Pierre Thibaudeau

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Pierre Thibaudeau
Biographie
Naissance
Décès

Pierre Thibaudeau, Thibodeau ou Thibeaudeau[1] né vers 1631, mort le 26 décembre 1704 à la Prée-Ronde - Port-Royal)[2] est un pionnier de l'Acadie historique (1604-1755). Le titre de meunier de la Prée-Ronde fit sa renommée[3].

Ses parents ne sont pas connus[4]

Ses descendants en Amérique du Nord prendront une des 44 formes du nom de famille dont les plus fréquentes sont : Thibaudeau, Thibodeau, Thibodaux, Thibaudeault, Thibidau, Thibadau, etc.

Arrivée de Pierre Thibaudeau en Acadie[modifier | modifier le code]

Pierre a été engagé par Emmanuel Le Borgne de Belle-Isle à titre de colon stable. Il déclare alors avoir 23 ans. Le Borgne lui verse une avance de 30 livres tournois avant le départ de La Rochelle. L'aller et le retour étant payés, Pierre s'engage pour trois ans moyennant 80 livres tournois (16$) par année.

Le 25 mars 1654, Louis II de Vendôme met à la disposition d'Emmanuel Le Borgne, un navire de 300 tonneaux, le Châteaufort, armé en guerre. Un marchand de La Rochelle, le Sieur Guibeau commande le navire. Celui-ci est chargé de provisions, d'armes et de munitions.

Il arrive en Acadie à la fin de mai 1654. Le Borgne, principal créancier de Charles de Menou d'Aulnay, un des principaux colonisateurs de l'Acadie et décédé depuis deux ans, s'empare de plusieurs établissements et prend possession la même année, de Port-Royal. Néanmoins, le 31 juillet, le major anglais Sedgwick arrive à Port-Royal avec une flotte de bateaux et 500 soldats. Après deux semaines de résistance, les Acadiens capitulent.

Installation de Pierre Thibaudeau en Acadie[modifier | modifier le code]

La vie en Acadie suit tout de même son cours et Pierre Thibaudeau acquiert en cette année 1654, une large concession de terre "dans-le-haut de la rivière du Dauphin", près de Port-Royal. Le site porte le nom de la Prée-Ronde et portera également le nom "Village des Thibaudeau". Il est situé à dix kilomètres de l'embouchure de la Rivière Port-Royal, au cœur de la vallée du même nom. Le site est connu aujourd'hui comme Round Hill, Nouvelle-Écosse. Il y installe une maison avec des bâtiments de ferme et un moulin à blé et à planches, actionné par un proche cours d'eau dit "Des-Loups-Marins".

Le 5 mai 1660, Pierre épouse Jehanne Terriau, fille de Jean et de Perrine Bourg tous deux d'origines inconnues. Jehanne naît en 1644 à Port-Royal. Pierre, frère de Jehanne, est à l'origine de l'établissement de Grand-Pré (Saint-Charles les Mines et Saint-Joseph de la Rivière aux Canards). (https://www.acadienouvelle.com/etc/gensdici/2016/12/04/racines-acadiennes-jean-theriot-perrine-rau/?pgnc=1).

Marchand de fourrures, colonisateur, cultivateur, meunier, scieur et ouvreur d'établissement, Pierre Thibaudeau fonde avec ses fils, le village de Chipoudie (aujourd'hui Riverside-Albert, Nouveau-Brunswick). Ils y érigent une église sur le site connu aujourd'hui sous le nom de Church creek et un moulin à farine à l'endroit où se trouve maintenant Mill creek. Ils participent également au développement des Trois-Rivières, soit la région de Chipoudie, Petcoudiac et de Memramcouche.

Pierre obtient du Gouverneur de la Nouvelle-France, M. de Frontenac et par l'Intendant Champigny, le 20 juin 1695, la concession de la seigneurie de Kaouaskagouche (Vraskagache), entre l'île Monts-Déserts et Majois (Machias) en Acadie (aujourd'hui dans l'État du Maine), un peu à l'est de Pentagouet. Ce territoire est situé en bordure de la rivière dite aujourd'hui Narraguagus et mesure 2 lieues (8.9 km) de profondeur et de 1 lieue (4.4 km) de chaque côté de la rivière, incluant les îles. Cette concession a reçu confirmation par brevets royaux émis à Versailles.

En 1699, Pierre achète un moulin à scie qu'il fait venir de Boston. Il l'installe en 1700 à Chipoudie. La concession qu'il revendique à cet endroit mesure 2,5 km de chaque côté de la rivière et 10 km de profondeur. Des difficultés avec le seigneur de Beaubassin, M. de la Vallière fera en sorte qu'il n'obtiendra jamais les titres et privilèges de ce territoire. M. de la Vallière revendique le lieu et possède plus d'influence auprès de l'autorité royale française.

Les enfants de Pierre et de Jehanne s'installe à la Prée-Ronde, à Chipoudie et dans la région de Grand-Pré et de Pigiguit. En 1755, tous les descendants sont déportés. Ils se retrouvent en Nouvelle-Angleterre, au Québec, en Louisiane et dans le Madawaska.

En 1981, un monument est érigé en l'honneur de Pierre Thibaudeau sur le site de la Prée-Ronde. M. J.L. Martin, directeur du Musée de la Nouvelle-Écosse a fourni la plaque commémorative en collaboration avec l'association historique d'Annapolis Royal et de la Société historique acadienne de la Baie-Sainte-Marie.

Son origine en France[modifier | modifier le code]

On retrouve de fait des familles Thibaudeau dès le XVe siècle près d'Olonne en Bas-Poitou dont Guillaume Thibaudeau, né vers 1420 près d'Olonne-sur-Mer. Il est nommé dans un document du 15 septembre 1456, à titre de donateur à l'abbaye Saint-Jean d'Orbestier, situé à cinq km au sud d'Olonne[5].

Près de Saintes en Saintonge, on retrouve Richard Thibaudeau, né avant 1450 en Saintonge et décédé fin 1502, maître chirurgien et négoce, sieur du Cormier. Il épouse vers 1470, Jeanne Soumaire. Ils ont plusieurs fils dont Jean, né vers 1470, bachelier es lois, maire de Saintes, capitaine, Enquêteur du roy 4 janvier 1521 à Saintes, seigneur du château le Cormier de Saintes, décédé vers 1530 à Saintes, il épouse Jeanne De Prahec, vers 1500.

D'autres familles habitent près de Loudun ( à cette époque Anjou/Généralité de Touraine ) dont Vincent, Jacquet, Colas et Antoine Thibaudeau, tous nés vers 1460 à Ternay. Ils sont inscrits en 1491 à titre de vigneron au terrier du registre du domaine de Ternay, situé près de Loudun. Les liens de parenté ne sont pas définis.

À partir du XVIe siècle, on trouve le nom de famille autour de La Rochelle (Aunis), entre Nantes (Bretagne), Angers (Anjou), Tours (Touraine), Poitiers (Poitou), Angoulême (Angoumois) et Bordeaux (Guyenne).

François-Edme Rameau de Saint-Père, en 1859, dans son livre intitulé Une colonie féodale en Amérique, affirme que Pierre Thibaudeau est originaire du Poitou mais sans références cela reste une hypothèse. Certains généalogistes le disent natif soit de Saint-Étienne de Marans en Aunis, de Loudun, en Poitou, ou encore de Saint-Jacques les Moutiers les Mauxfaits, en Bas-Poitou mais sans document ni le nom de ses parents cela reste une hypothèse.

Le Poitou était une des plus vastes régions de l'ancienne France. Il s'étendait du Berry et du Limousin jusqu'à l'Océan Atlantique sur un largeur de plus de 300 km. Depuis longtemps existait un clivage entre la partie Est, le Haut-Poitou avec Poitiers comme centre principal, et la partie Ouest, le Bas-Poitou dont Fontenay-le-Comte a le titre de principal agglomération. Au moment de la Révolution française, la Province de Poitou a été découpée en trois départements. Le Haut-Poitou a donné naissance à la Vienne et aux Deux-Sèvres tandis que le Bas-Poitou devenait la Vendée. L'Aunis est situé au sud du Poitou et à l'ouest de la Saintonge.

L'origine du groupe de personnes qui accompagne en Acadie le Sieur d'Aulnay (originaire de Charnizay en Touraine) , entre 1636 et 1650 reste à ce jour inconnue. À la mort d'Aulnay, son créancier, Emmanuel Le Borgne prend la relève du peuplement de l'Acadie. Le Borgne est originaire de Picardie (au nord de Paris) et marchand à La Rochelle. Pierre Thibaudeau est embauché par ce dernier en début l'année 1654. Son âge est déclarée lors de son engagement (23 ans) et il y a aucune mention de ses parents ni de son lieu d'origine.

