaire, Géri, Georges Pichard, Georges Lacroix, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. Après l'interdiction du mensuel Hara-Kiri en mai, Gébé et Jean-Marc Reiser intègrent l'équipe de Pilote, mais René Goscinny qui trouve leur dessin trop déroutant pour les lecteurs de Pilote, les cantonnent à écrire des scénarios. La pagination passe de 48 à 52 pages à partir du no 364 du , pour faire face à l'augmentation des histoires complètes. Parallèlement, le nombre de supplément augmente[27].

L'age d'or de Pilote[modifier | modifier le code]

L'année 1967 est considérée comme une année de transition dans l'histoire de Pilote. Des séries piliers comme Guy Lebleu et Jacques Le Gall quittent définitivement les pages du journal, alors que de nouveaux auteurs comme Jean Mulatier, Derib, Loro, Henri Dufranne Henri Desclez ou Bob de Groot sont au sommaire[28]. Jean-Claude Mézières et Pierre Christin publient du no 420 au no 434, l'histoire Les Mauvais Rêves, la première de la série Valérian et Laureline[29], qui devient rapidement l'une des références de la bande dessinée de science-fiction. Dans le même registre, Georges Pichard et Jacques Lob créés la série Submerman. Toujours aussi prolifique, Astérix place deux histoires dans l'année, Astérix légionnaire (avec la première apparition de Falbala) et Le Bouclier arverne, elle est aussi adaptée pour la première fois au cinéma avec le film Astérix le Gaulois[28]. Victime d'un accident, Victor Hubinon laisse sa place à Eddy Paape et Jijé pour dessiner l'histoire Pirate sans visage de la série Barbe-Rouge[30].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

La première crise a lieu en 1968. René Goscinny est convoqué par Gotlib, Mandryka, Cabu, Claire Bretécher, Druillet et d'autres talents de la revue dans « une sorte de tribunal improvisé »[31], où dans « procès quasi-stalinien »[32], ils le traitent de « suppôt du patronat »[33]. Goscinny est désenchanté par ce conflit mené par de jeunes confrères qu'il avait pourtant contribué à lancer dans le métier[34]. Le magazine devient « en quelque sorte l'organe du marais soixante-huitard »[33].

En 1974, René Goscinny quitte le magazine et, en juin, Pilote devient mensuel[33]. En mars 1986, il fusionne avec Charlie mensuel pour former Pilote & Charlie. Philippe Mellot, qui était rédacteur en chef de Charlie Mensuel, reprend cette fonction pour les 27 numéros de Pilote et Charlie. Il en reste rédacteur en chef lorsque Pilote et Charlie redevient Pilote en 1988 jusqu'au n°41, dernier numéro de la revue en octobre 1989, date où elle disparaît, dans un contexte de crise généralisée des mensuels de bande dessinée.

Philippe Mellot écrit, dans son dernier édito de Pilote (le n°41 d'octobre 1989) : « Au lendemain de ses trente ans, Pilote vous joue avec ce numéro, sa dernière représentation dans les décors qui vous sont familiers. Votre magazine, l'initiateur de la bande dessinée adulte a vécu. Celui qui a fait éclore les plus grands chefs-d'œuvre du 9e art, permit à plusieurs générations d'apprendre à lire et dont la renommée s'étend encore jusqu'à Tokyo ou San Francisco s'éteint aujourd'hui. [...][35] ».

Chronologie éditoriale[modifier | modifier le code]

Les dates indiquées sont les dates de couvertures. Les dates de parution ou d'envoi aux abonnés pouvaient différer.

