Pierrette Bloch

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Pierrette Bloch
Portrait de l'artiste P. Bloch.jpg
Pierrette Bloch, Bages 2012.
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Prix Maratier 2005 de la Fondation Pro-MAHJ

Pierrette Bloch est une artiste peintre suisse née le [1] à Paris et morte dans cette même ville le [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sculpture de crin, 1986

Après des études de droit puis de lettres dans l'immédiate après-guerre, Pierrette Bloch étudie le dessin et la peinture chez Jean Souverbie (1947), André Lhote (1948) et Henri Goetz (1949) [3]. C'est ce dernier qui la présente cette année-là à Pierre Soulages avec lequel elle se lie d'une longue amitié. Ses débuts en peinture sont incertains : si, dès 1951, elle expose aussi bien à Paris qu’aux États-Unis [4] (où elle séjournera à plusieurs reprises), les années 50 et 60 seront surtout pour elle une longue période de recherches et d'expérimentations. C'est probablement un séjour dans le New York de la fin des années 60 qui déclenche sa première série d'oeuvres vraiment originale, de grands collages sur isorel faits de papiers unis et déchirés. Peu après, au tournant des années 70, elle entame son travail d'encre sur papier - où les taches qu'elle jette sur le blanc du papier s'organisent entre ordre et désordre, avec un mélange de gravité et d'humour qui n'appartient qu'à elle. Si ce travail l'accompagnera pour le reste de sa vie, sa recherche demeurera constante, l'amenant par exemple à réaliser d'impressionnants monochromes noir sur noir dès 1973, puis à élargir le registre des matériaux qu'elle emploie, ajoutant à l'encre de Chine le pastel gras ou sec, la mine de plomb, le fusain et la craie.

1973 marque une autre rupture notable dans son travail, puisqu'elle se lance alors dans le tissage ou le tricotage de vastes ensembles de cordes qui s'affineront petit à petit en mailles de chanvre (parfois teinté d'encre de Chine) puis de crins de cheval (1978 à 1981). Tout au long des années 80, ces oeuvres s'amenuiseront pour prendre finalement la forme de sculptures presque unidimensionnelles : le crin dessine alors des boucles plus ou moins serrées sur un fil de nylon horizontal tendu entre deux pointes fichées dans le mur, et pouvant avoir jusqu'à plusieurs mètres de long [5].

Le travail de Pierrette Bloch sur les matériaux textiles aura au moins deux conséquences sur son travail de peintre. D'abord, les formes d'écriture abstraite que font le chanvre ou le crin noué ou tissé trouveront leur équivalent sur le papier, les boucles d'encre s'y succédant comme autant de lignes sur une page. Elle consacrera par exemple en 1986 une remarquable série de dessins de boucles écrites sur papier à lettres. Puis son travail sur l'horizontale aura une forme d'aboutissement dans les lignes de papier qu'elle réalise à partir de 1994 et pendant une dizaine d'années. Sur des formats très allongés (plusieurs mètres, le plus souvent, et jusqu'à plus de dix mètres), elle inscrit à l'infini ses points à l'encre de Chine, créant ainsi sur ces lignes de papier un rythme et un territoire qu'elle nomme « lieu d’incertitude » [6]. La dernière décennie de sa vie la verra se lancer dans des projets de plus en plus libres, où son art de la répétition s'intensifiera, à la fois dans une pauvreté de moyens toujours accrue, mais aussi dans la réalisation de polyptyques de grand format qu'elle montrera à la Galerie Karsten Greve à l'occasion de la FIAC 2015 puis de son exposition à caractère rétrospectif de 2017 [6].

Décédée en juillet 2017 dans son appartement parisien, elle repose au Cimetière du Père-Lachaise.

Prix[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Prix Maratier 2005 de la fondation Pro-MAHJ pour l’ensemble de son œuvre.

Sélection d'expositions[modifier | modifier le code]

  • 1949 : Salon des surindépendants, Paris.
  • 1951 : Hacker Gallery, New York, USA.
  • 1963 : Peintures récentes, Galeries Georges Bongers, Paris.
  • 1971 : Collages, Galerie La Roue, Paris.
  • 1976 : Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d'Olonne.
  • 1978 : Encres et mailles, Galerie de France, Paris.
  • 1986 : Lignes, mailles et fils de crin, Galerie Faust, Genève, Suisse.
  • 1987 : Musée d'Art Moderne, Troyes.
  • 1993 : Lignes et dessins de crin, Galerie Rosa Turetsky, Genève, Suisse.
  • 1998 : Maison des Arts Georges-Pompidou, Cajarc.
  • 1999 : Rétrospective, Musée de Grenoble.
  • 1999 : Musée des Beaux-Arts, La-Chaux-de-Fonds, Suisse.
  • 2002 : Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou, Paris.
  • 2003 : Lignes et crins, Musée Picasso, Antibes.
  • 2004 : Œuvres récentes, Galerie Frank Elbaz, Paris.
  • 2005 : Galerie Stadtpark, Krems, Autriche.
  • 2007 : Collages 1953-1977, Galerie Lucie Weill & Seligmann, Paris.
  • 2009 : Musée Fabre, Montpellier.
  • 2010 : Participation à l'exposition « On line », MOMA, New York, USA.
  • 2011 : Galerie Karsten Greve, Cologne, Allemagne.
  • 2011 : Œuvres de 1975 à 2011, Galerie Rosa Turetsky, Genève, Suisse.
  • 2013 : Rétrospective, Musée Jenisch, Vevey, Suisse.
  • 2014 : Punkt, Linie, Poesie, Museum Pfalzgalerie, Kaiserslautern, Allemagne.
  • 2015 : Œuvres récentes, Galerie Karsten Greve, Paris
  • 2017 : Un certain nombre d’œuvres. 1971-2016, Galerie Karsten Greve, Paris[6].
  • 2018 : Quelques traits, Galerie Karsten Greve, Paris.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BnF.
  2. « Mort de Pierrette Bloch, l'artiste du “presque rien” », Télérama, 7 juillet 2017.
  3. (en) « Pierrette Bloch », extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Art Online, (ISBN 9780199773787)
  4. Temps réels le Nouvel Obs Culture, Pierrette Bloch ou l'abstraction poétique
  5. Madelaine Saliceti, « Pierrette Bloch, « reine de la nuit » », Beaux Arts,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2018)
  6. a b et c Œuvres récentes de Pierrette Bloch - galerie Karsten Greve sur artistikrezo.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pamela Lee, Julie Enckell-Julliard, Catherine de Zegher, Nicolas Muller, Laurence Schmidlin, Pierrette Bloch, Éditions Ringier, 2013.
  • Pierrette Bloch, Discours & Circonstances, Éditions Méridianes, 2013.
  • Marie-Jo Bonnet, Les Femmes artistes dans les avant-gardes, Éditions Odile Jacob, 2006.
  • Alfred Pacquement, Olivier Kaeppelin, Yves le Fur, Lignes d'encre, lignes de crin, Centre Pompidou, 2002.
  • Pierre Encrevé, L'ombre de l'écriture, Entretien avec Pierrette Bloch, Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc, 1998.
  • Françoise Cachin-Nora in Cimaise, n°127-128, 1976.
  • Dictionnaire Bénézit.

Liens externes[modifier | modifier le code]