Mathurin Thibaudeau et Marie Dolbeau, de St-Jacques-les-Moutiers-les-Mauxfaits en Vendée ou encore Mathurin Thibaudeau et Marie Miet de Marans sont fréquemment désignés à titre de parents de Pierre, leur fils Mathurin s'étant installé en Nouvelle-France vers 1660. Aucun document ne permet néanmoins de relier ce dernier ou ses parents à Pierre Thibaudeau. Des familles portant le patronyme Thibaudeau sont répertoriées au début XVIIIe siècle aux Archives départementales de la Vendée et dans la région de Nantes, Pays de la Loire. Les familles de Vendée habitent les villages de La Mothe-Achard, des Sables-d'Olonne, etc. tous situés près de Saint-Jacques les Moutiers les Mauxfaits ou encore les communautés du Marais Poitevin, un peu au nord de St-Étienne de Marans et de La Rochelle, au sud de Fontenay-le-Comte et à l'ouest de Niort, et sur l'île d'Oléron.

Sa descendance en Amérique et en Europe[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Le nombre de personnes vivantes en France et portant ce patronyme représente plusieurs milliers d'individus. La plupart se retrouve dans le Pays de la Loire (principalement en Vendée) et en Poitou-Charentes (Deux-Sèvres, Charente et Charente-Maritime). Il est à noter que ceux-ci ne descendent pas de l'ancêtre acadien. Ils sont du moins cousins, reliés aux parents (non formellement identifiés) de Pierre Thibaudeau, quelque part dans le temps.

Plusieurs descendants de Pierre Thibaudeau se sont néanmoins installés en France à la suite de leur expulsion forcée de l'Acadie en 1755 (voir Déportation des Acadiens).

Depuis les années 2000 la famille Thibaudeau a emménager au Havre Jean-Marc Thibaudeau et sa femme Annick Thibaudeau. Thibaudeau fils de Michel Thibaudeau et d'Edith Tibaudeau. En 1970 naquit Florence Thibaudeau connu sous le nom de Florence Thibaudeau Rainot et quelques années plus tard Arnaud Thibaudeau.

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Le nombre de personnes vivantes en Amérique et portant ce patronyme pourrait être de plus de 20 000. Ils sont tous descendants de Pierre Thibaudeau (1631-1704) et de Jehanne Terriau (1644-1726). On en retrouve environ 12 000 aux États-Unis dont près de 3000 dans les États de la Nouvelle-Angleterre, autant en Louisiane et dans les États environnants. Le reste est réparti dans le Nord-Ouest, entre les États du Wisconsin, Minnesota et Montana, en Californie, au Nevada, Colorado, Alaska et Nebraska.

On en retrouve plus de 8000 au Canada dont plus de 4000 au Québec; le reste étant distribué principalement au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et en Ontario. La plupart des descendants vivants aux États-Unis ont maintenant adopté la langue anglaise tandis que ceux du Québec et la plupart de ceux des Maritimes canadiennes ont conservé la langue française.

Le nombre de descendants de Pierre Thibeaudeau portant ou non son patronyme peut représenter de un à deux millions de personnes ayant vécu entre la fin du XVIIe siècle et maintenant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement de l'Acadie de 1671 orthographe du recenseur
  2. http://inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080/inventaire/listPersonnageAlpha.do?letter=t&offsetIndex=20
  3. Dictionnaire biographique du Canada
  4. Voir la note au chapitre 3 Son_origine_en_France
  5. Archives historiques du Poitou, Poitiers 1877, Catalogue général des cartulaires des archives départementales 1847, Orbestier.
  • Histoire et généalogie des Acadiens, Bona Arsenault, Éditions Léméac, 1978
  • Une colonie féodale au Canada, François-Edme Rameau de Saint-Père, 1877
  • Le Grand Arrangement des Acadiens au Québec, Adrien Bergeron, Éditions Élisée
  • Thibodeau Family, Fidèle Thériault, Telegraph-Journal, Fredericton, N.B. August 10, 1994
  • Cahiers de M. Maillot, document portant sur les familles répertoriées aux archives départementales de la Vendée.
  • Famille hôtesse Thibodeau, Fidèle Thériault, Telegraph-Journal, Frédéricton, Nouveau-Brunswick, 10 août 1994
  • Réunion de famille Thibodeau, Grande famille acadienne 1984, par la Société historique de Madawaska, 43 pages
  • L'Acadie de 1686 à 1784, Naomi E.S. Griffiths, Éditions de l'Acadie, 1997, (ISBN 2760003302)
  • Familles Acadiennes, Léopold Lanctôt, o.m.i. tomes I et II, Éditions du Libre-Échange (ISBN 2894120036)
  • Histoire des Acadiens, Bona Arsenault, Éditions Fides, 1994, (ISBN 2762117321)
  • Histoire du Madawaska, Thomas Albert, La Société historique du Madawaska, Hurtubise HMH 1982, (ISBN 2890455262)
  • Thibodeau Family Reunion, Madawaska Historical Society, 1984
  • L'Acadie des origines, Léopold Lanctôt, o.m.i., Éditions du Fleuve, Montréal, 1988