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Pierre Philippeaux

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Pierre Philippeaux
Fonction
Député français
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Pierre Nicolas Philippeaux, né le 5 mars 1756 à Ferrières-en-Bray (département de Seine-Maritime)[1], mort guillotiné le 16 germinal an II (le 5 avril 1794) à Paris[2], est un homme politique de la Révolution française.

Entre 1792 et 1794, il est député de la Sarthe à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI. Il est guillotiné aux côtés de Georges Danton et de Camille Desmoulins.

Famille et jeunesse

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Pierre Nicolas Philippeaux est le fils de Pierre Philippeaux, mégissier, et de Marie Magdelaine Belière.

Sous l'Ancien régime, Pierre Nicolas Philippeaux est procureur au bailliage de Soissons. En 1779, il épouse, à Poissy, Marie Thérèse Leroy, fille d'un notaire royal[3].

Mandat à la Convention

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La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Pierre Nicolas Philippeaux, alors juge au tribunal du district du Mans, est élu député du département de la Sarthe, le quatrième sur dix, à la Convention nationale[4]. Parallèlement à son mandat, il publie le journal Le Défenseur de la Vérité[5].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[6] :

Comme juge, comme organe des lois, j'ai eu souvent la douleur de prononcer la peine de mort contre des malheureux qui n'étaient coupables que d'un seul crime que l'on pouvait attribuer aux vices de l'Ancien régime. Les crimes de Louis sont beaucoup plus atroces que tous ceux contre lesquels la loi prononce la peine de mort. [...] Je vote pour la mort et pour l'exécution la plus prompte.

Le 13 avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7] :

Si j'étais assez vil pour vouloir satisfaire ma vengeance contre Marat aux dépens de la justice, je voterais pour le décret d'accusation, car cet homme m'a calomnié dans ses feuilles. Mais je dois oublier mon injure personnelle, au moment où je deviens juge, et ne consulter que les principes austères de la justice. Or, ces règles ont été violées [...]. Et quant à présent, je dis non.

Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[8].

Il est envoyé en mission en Vendée où il se fait remarquer par sa modération. De retour à Paris, il dénonce l’incurie des généraux Ronsin et Rossignol dans un virulent pamphlet, portant de graves accusations contre les émissaires de Bouchotte. Il fait préparer un décret demandant l’examen par l’Assemblée de la conduite des généraux envoyés par Bouchotte, décret que Barère de Vieuzac fait aussitôt révoquer.

Il s’attire l’hostilité de Collot d'Herbois et de Carrier et se voit accusé de trahison et d’être anti-révolutionnaire par Saint-Just.

Arrêté dans la nuit du 10 au 11 germinal an II (du 30 au 31 mars 1794) Pierre-Nicolas Philippeaux est décrété d'accusation ainsi que Camille Desmoulins, Georges Danton, Jean-François Delacroix et Marie-Jean Hérault de Séchelles[9]. Ils sont guillotinés le 16 du même mois (le 5 avril).

  • Le Défenseur de la Liberté ou l’Ami du genre humain (périodique)
  • Discours de Philippeaux à la séance des Jacobins (16 nivôse an II)
  • Lendemain de la fête civique du 92
  • Lettres de Philippeaux à sa femme
  • Catéchisme moral et religieux par le citoyen Philippeaux, représentant du peuple. Nantes, Malassis. 1793
  • Opinion sur la formation du Tribunal révolutionnaire (1793)
  • Philippeaux aux amis de la Justice et de la Vérité (6 pluviose an II)
  • Réponse de Philippeaux à tous les défenseurs officieux des bourreaux de nos frères dans la Vendée, avec l'acte solemnel d'accusation, fait à la séance du 18 nivôse. Suivie de trois lettres écrites à sa femme, de sa prison ; P., Imprimerie des femmes, An III (publication posthume, par sa femme).

Notes et références

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  1. Archives départementales de Seine-Maritime, « Registre paroissial de Ferrières-en-Bray, baptêmes mariages et sépultures de 1751 à 1760, vue 60 / 113, 4 E 924 » Accès libre, sur https://www.archivesdepartementales76.net (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil reconstitué, actes des décès du 5 avril 1794, vue 49 / 51, 5Mi1 1133 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Archives départementales des Yvelines, « Registre paroissial de Poissy, baptêmes mariages et sépultures de 1779 à 1783, vue 18 / 258, 1Mi 35 » Accès libre, sur https://archives.yvelines.fr (consulté le )
  4. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 527, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. « Défenseur de la vérité (1792-1794) | Le gazetier révolutionnaire », sur gazetier-revolutionnaire.gazettes18e.fr (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Louis Antoine Léon de Saint-Just, « Décret, présenté par Saint-Just au nom des comités de salut public et de sûreté générale, accusant formellement de conspiration les représentants Desmoulins, Hérault de Séchelles, Danton, Philippeaux et Delacroix, lors de la séance du 11 germinal an II (31 mars 1794) », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 87, no 1,‎ , p. 638–639 (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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Liens externes

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