  • 1960 : Georges Dargaud rachète le journal un peu mal-en-point (pour le franc symbolique). Le rédacteur en chef est Denis Lefèvre-Toussaint.
  • 1962 : Nouveau rédacteur en chef, Marcel Bisraux.
  • Fin 1963, Pilote va mal, René Goscinny et Jean-Michel Charlier sont nommés rédacteur en chef et chargés de relancer le journal.
  • (no 162) : Pilote est sous-titré « Le Magazine des jeunes de l'an 2000 »
  • (no 300) : Pilote est sous-titré « Le Journal d'Astérix et Obélix »
  • (no 571) : Pilote est sous-titré « Le Journal qui s'amuse à réfléchir »
  • 1974 : René Goscinny lâche les rênes, Guy Vidal devient rédacteur en chef. En juin, Pilote devient mensuel.
  • (no 739) : Pilote est sur-titré « Nouveau », et le sous-titre change chaque semaine
  • (no 760) : Dernier numéro hebdomadaire de Pilote
  • (PM no 1) : Premier numéro mensuel de Pilote, qui est sur-titré « mensuel »
  • (PM no 4) : À partir de ce numéro, il n'y a plus de sous-titre
  • (PM no 69) : Dernier numéro où « mensuel » est précisé au-dessus de Pilote en couverture.
  • (PM no 140) : Dernier numéro de Pilote mensuel.
  • (PC no 1) : Premier numéro de Pilote & Charlie, issu de la fusion de Charlie Mensuel avec Pilote mensuel.
  • (PC no 28): Le nom du mensuel redevient Pilote.
  • (PC no 41) : Parution du dernier numéro.
  •  : parution d'un numéro « Spécial Été 2003 ».
  •  : parution d'un numéro « Spécial Noël 2004 ».
  •  : parution d'un numéro « Spécial Mai 1968 ».
  •  : parution d'un numéro spécial « 69 année érotique ».
  •  : parution d'un numéro spécial « Bande Dessinée et Cinéma ».

Identités du journal[modifier | modifier le code]

Contenus[modifier | modifier le code]

Séries connues[modifier | modifier le code]

De nombreuses séries de bande dessinée franco-belge devenues connues ont commencé leur carrière dans Pilote. On peut citer par ordre chronologique de première apparition :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Les Années Pilote, p. 60.
  2. Les Années Pilote, p. 62.
  3. a et b Les Années Pilote, p. 63.
  4. Marie-Ange Guillaume, José-Louis Bocquet, Anne-Élisabeth Botella, René Goscinny, Actes Sud, , p. 116
  5. a, b, c, d et e Les Années Pilote, p. 67.
  6. a et b Les Années Pilote, p. 66.
  7. Les Années Pilote, p. 65.
  8. Les Années Pilote, p. 68.
  9. Les Années Pilote, p. 69.
  10. a et b Les Années Pilote, p. 72.
  11. Les Années Pilote, p. 73.
  12. Les Années Pilote, p. 76.
  13. Les Années Pilote, p. 77.
  14. a et b Les Années Pilote, p. 78.
  15. Les Années Pilote, p. 82.
  16. a et b Les Années Pilote, p. 83.
  17. Les Années Pilote, p. 85.
  18. « Le grand Duduche dans Pilote », sur Bdoubliees.com (consulté le 15 juillet 2016)
  19. a et b Les Années Pilote, p. 88.
  20. « Norbert et Kari », sur Bdoubliees.com (consulté le 15 juillet 2016)
  21. « P’tit Pat », sur Bdoubliees.com (consulté le 15 juillet 2016)
  22. Les Années Pilote, p. 91.
  23. Les Années Pilote, p. 100 à 106.
  24. a et b Les Années Pilote, p. 116 à 125.
  25. a et b Les Années Pilote, p. 130.
  26. « Astérix », sur Bdoubliees.com (consulté le 28 août 2016)
  27. Les Années Pilote, p. 133 et 134.
  28. a et b Les Années Pilote, p. 136.
  29. « Valérian », sur Bdoubliees.com (consulté le 15 septembre 2016)
  30. Les Années Pilote, p. 140.
  31. Gotlib, la fin d’un luron pas très gai…, Nicolas Gauthier, bvoltaire.fr, 6 décembre 2016
  32. La Révolution Pilote est en marche, lefigaro.fr, 3 avril 2015
  33. a, b et c C'était la bande à Pilote, Gilles Médioni, lexpress.fr, 14 mars 1996
  34. Benoît Mouchart, La bande dessinée, Le Cavalier Bleu, p.106
  35. Suite de l'édito et source : site des Bd oubliées : Pilote, 1989.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]