Pierre Prier

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Pierre Prier
Nom de naissance Robert Paul Édouard Pierre Prier
Naissance
Rouen (Seine-Inférieure)
Décès (à 63 ans)
Neuilly-sur-Seine (Seine)
Origine Drapeau de la France France
Arme Roundel of France.svg Aéronautique militaire
Grade sergent
Années de service 1910-1950
Conflits Première Guerre mondiale
Autres fonctions ingénieur

Pierre Prier, né le à Rouen[1] (Seine-Inférieure) et mort le [2] à Neuilly-sur-Seine (Seine)[3], était un aviateur français, pionnier de l’aviation. Il a réalisé en 1911 la première liaison aérienne sans escale entre Londres et Paris, deux ans seulement après la première traversée de la Manche en avion par Louis Blériot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Belle Époque[modifier | modifier le code]

Pierre Prier nait dans une famille bourgeoise de Rouen. Son père est commissaire-priseur[4]. Il fait ses études classiques au lycée Corneille à Rouen[3], mais il se passionne davantage pour les bielles et pistons plutôt que pour les meubles et tableaux. Il fonde même le moto-club de Rouen. Il prend rapidement l’habitude de relier Paris à Rouen à moto[4]. Il étudie l’électricité et la mécanique industrielle à l'École Violet à Paris[3]. Il effectue son service militaire de 1907 à 1909 au bataillon de sapeurs-télégraphistes du Mont-Valérien (5e régiment du génie)[5].

Le , il obtient son brevet de pilote (numéro 169) sur aéroplane Blériot. Il est chef pilote et instructeur à l’école de pilotage Blériot implantée sur l’aérodrome de Grahame-White, à Hendon près de Londres[2]. Il apprend à piloter au directeur de l'école, Henri Salmet.

Le , à bord d’un monoplan Blériot à moteur Gnome de 50 ch, il réussit le premier vol sans escale entre Londres (aérodrome de Hendon) et Paris (aérodrome d'Issy-les-Moulineaux) en 3 heures et 56 minutes de vol[6]. Ce temps sera amélioré l'année suivante (1912) par Henri Salmet.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé comme sergent aviateur et affecté comme pilote de chasse à l'escadrille MS 57, créée à Lyon-Bron, le , qui vole sur Morane-Saulnier type L et LA. L’escadrille est commandée par le capitaine Alfred Zappelli, un Corse issu de l'infanterie. La toute jeune unité est affectée à l'aéronautique de la 10e armée qui est engagée sur le front d'Artois. Pierre Prier la rejoint le sur le terrain d'aviation installé près de la ferme de Neuville, à Bryas (Pas-de-Calais)[7].

En raison de son âge, Pierre Prier est rapidement réaffecté comme instructeur. Il lâche ses élèves, dont un certain Georges Guynemer, sur « Bébé » Nieuport. Il est courageux, cité à l’ordre du régiment, mais désapprouve la guerre aérienne naissante. « Il ne pouvait concevoir que des pilotes se tirent mutuellement dessus » racontait son épouse à ses petits-enfants[4].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il dirige la Société de Liquidation des Stocks de l'Aviation. En 1927, il est avec d’autres aviateurs (Louis Paulhan, Maurice Colliex) l'un des fondateurs de la Société Continentale Parker qui exploitait, en France et en Europe, les brevets de la Parker Westproof Company de Detroit : il s'agissait de la « parkérisation » et des traitements de surface des métaux qui en découlaient. Il a dirigé cette société jusqu'à sa mort en 1950[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au no 7 rue Alain-Blanchard.
  2. a et b Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 854.
  3. a b c et d Janine Prier, « PIERRE PRIER 1886-1950 », sur THE EARLY BIRDS OF AVIATION, Inc., (consulté le 3 mars 2018).
  4. a b et c Pierre Prier, « Mon grand-père, ce héros. Londres-Paris, le 12 avril 1911 », sur Grands-Reporters.com.
  5. Archives départementales de la Seine-Maritime, registre matricule 1R3202
  6. Stéphanie Meyniel, « Le 12 avril 1911 dans le ciel : Pierre Prier réalise la liaison Angleterre – France », sur Air-Journal.fr, (consulté le 3 mars 2018).
  7. Denis Albin, « Escadrille MS 57 – N 57 - SPA 57 » (consulté le 3 mars 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]