Pierre de L'Estoile

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Statue de Pierre de l'Estoile sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris par Martial Thabard, XIXe siècle

Pierre de L'Estoile, né à Paris en 1546 et mort le 7 octobre 1611 est un mémorialiste et un collectionneur français.

Il a écrit un journal qui sert de chronique aux règnes d'Henri III et Henri IV et qui constitue depuis son édition, une source unique pour l'étude historique des guerres de religion.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la grande bourgeoisie parisienne, Pierre de l'Estoile (ou de l'Étoile) appartient au cercle de la grande magistrature. Il eut pour précepteur Mathieu Béroalde, chez qui il connut l'écrivain protestant Agrippa d'Aubigné. C'est à Bourges qu'il étudia le droit (1565). Il exerça de 1566 à 1601 la charge d'audiencier à la chancellerie de France. Son emprisonnement en 1589 s'explique par le fait qu'il passait pour un proche des « Politiques »[1]. Il vend sa charge en 1601.

Il fut inhumé dans l'église Saint-André-des-Arts à Paris.

Il est le père de Claude de L'Estoile, un des premiers membres de l'Académie française (1597-1672).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pierre de L'Estoile a laissé des Mémoires-Journaux (1574-1611) qui sont un précieux témoignage sur les règnes de Henri III et Henri IV. Y sont intégrés d'autres textes (des sonnets, des pamphlets).

Ce Journal n'était pas destiné à la publication. On en a extrait le Journal de Henri III, publié en 1621 par Louis Servin, et en 1744 par Nicolas Lenglet Du Fresnoy ; et le Journal de Henri IV, paru à La Haye, 1741.

  • Registre-journal du règne de Henri III, édition établie par Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, Genève, Droz, collection « Textes littéraires français », 1992-2003, 6 volumes.
  • Journal de Henry III, Roy de France et de Pologne : ou Mémoires pour servir à l'histoire de France.
  • Registre-journal du règne de Henri IV. Tome I (1589-1591), édition établie par Gilbert Schrenck, Xavier Le Person et Volker Mecking, Genève, Droz, collection « Textes littéraires français », no 609, 2011, 352 p[2].
  • Les Belles figures et drolleries de la Ligue, édition établie par Gilbert Schrenck, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le parti politique rassemblait les catholiques modérés favorables à un pouvoir royal fort. En 1589, ils étaient ralliés à Henri IV de France en dépit du fait que celui-ci fût de religion protestante.
  2. http://www.droz.org/fr/livre/?GCOI=26001100607870

L'ensemble des auteurs figure sur la couverture du livre. Erreur de catalogage de l'éditeur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mémoires-journaux de Pierre de L'Estoile. Édition pour la première fois complète et entièrement conforme aux manuscrits originaux, Ulan Press, t. I, 2012, 418 p. ; t. II, 2013, 430 p. ; t. III, 2013, 402 p. ; t. V, 2012, 400 p.

Études[modifier | modifier le code]

  • Roger Trinquet, « La méthode de travail de Pierre de L'Estoile » in Bibliothèque d'Humanisme et de Renaissance, vol. 17, 1955, p. 286-291.
  • M. Chopard, « En marge de la grande érudition, un amateur éclairé, Pierre de L'Estoile » in Histoire et Littérature. Les écrivains et la politique, Paris, Presses universitaires de France, 1977.
  • Gilbert Schrenck :
    • « L'image du prince dans le Journal du règne de Henri III de Pierre de L'Estoile, ou l'enjeu d'une écriture » in L'image du souverain dans les Lettres françaises, 1985, p. 15-25.
    • « Pierre de L'Estoile et Montaigne, ou la lecture en miettes » in Esculape et Dionysos. Mélanges en l'honneur de Jean Céard, Genève, Droz, 2008, p. 155-163.
  • Fanny Marin, « La fortune éditoriale des Registres journaux des règnes de Henri III et Henri IV de Pierre de L'Estoile » in Nouvelle Revue du XVIe siècle, 20/2 - 2002, p. 87-108.
  • Florence Greffe et José Lothe, La vie, les livres et les lectures de Pierre de L'Estoile. Nouvelles recherches, Paris, Honoré Champion, 2004, 1182 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]