Pierre de L'Estoile

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Statue de Pierre de l'Estoile sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris par Martial Thabard, XIXe siècle

Pierre de L'Estoile, né à Paris en 1546 et mort le 7 octobre 1611 est un mémorialiste et un collectionneur français.

Il a écrit un journal qui sert de chronique aux règnes d'Henri III et Henri IV. Ce document constitue une source unique pour l'étude historique des guerres de religion.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la grande bourgeoisie parisienne, Pierre de l'Estoile (ou de l'Étoile) appartient au cercle de la grande magistrature. Il eut pour précepteur Mathieu Béroalde, chez qui il connut l'écrivain protestant Agrippa d'Aubigné. C'est à Bourges qu'il étudia le droit (1565). Il exerça de 1566 à 1601 la charge d'audiencier à la chancellerie de France. Son emprisonnement en 1589 s'explique par le fait qu'il passait pour un proche des « Politiques »[1]. Il vend sa charge en 1601.

Il fut inhumé dans l'église Saint-André-des-Arts à Paris.

Il est le père de Claude de L'Estoile, un des premiers membres de l'Académie française (1597-1672).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pierre de L'Estoile a laissé des Mémoires-Journaux (1574-1611) qui sont un précieux témoignage sur les règnes de Henri III et Henri IV. Y sont intégrés d'autres textes (des sonnets, des pamphlets).

Ce Journal n'était pas destiné à la publication. On en a extrait le Journal de Henri III, publié en 1621 par Louis Servin, et en 1744 par Nicolas Lenglet Du Fresnoy ; et le Journal de Henri IV, paru à La Haye, 1741.

  • Registre-journal du règne de Henri III, édition établie par Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, Genève, Droz, collection « Textes littéraires français », 1992-2003, 6 volumes.
  • Journal de Henry III, Roy de France et de Pologne : ou Mémoires pour servir à l'histoire de France.
  • Registre-journal du règne de Henri IV. Tome I (1589-1591), édition établie par Gilbert Schrenck, Xavier Le Person et Volker Mecking, Genève, Droz, collection « Textes littéraires français », no 609, 2011, 352 p[2].
  • Les Belles figures et drolleries de la Ligue, édition établie par Gilbert Schrenck, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le parti politique rassemblait les catholiques modérés favorables à un pouvoir royal fort. En 1589, ils étaient ralliés à Henri IV de France en dépit du fait que celui-ci fût de religion protestante.
  2. L'édition de 1837 est en ligne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Michel Chopard, « En marge de la grande érudition, un amateur éclairé : Pierre de L'Estoile », dans Histoire et littérature : les écrivains et la politique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Publications de l'Université de Rouen. Série littéraire » (no 42), , 418 p. (présentation en ligne), p. 205-235.
  • Florence Greffe et José Lothe (préf. Henri-Jean Martin), La vie, les livres et les lectures de Pierre de L'Estoile : nouvelles recherches, Paris, Honoré Champion, coll. « Pages d'archives » (no 15), , 1180 p. (ISBN 2-7453-0912-9, présentation en ligne).
  • Margaret M. McGowan, « « La conversation de ma vie » : la voix de L'Estoile dans les Registres / Journaux », dans Travaux de Littérature offerts en hommage à Noémie Hepp, Paris, Publications de l'ADIREL / Les Belles Lettres, 1990, p. 249-259.
  • Fanny Marin, « La fortune éditoriale des Registres journaux des règnes de Henri III et Henri IV de Pierre de L'Estoile », Nouvelle Revue du XVIe siècle, Genève, Librairie Droz, vol. 20, no 2,‎ , p. 87-108 (JSTOR 25598972).
  • Gilbert Schrenck, « L'image du prince dans le Journal du règne de Henri III de Pierre de L'Estoile, ou l'enjeu d'une écriture », dans L'image du souverain dans les Lettres françaises, 1985, p. 15-25.
  • P. M. Smith, « Les Mémoires de Pierre de l'Estoile dans la bibliothèque du duc de Saint-Simon », Cahiers Saint Simon, no 40 « Les Mémoires de la bibliothèque du duc de Saint-Simon »,‎ , p. 13-24 (lire en ligne).
  • Gilbert Schrenck, « Pierre de L'Estoile et Montaigne, ou la lecture en miettes », dans Esculape et Dionysos. Mélanges en l'honneur de Jean Céard, Genève, Droz, 2008, p. 155-163.
  • P. M. Smith, « La méthode de travail de Pierre de L'Estoile », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, Genève, Librairie Droz, t. 29, no 1,‎ , p. 153-156 (JSTOR 41610254).
  • Roger Trinquet, « La méthode de travail de Pierre de L'Estoile », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, Genève, Librairie Droz, t. 17, no 2,‎ , p. 286-291 (JSTOR 20673771).
  • Myriam Yardeni, « Histoire et petite histoire chez Pierre de L'Estoile », dans Danièle Bohler et Catherine Magnien-Simonin (dir.), Écritures de l'Histoire (XIVe-XVIe siècle) : actes du Colloque du Centre Montaigne, Bordeaux, 19-21 septembre 2002, Genève, Librairie Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance » (no 406), , 568 p. (ISBN 978-2-600-01011-5, présentation en ligne), p. 193-202.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]