Pieter van Musschenbroek

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pieter van Musschenbroek
Description de cette image, également commentée ci-après

Pieter van Musschenbroek

Naissance
Leyde (Pays-Bas)
Décès (à 69 ans)
Leyde (Pays-Bas)
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Néerlandais
Domaines Physique, médecine, astronomie
Institutions Université d'Utrecht
Université de Duisbourg
Université d'État de Saint-Pétersbourg
Diplôme Université de Leyde
Renommé pour Bouteille de Leyde
Tribomètre
Évaporomètre

Pieter van Musschenbroek (14 mars 1692 à Leyde19 septembre 1761 à Leyde), est un physicien néerlandais. Il contribua puissamment par ses leçons, ses découvertes et ses ouvrages à introduire en Hollande la philosophie expérimentale et le newtonianisme ; il a laissé d'importantes observations sur l'électricité, le magnétisme, le frottement et la cohésion des solides, la capillarité ; il prit part à l'expérience de la bouteille de Leyde et imagina un pyromètre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il exerça d'abord la médecine, puis fut successivement professeur de philosophie, de mathématiques et de médecine à Duisbourg, à Utrecht, et enfin à Leyde en 1740.

Il était l'élève et l'ami de Willem Jacob 's Gravesande.

Tandis que Réaumur tâchait d'améliorer la qualité des fontes en testant la résistance à la traction de fils métalliques, Musschenbroek essaya de mesurer directement la résistance d'échantillons sous forme de barres ; il lui fallait pour cela mettre en œuvre des efforts de traction accrus, ce qu'il parvint à faire en exploitant les propriétés du levier. La machine qu'il construisit est décrite dans ses Dissertationes de 1729. Il mesura la résistance de plusieurs essences de bois et de plusieurs pierres et métaux, consignant les résultats dans ses Institutiones en 1734[1]. Il mit en évidence la différence de résistance des matériaux en traction et en compression[Note 1]. Ce livre, traduit en français en 1751, eut une influence considérable sur les ingénieurs et notamment sur Coulomb, qui emmena ce livre lorsqu'il partit en mission pour la Martinique. Les mesures de Musschenbroek furent critiquées par Buffon parce qu'il n'utilisait que des barres de section réduite, même si ce n'étaient plus des fils. Mesurant la rupture des barres en flexion, Buffon constata simplement que la résistance des bois d'une même essence est très variable et augmente en gros avec la masse volumique.

Musschenbroek poursuivit les travaux d'Amontons sur le frottement, et mit en évidence l'influence de la surface de contact. Il attira l'attention sur la roideur des cordes, un phénomène dangereux et paradoxal observé à bord des voiliers sur les poulies. L'abbé Bossut poursuivit les recherches sur ce problème et Coulomb proposa une formule rendant compte des observations.

En 1746, il inventa, en collaboration avec son élève Andreas Cunaeus, la bouteille de Leyde[Note 2], précurseur du condensateur électrique. Au cours de ses expériences sur l'électricité statique, il a noté que les objets chargés électriquement dans l'air, perdaient leur charge. En conséquence, il utilisa une bouteille en verre pour réaliser le stockage de la charge électrique. Le choix d'une bouteille n'est pas surprenant, car à cette époque, on croyait que l'électricité était un fluide invisible coulant d'un endroit à un autre. Une bouteille était donc un moyen approprié pour sauvegarder ce « liquide ». Par la suite, il a été constaté que le physicien allemand Ewald Georg von Kleist avait réalisé une invention similaire, fin 1745.

Pieter Van Musschenbroeck a été probablement la première personne à avoir subi une électrocution, non létale[2]. A son ami René-Antoine Ferchault de Réaumur il a écrit en 1746 : « Tout d'un coup ma main droite a commencé à trembler violemment et tout mon corps tremblait comme lors du coup de foudre, de la première rencontre. »[Note 3].

Musschenbroek était correspondant des académies des sciences de Paris, Berlin, Saint-Pétersbourg, Londres, Stockholm etc.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Publications[modifier | modifier le code]

Elementa Physicae.jpg

Sources[modifier | modifier le code]

  • René Dugas, Histoire de la Mécanique (1955), éd. du Griffon, Neuchâtel, Suisse
  • Stephen Timoshenko, History of Strength of Materials (1953), rééd. éd. Dover (1982)
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son banc de traction sera adopté et modifié par le physicien italien Giovanni Poleni, sous le nom de « macchina divulsoria » qu'il utilisera à partir de 1742, pour la conception théorique et expérimentale d'un cerclage de renforcement du dôme de la Basilique Saint-Pierre de Rome, qui menaçait de s'effondrer. Ce cerclage métallique sera installé entre 1743 et 1748.
  2. C'est l'abbé Nollet, vulgarisateur des travaux de Musschenbroek en France, et traducteur de ceux-ci en français qui a donné le nom de bouteille de Leyde à son invention.
  3. Plotseling begon mijn rechterhand heftig te schudden en heel mijn lichaam trilde als bij liefde op het eerste gezicht.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Histoire des Essais mécaniques », sur Dmoz.fr (consulté le 30 avril 2017)
  2. CNRS, Bertrand Wolff, Christine Blondel, Lycée Emile Zola (Rennes), « La terrible secousse de l'électricité en bouteille », sur ampere.cnrs.fr, (consulté le 1er mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :