Pierre de Latilly

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Pierre de Latilly (mort en 1328), est un légiste français du début du XIVe siècle ayant occupé les fonctions de Chancelier de France sous Philippe IV le Bel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un légiste de Philippe le Bel[modifier | modifier le code]

Pierre de Latilly est né à Latilly à une date inconnue. Juriste de formation, il devient clerc et consacre sa carrière au service de la royauté. Parallèlement, il est chanoine à Tournai, Soissons (de 1292 à 1294) et enfin Paris. Il est en 1290 collecteur de la taxe sur l'acquisition des fiefs au sein de deux bailliages, celui de Gisors et celui de Senlis. Il effectue de très nombreuses missions, en Flandre, à Toulouse, à Mâcon, etc.

En 1297 on le retrouve en Languedoc où il organise des levées d'impôts. Quatre ans plus tard, il préside les saisies des biens des juifs. Spécialiste en fiscalité et agent fidèle de l'état royal naissant, il détermine l'assiette fiscale, gère les transferts de fonds et se montre intraitable en ce qui concerne le recouvrement des impôts, même envers les pauvres, ce qui le rend très impopulaire.

À partir de 1305, il effectue un nombre impressionnant de missions diplomatiques pour le roi Philippe IV le Bel. Il discute entre autres de l'affaire de l'Ordre du Temple avec le pape Clément V, est envoyé trois fois en Angleterre et tente de resserrer les liens fragiles avec le roi des Romains Henri VII. Il est l'un des artisans d'un traité signé avec celui-ci en 1311. En 1307 il occupe le poste de trésorier dans la ville d'Angers.

Chancelier de France[modifier | modifier le code]

Personnage discret mais influent de l'entourage du roi, Latilly est sans doute son principal conseiller en matière fiscale. Le 26 avril 1313 il est nommé au poste important de chancelier de France en lieu et place de Guillaume de Nogaret décédé. Malgré cette élévation, Latilly ne néglige pas ses affaires et garde sa propre clientèle juridique privée, notamment à Soissons.

Quelques mois plus tard il devient évêque de Chalons, ville dont il était déjà l'archidiacre. Ce siège lui permet de devenir pair ecclésiastique de France.

Chute et procès[modifier | modifier le code]

À la mort de Philippe IV, le 29 novembre 1314, Latilly est une des victimes de la réaction menée par Charles de Valois, à qui le nouveau roi Louis X abandonne le pouvoir, contre les anciens conseillers du feu roi, en particulier Enguerrand de Marigny. Latilly est destitué de son poste de chancelier, charge donnée à Étienne de Mornay, chancelier du comte de Valois. Il est ensuite emprisonné sous prétexte d'être soupçonné d'avoir empoisonné « par maléfices » son prédécesseur au siège épiscopal de Chalons, Jean de Châteauvillain ainsi que feu le roi Philippe en personne. Toutefois, Latilly demande à être jugé selon la juridiction religieuse, ce qui lui permet de faire traîner l'instruction en longueur.

En octobre 1315, un concile se réunit finalement à Senlis pour le juger. Préalablement, Latilly a obtenu d'être remis en liberté et de pouvoir disposer à nouveau de ses biens. Puis il demande des compléments d'information sur les faits qui lui sont reprochés, ce qui a pour conséquence la prorogation du procès. Quelque temps après, trois femmes suspectées d'avoir empoisonné l'ancien évêque de Chalons sont brûlées vives à Paris.

La mort de son ennemi juré Louis X en le tire d'embarras. Le procès qui se tient finalement à Senlis en 1317 l'absout et lui permet de retrouver son siège épiscopal.

Fin de carrière à l'évêché de Chalons[modifier | modifier le code]

Il s'occupe ensuite sans soucis majeurs de son évêché, Charles IV le Bel lui octroyant même en 1322 des sommes d'argent que lui devait la couronne sur ses gages de chancelier.

Il meurt le 15 mars 1328, quelques semaines après le roi Charles IV. On peut voir sa pierre tombale à la Cathédrale de Châlons.

Sceau[modifier | modifier le code]

Onservé aux Archives nationales : cote CH1549 dans l'inventaire des sceaux de Champagne par Auguste Coulon.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Pêcheur, Pierre de Latilly, chancelier de France, et évêque de Câlons dans Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, t.I, 2e série, 1867, p.218-229.
  • Abbé Kwanten, Pierre de Latilly, évêque de Châlons (1313-1328), dans Mémoires de la SACSAM, t.92 1977, p.105-113.
  • Jean-Pierre Ravaux, Les évêques de Châlons des origines à 1789, dans : Mémoires de la SACSAM, t.98, 1983, p.49-121
  • Franck Collard, La cosse envenimée: Fortunes et infortunes de Pierre de Latilly ... dans : Études Marnaises éd. SACSAM, Tome CXXIX, Année 2014, pp.40-52.

Sources[modifier | modifier le code]