Piet Retief

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Piet Retief
Voortrekker Monument May 2006, IMG 3003.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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Activité

Pieter Retief ou Piet Retief (1780-1838) est un boer et un chef Voortrekker d'Afrique du Sud, dont l'assassinat est l'un des actes fondateurs de l'histoire afrikaner.

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Piet Retief naît le 12 novembre 1780 à Wagenmakersvallei dans la colonie du Cap. Il est le cinquième des 10 enfants de Jacobus et Debora Retief, une famille d'origine française. Son ancêtre est François Retif, un huguenot natif de Mer près de la ville de Blois, arrivé au Cap en 1689. Le nom Retif est néerlandisé en Retief[1].

Piet Retief grandit dans le vignoble de son père jusqu'à l'âge de 27 ans, puis s'installe à Stellenbosch où il commence à vendre une liqueur alcoolique. La licence de celle-ci lui est retirée après que le Colonel Thomas Willshire se plaint de l'enivrement de ses soldats. Retief se retrouve en difficulté financière, avec au moins deux faillites à son compte[2]. Il s'installe dans la région de Grahamstown où il fait fortune, puis la perd aussitôt suite à de mauvais investissements.

En 1814, Retief se marie avec Magdalene Johanna (Lenie) Greyling et adopte ses trois fils et ses deux filles.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

La colonie du Cap étant devenue une colonie britannique, un certain nombre de décisions de la Grande-Bretagne provoquent le mécontentement des boers. L'église anglicane devient l'église officielle de la colonie, l'anglais devient la seule langue officielle et le droit anglican remplace le droit néerlandais. L'abolition de l'esclavage et le peu d'indemnisation offerte aux esclavagistes amène de nombreux boers à tenter le Grand Trek, c’est-à-dire l'émigration vers l'intérieur des terres d'Afrique du Sud, hors du contrôle de l'administration britannique. Retief tente une médiation entre les fermiers et le gouvernement britannique. A l'échec de celle-ci, il organise les premières migrations vers le nord.

Le 22 janvier 1837, Retief rédige un manifeste par lequel il énonce ses griefs contre l'autorité britannique, qu'il qualifie d'injuste pour avoir émancipé les esclaves avec une indemnisation d'un quart de leur valeur. Il évoque une terre promise aux Boers destinée à la prospérité, à la paix et au bonheur de leurs enfants.

La déclaration, perçue comme la déclaration d'indépendance des fermiers Voortrekkers, est publiée le 2 février 1837 dans le journal de Grahamstown. Moins d'un mois plus tard, Retief et sa famille quittent le district de Winterberg pour se joindre à un convoi en route vers le fleuve Orange.

Lors du voyage, après avoir franchi le fleuve, Retief fut élu chef de la « province libre de la nouvelle Hollande en Afrique du sud-est ». Quelques groupes quittèrent le convoi pour continuer vers le nord et Retief se retrouva assez rapidement à la tête d'un petit groupe de 26 familles en route vers l'est.

Le 5 octobre 1837, après avoir franchi les montagnes du Drakensberg, il se lance dans l'exploration de la région de Port Natal. Il prend contact avec le chef zoulou Dingane en novembre 1837 et s'allie à d'autres chefs voortrekkers, Gert Maritz et Hendrik Potgieter, en janvier 1838.

Lors de sa seconde visite à Dingane, celui-ci donne son accord à l'installation des Boers dans le Natal en échange d'une action de représailles que doivent mener les Boers contre un chef de la tribu rivale des Tlokwa[3].

Mort[modifier | modifier le code]

Copie du traité du 4 février 1838 signé par Retief et Dingane

Retief s'installe dans la région de Tugela le 28 janvier 1838 avec l'intention de négocier des frontières permanentes de la colonie du Natal. L'acte de cession de la région de Tugela-Umzimvubu, daté du 4 février 1838, est signé par Dingane le 6 février 1838. Dingane invite alors Retief à venir assister à une représentation de ses soldats. Sur un signal donné par le roi zoulou, les soldats foncent sur Retief et les 70 boers désarmés. Retief, son fils, ses hommes et ses serviteurs meurent sur la colline de Kwa Matiwane.

Dingane donne alors l'ordre d'attaquer les campements boers de la région et de massacrer tous ceux qui s'y trouvent.

Les restes de Retief et de ses hommes sont enterrés le 21 décembre 1838 par le « commando de la victoire » dirigé par Andries Pretorius, qui a combattu les Zoulous à la bataille de Blood River le 16 décembre 1838.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le site de la tombe de Piet Retief est marqué par un monument érigé en 1922.

La ville de Piet Retief porte son nom. Pietermaritzburg porte la moitié de son nom, en conjonction avec Maritz, le patronyme de Gert Maritz[4].

L'une des quatre statues du Voortrekker Monument à Pretoria représente Piet Retief.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lugan, Bernard., Ces Français qui ont fait l'Afrique du Sud, Bartillat, (ISBN 2841000869, OCLC 36475025, lire en ligne)
  2. Giliomee, Hermann, 1938-, The Afrikaners : biography of a people, C. Hurst, (ISBN 1850657149, OCLC 59343203, lire en ligne)
  3. Morris, Jan, 1926-, Heaven's command : an imperial progress, Faber and Faber, (ISBN 0571194664, OCLC 43178332, lire en ligne)
  4. Smit, Erasmus. et Mears, Walter George Amos., The diary of Erasmus Smit, C. Struik, (ISBN 0869770136, OCLC 548696, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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