Pierre Scize

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Pierre Scize
Nom de naissance Michel-Joseph Piot
Naissance à Pont-de-Chéruy
Décès à Melbourne (à 62 ans)
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Journaliste, chroniqueur judiciaire, critique cinéma et théâtre.
Distinctions
Légion d'honneur à titre militaire
Descendants
Michel Piot, son fils, journaliste chroniqueur gastronomique (1939-2015). Petite-fille, Hélène, également journaliste.

Pierre Scize, de son vrai nom Michel-Joseph Piot, né le 17 février 1894 à Pont-de-Chéruy, mort accidentellement à Melbourne (Australie) le 10 décembre 1956, est un journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa vocation première le conduisant vers le théâtre, il prit des cours au conservatoire de Lyon dès 1912. Mais dès les premiers mois de la Première Guerre mondiale, un obus ennemi allait l’amputer totalement du bras gauche et mettre un terme brutal à ses projets de scène. Après une longue convalescence, il retrouva le front des opérations avec le titre de régisseur du Théâtre aux Armées.

Le metteur en scène et comédien Jacques Copeau ayant eu l’occasion de le remarquer, lui proposa après l’Armistice de le suivre, dans le même emploi, à New York pour une longue tournée d’après-guerre qui se révéla triomphale. À son retour, Michel-Joseph Piot (il n’était pas encore Pierre Scize) eut l’idée d’écrire le récit de ce voyage, ce texte tomba sous les yeux du directeur du journal L'Œuvre, qui proposa de le publier. Ainsi notre homme naquit-il au journalisme.

La naissance de son pseudonyme est originale. Le grand journaliste Jean Piot (aucune parenté mais beaucoup d’amitié) écrivait déjà à L’Œuvre. Un des deux Piot devait donc trouver une autre signature. Le sort tomba logiquement sur le plus récemment entré au journal. Un jour qu’il flânait sur le vieux quai Pierre Scize à Lyon, Michel Joseph se dit qu’il pourrait en faire un prénom et un nom. Car à l’origine, le quai Pierre Scize ne devait rien à un homme mais signifiait un lieu dit : la « pierre sciée » (À l'époque romaine, on fit tailler le rocher de Thune, qui formait une avancée dans la Saône, afin d'aménager une voie sur la rive droite de la rivière. Ainsi le lieu fut-il appelé petra incisa, soit en français « pierre encize » ou « pierre scize »). C’est sans doute le seul exemple qu’un homme prenne le nom d’un quai au lieu de le lui donner.

Après L’Œuvre, Bonsoir, puis Paris-Journal le journal de Jacques Hébertot dont il fut rédacteur en chef, Maurice Maréchal, fondateur et directeur du Canard enchaîné, allait s’attacher le talent déjà reconnu de Pierre Scize. Mais en 1933 ce dernier allait être spectaculairement congédié de l’hebdomadaire satirique. Son crime ? Il venait de recevoir la Légion d'honneur, décernée à titre militaire pour le bras laissé au champ d’honneur. Or tout rédacteur s’engageait à refuser toute décoration officielle décernée à titre professionnel ou purement honorifique, ce qui n’était pas le cas en l’occurrence. Mais le Canard ne pouvait commencer à accepter les exceptions. Cette rupture, largement commentée, allait faire date dans l’histoire de la presse française du XXe siècle.

Pierre Scize travaille alors pour Candide (critiques cinéma et théâtre) et pour Paris Soir, où ses grands reportages aux quatre coins du monde élargissent sa notoriété. La Seconde Guerre mondiale le retrouve à Lyon, ville de toute sa jeunesse. Il y entre très vite dans la Résistance, non armée mais littéraire (nombreux articles dans la presse clandestine et organisation de réseaux de pensées, tous dirigés contre l’occupant). Il tisse alors un réseau d’amitié et de réconfort, matériel autant que moral, avec l’équipe rédactionnelle du journal le Figaro, jusqu'à ce que le quotidien national se saborde volontairement au début novembre 1942, après l’entrée des Allemands en zone libre.

Grands procès et Tour de France[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la guerre, Pierre Scize est tout naturellement invité à rejoindre le Figaro, redevenu un journal libre et parisien. Il va alors aborder un genre nouveau pour lui : la chronique judiciaire. Il couvre les grands procès de l’épuration, ceux de Pétain, de Nuremberg, du docteur Petiot, plus tard ceux de Marie Besnard, de Gaston Dominici, de Karl Oberg et Helmut Knochen, chefs de la police allemande en France, et tant d’autres, comptes rendus judiciaires qui en font vite le premier chroniqueur de son temps, ainsi que le diront de glorieux successeurs, tels que James de Coquet ou Frédéric Potecher. Parallèlement, il publie dans le Figaro de grandes enquêtes sur les problèmes de société de l’Après-guerre.Mais il va donner encore de nouvelles preuves de son éclectisme. En 1953, Pierre Brisson, le directeur du Figaro lui propose comme un amical pari d’écrire sur le Tour de France ! Or, à part de l’alpinisme au temps de ses deux bras, il n’a jamais pratiqué le moindre sport. Mais il accepte et va écrire, trois étés durant, de savoureuses chroniques sur l’ambiance et les à-côtés du Tour, laissant bien sûr la partie purement sportive de la grande épreuve cycliste à des confrères spécialisés. Ce genre assez nouveau dans la presse va inspirer au grand romancier Antoine Blondin vingt ans d’extraordinaires chroniques dans L'Équipe.

