Pierre Rebière

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Pierre Rebière, né le à Villac (Dordogne) et mort fusillé le (à 33 ans) au Mont Valérien, est un résistant français. Il a participé aux Brigades internationales en soutien à l'Espagne républicaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le militant communiste[modifier | modifier le code]

Fils d'un forgeron, Pierre Rebière est d'abord employé de restaurant avant d'être embauché aux usines Renault comme forgeron. En 1934, il adhère à la cellule communiste de l'entreprise. Il est blessé en avril au cours d'une bagarre entre membres du Front commun contre le fascisme, fondé par Gaston Bergery, et des militants d'extrême-droite. Il est licencié à la fin de l'année.

En , membre du comité de chômeurs du 16e arrondissement de Paris, boulevard Exelmans, où il demeure, il est appréhendé alors qu'il colle des affiches de l'Union des comités de chômeurs de la région parisienne.

Le soutien à l'Espagne républicaine[modifier | modifier le code]

En , il appartient à la délégation française qui négocie la constitution des Brigades internationales avec le ministre espagnol Diego Martínez Barrio. Commissaire du bataillon « Commune de Paris » de la 9e brigade, Pierre Rebière participe aux combats pour la défense de Madrid à la fin de 1936, puis à la bataille du Jarama durant laquelle il est blessé en . Rentré en France, il participe à l'organisation de l'aide à l'Espagne républicaine ; en 1938, il participe à la fondation de l'amicale des volontaires en Espagne républicaine (AVER), dont il devient trésorier et dont le siège est situé à son domicile au no 33 de la rue Poliveau dans le 5e arrondissement.

Lors du 9e congrès du Parti communiste qui se tient à Arles entre le 25 et le , il est élu membre suppléant du Comité central.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative sur l'immeuble parisien qui servait de planque à Pierre Rebière au no 59 de la rue Chardon-Lagache.

Mobilisé en , Pierre Rebière est démobilisé en Dordogne en . Il regagne Paris et entre dans la Résistance en novembre.

Il participe à la formation de l'Organisation spéciale (OS) du Parti communiste et en entraîne les premiers groupes. En août-, l’OS organise des attentats et des sabotages dans la région parisienne. Sous l'autorité du colonel Fabien, la direction décide de porter la lutte en province et d'envoyer trois commandos à Rouen, Nantes et Bordeaux. Pierre Rebière fait partie du commando de Bordeaux.

Le , lendemain de l’attentat contre le Feldkommandant de Nantes, Karl Hotz, il abat le conseiller juridique de l'administration militaire (Kriegsverwaltungsrat), Hans Gottfried Reimers. Tandis que 48 otages sont fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris, 51 le sont à Bordeaux, au Camp de Souge, les jours suivants. Parmi eux, des militants communistes, des syndicalistes, des militants du Mouvement de la Paix, d'anciens combattants en Espagne républicaine, des jeunes qui participaient aux Auberges de la Jeunesse, et d'autres soupçonnés d'être gaullistes.

Rebière devient membre du comité militaire national des Francs-tireurs et partisans (FTP) avec le grade de lieutenant-colonel. Il est alors chargé de créer l'état-major local des FTP. Il est également responsable de la propagande pour les régions Nord, Est et Ouest.

Il est arrêté le , au no 32 passage Montgallet par les brigades spéciales[1], torturé puis remis aux autorités allemandes le , de nouveau torturé et incarcéré à la prison de la Santé.

Du 24 août au se déroule à l'hôtel Continental à Paris, un simulacre de procès. Les 33 inculpés ont comme « défenseurs » des soldats allemands qui sont en fait les assesseurs des juges, des militaires allemands gradés. Dix-huit condamnations à mort sont prononcées, les autres peines consistant en des travaux forcés sur le territoire du Reich. Après la lecture du verdict, Rebière, l'un des responsables du réseau, prend la parole :

« Je suis fier de mourir pour la France, Je vous demande d'être fusillé deux fois, dont une à la place de mon camarade Gréau, père de cinq enfants[2]. »

Condamné à mort le , il est fusillé le suivant au Mont Valérien.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franck Liaigre, Les FTP.
  2. Les Bataillons de la jeunesse, Albert Ouzoulias, Éditions sociales, 1967.
  3. Rédaction et impression par « Coup de Pouce », Chaniers, suivant les documents de Claude Gréau et Pierre Coloignier (gendre d'Eugène Gréau).