Pilotage maritime

Le pilotage maritime est une assistance donnée au commandant d'un navire pour le conseiller sur les manœuvres à réaliser dans des passages difficiles comme les eaux resserrées, les chenaux et bassins portuaires, ou encore pour naviguer sur une voie maritime difficile telles que le fleuve Saint-Laurent au Canada, ou encore le Rio de la Plata, entre l'Uruguay et l'Argentine.
Dans ces zones jugées difficiles, et afin de prévenir les échouements et les abordages, la présence des pilotes à bord des navires peut être rendue obligatoire pour certains navires. Cette obligation est fixée par l'État et selon des critères spécifiques (longueur, tonnage...).
Exemples :
- Le Havre : longueur > 70 m ou navire transportant des marchandises dangereuses[1] ;
- Nantes-Saint-Nazaire : longueur > 75 m ou Jauge nette > 150 ou transportant des marchandises dangereuses[2] ;
- dans la plupart des grands ports de commerce et dans les estuaires, chenaux ou canaux.
En France
[modifier | modifier le code]Cette disposition, dont on retrouve les premières traces en France à Oléron vers l'an 1100, est devenue obligatoire et réglementée dans tous les ports de France en 1815.
Le Ministre de la Marine Prosper de Chasseloup-Laubat, a créé en mai 1862, par décret, l'école de pilotage ouest de la Marine Nationale, installé à Honfleur, transférée dans l'arsenal de Saint-Servan en 1867. Les élèves effectuaient des croisières le long des côtes de la Manche et de l'Atlantique, durant 3 ans, ils apprenaient le dur métier de Pilote de la Flotte et devaient connaître toutes les entrées des ports de France. La dernière croisière d'été était l'examen pratique de sortie. En 1965, l'état-major de la Marine ferma définitivement l'école, estimant que l'état de navigation rendait désormais inutile la parfaite connaissance de tous les chenaux et écueils de nos côtes. En 103 ans, l'école a formé des milliers de Pilotes "lamaneurs" ou "côtiers[3]".
Lorsqu'un navire approche il doit réclamer un pilote à la station locale ou mouiller dans une zone d'attente si aucun n'est disponible. Il hisse alors des signaux conventionnels dans sa mâture (pavillon G).
Lorsqu'un navire fréquente de manière régulière le même port, les commandants peuvent obtenir une licence de "capitaine pilote" sous réserve d'avoir effectué un certain nombre de mouvements avec un pilote à bord et de revenir avec une périodicité suffisante. Le nombre de mouvements nécessaires et la périodicité est variable selon les ports. Dans ce cas le navire n'est pas dispensé de rémunérer la station de pilotage mais paye une redevance réduite.
Dans les grands ports (comme Le Havre, qui a été précurseur voici une trentaine d'années), les pilotes maritimes sont hélitreuillés sur les grands navires (pétroliers et porte-conteneurs).
On distingue :
- le pilotage hauturier, qui est une activité libre,
- le pilotage portuaire, qui est en général réglementé par l'État du port.
En 2000, Catherine Cornu est la première femme pilote maritime de métropole[4]. En 2014, Véronique Seremes est la première dans les Antilles[5].
Service de pilotage
[modifier | modifier le code]Puisque le navire soumis au pilotage et le navire du pilote sont généralement en mouvement, cela peut être dangereux, surtout en mer agitée[6]. Sur les navires en départ, la vedette de pilotage ramène le pilote à terre après que le navire ait franchi avec succès les eaux côtières[7]. La loi exige la présence de pilotes dans la plupart des grands ports maritimes du monde pour les grands navires[8],[9],[10],[11].
Le service de pilotage est un système destiné à coordonner et gérer les actions des pilotes maritimes, guidant les navires à travers des plans d’eau complexes tels que les ports, les rivières et les détroits étroits. Ces pilotes possèdent des connaissances spécialisées et une expérience permettant une navigation sûre, réduisant les risques liés aux opérations portuaires[12].
Les principales fonctions du pilote-dispatcheur :
- distribution des pilotes : affectation des pilotes aux navires en fonction de leurs besoins spécifiques.
- gestion des horaires : assurer l’envoi des pilotes au bon moment afin d’éviter les retards.
- communication en temps réel : garantir un échange instantané d’informations entre les pilotes, les capitaines des navires et les autorités portuaires.
Les pilotes utilisent des méthodes de positionnement basées sur des amers en utilisant entre autres choses la navigation par alignements. Ils possèdent une connaissance locale des interactions des courants de marée, vents, profondeurs, etc.
En 2024, le Danemark a lancé une initiative novatrice pour explorer l’utilisation du pilotage à distance, devenant le premier dans le monde dans le secteur maritime[13],[14]. Le programme, supervisé par l’administration nationale de pilotage DanPilot en collaboration avec le fournisseur de technologies marines Danelec, permet aux pilotes de contrôler les navires depuis un centre de contrôle terrestre en utilisant des données en temps réel.
Le système transmet des informations de navigation, des données radar et des capteurs depuis le navire vers un centre de contrôle à distance, permettant aux pilotes d’exécuter leurs fonctions sans monter à bord du navire. Actuellement, ce système est en phase de test dans la partie ouest de la mer Baltique, une zone connue pour sa complexité en matière de trafic et ses routes de transit étroites.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Site PA du Havre / Services aux navires / Pilotage
- ↑ Nantes Saint Nazaire
- ↑ Collectif, "Un demi-siècle à Saint-Servan 1900-1950", Ed° Danclau, Dinard, 1998, page 24: article de Bernard Perrault "l'école de Pilotage de la Flotte".
- ↑ « La première femme pilote entre en Seine », Le Telegramme, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Véronique Seremes, première pilote maritime antillaise », sur martinique.franceantilles.fr, 2014-08-19ast18:00:00-04:00 (consulté le )
- ↑ (en) « Maritime Pilot Accidents and Injuries », sur www.maritimeinjurycenter.com (consulté le )
- ↑ (en) « Recommendations for the Helicopter Transfer of Marine Pilots », sur www.heliheyn.de (consulté le )
- ↑ (en) « Marine Pilots & their role in the maritime industry », sur mnshippingsa.com (consulté le )
- ↑ (en) « Maritime Pilots: Heroes without Capes », sur zeymarine.com (consulté le )
- ↑ (en) « Maritime Pilots - Guiding Ships Safely into Port », sur www.virtuemarine.nl (consulté le )
- ↑ (en) « Marine Pilot Accidents », sur www.boatlaw.com (consulté le )
- ↑ (en) « How Pilot Dispatch Enhances Ship Scheduling Accuracy? », sur www.innovez-one.com (consulté le )
- ↑ (en) « Denmark First to Launch Data-Driven Remote Pilotage », sur www.danpilot.dk (consulté le )
- ↑ (en) « Denmark Launches World’s First Remote Pilotage Test Program », sur www.marineinsight.com (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (fr + en) Station de Pilotage du Havre
- (fr + en) Station de Pilotage de la Seine Caen Dieppe
- (fr + en) Pilotage maritime en France
- (en) « EMPA European Maritime Pilots' Association based in Antwerp (B) »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)
- (en) IMPA International Maritime Pilots'Association
- (fr) Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent (Québec)
- (fr) Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central (Québec)
- (fr + en) Centre d'entraînement à la manœuvre des navires (Port Revel)
- (fr) Pilotes Maritimes de Nouvelle Calédonie (Nouméa)