En 1956, Pierre Brisson demande à Pierre Scize de partir pour Melbourne et d’écrire sur les Jeux olympiques le même genre de chroniques que sur le Tour. Là encore, il va relever le défi. Mais le dernier jour des Jeux, à l’heure même où Alain Mimoun remporte la médaille d’or du marathon, Pierre Scize est renversé par une voiture et décède un peu plus tard à l’hôpital, à l’âge de 62 ans.

En dehors de sa considérable production journalistique, Pierre Scize a laissé quelques romans (Gens des Cimes, Pernette et son amour, Le plus bel ivrogne du quartier, La belle de Cargèse, L’or du temps), des essais et des récits (Lyon dans les Chaînes, Aux vendanges de Bourgogne, Rencontrés sur la route, Vingt Dieux de République, biographie libre de Georges Clemenceau, Au grand jour des Assises) et des pièces de théâtre (Dormez-vous ?, Gens de la Lune ).

Pierre Scize a eu trois enfants de son épouse, née Camille Bardot : Michel (1939), voir à la suite, Jacqueline (1946) et Françoise (1948). Il repose au cimetière de Bagnolet.

Son fils Michel, journaliste, lui a consacré un livre paru en 2013 aux éditions Baudelaire, Il s'appelait Pierre Scize. Sa petite-fille Hélène est également journaliste.

Trois générations[modifier | modifier le code]

Le fils aîné de Pierre Scize, aussi prénommé Michel, et sa petite-fille, Hélène Piot, sont également journalistes.

Michel Piot (1939-2015) a compté parmi les chroniqueurs gastronomiques et œnologiques de renom des dernières décennies du XXe siècle.

Du printemps 1972 à fin 1998, il a publié d'innombrables articles dans Le Figaro, où il tenait une rubrique hebdomadaire et disposait souvent de pages entières. Il collabora au Figaro Magazine et au Figaro Madame, fut rédacteur en chef de La Bonne Cuisine. Ayant pris sa retraite de journaliste "permanent", il demeura très actif, lié aux milieux de la table et du vin.

Pendant près de 25 ans (1981-2004), il présida très activement l'Association professionnelle des chroniqueurs et informateurs de la gastronomie et du vin (APCIG), avant d'en devenir président d'honneur.

Michel Piot, journaliste comme son père Pierre Scize, chroniqueur gastronomique très longtemps collaborateur du Figaro. Il a écrit ses souvenirs à Carteret, où il vivait en retraité très actif (nombreux voyages dans la "France gourmande" et les vignobles, tour du Monde). Il faisait depuis 1977 partie du jury de l'AAAAA. Ici, à la sortie d'une réunion à La Bonne Franquette, à Montmartre. À droite, Vincent Ferniot, l'animateur gastronome de Midi en France. Derrière lui, Gilles Amand, entrepreneur charcutier à Vire.

Michel Piot a été membre de l'Académie du vin de France, administrateur de l'association Saveurs de France-Saveurs d'Europe [1] , juré permanent de l'AAAAA depuis 1977 (il a assisté à toutes les réunions du jury de la 5A jusqu'à fin 2014).

"Bon peintre du dimanche", il vendit plusieurs de ses toiles réalisées dans le Cotentin.

Michel Piot a évoqué son père, Pierre Scize, dans les premiers chapitres d'un livre intitulé Et on vous payait pour ça, sous-titré Mémoires d'un critique gastronomique (première édition 2012, réédition 2014 aux éditions Baudelaire préfacée par Jacques Mailhot (ISBN 978-2-7563-2387-9). À sa manière tendre et truculente, il y a retracé l'ensemble de sa carrière dédiée au culte de la gourmandise.

Il a publié en 2013 une biographie du père perdu alors qu'il avait 17 ans, Il s'appelait Pierre Scize (lire ci-dessus).

Il est décédé le 28 septembre 2015 à Carteret, dans le Cotentin, où il est enterré.

Hélène Piot, fille de Michel, diplômée de l'ESJ-Lille [2], est chef de rubrique au magazine Régal. Troisième génération à se passionner pour le vin et la gastronomie, elle participe également à l'émission In Vino sur Sud radio.

Elle est l'auteur du Guide des vins du monde (éditions Marabout) et coauteur de 1900-2000, Un Siècle de Millésimes (éditions Fleurus). Elle est également coauteur d'un recueil de nouvelles, Sept filles en colère [3] (édition Les Petits Matin, 2006 [4]). Membre de l'APV, Association de la presse du vin [5] et de l'Apcig, elle est lauréate du Prix Amunategui-Curnonsky 2011 décerné par l'Apcig [6].

Livres[modifier | modifier le code]

Pierre Scize " Le ski " - Revue Mieux Vivre N°1 Janvier 1936

Sources[modifier | modifier le code]