Pierre Person

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Pierre Person
Illustration.
Pierre Person en 2019.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(4 ans, 5 mois et 14 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 6e de Paris
Législature XVe
Groupe politique LREM
Prédécesseur Cécile Duflot
Délégué général adjoint
de La République en marche

(1 an, 9 mois et 19 jours)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Marie Guevenoux
Jean-Marc Borello
Président des Jeunes avec Macron

(2 ans, 3 mois et 24 jours)
Successeur Martin Bohmert (délégué général)
Biographie
Nom de naissance Pierre Michel Marie Laurent Person
Date de naissance (32 ans)
Lieu de naissance Nancy (France)
Nationalité Français
Parti politique Parti socialiste (jusqu'en 2012)
EM/LREM (depuis 2016)
Diplômé de Université de Poitiers
Université de Lorraine
Profession Consultant pour le secteur public
Juriste

Pierre Person, né le à Nancy (France), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste jusqu'en 2012, il co-fonde et préside Les Jeunes avec Macron en 2015, puis participe au lancement d'En marche, devenu La République en marche (LREM), ainsi qu'à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron.

En 2017, il est élu député dans la sixième circonscription de Paris et intègre le bureau exécutif de LREM. De 2018 à 2020, il est délégué général adjoint du parti (numéro deux derrière Stanislas Guerini), poste dont il démissionne, en désaccord avec les orientations suivies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours étudiant et professionnel[modifier | modifier le code]

Né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le [1], Pierre Person passe son enfance en Lorraine[2].

Il étudie à l’université de Poitiers où il est responsable de l’UNEF[3]. Il est diplômé en droit de la santé et en droit de l’urbanisme[3].

Il commence sa carrière professionnelle comme juriste pendant 18 mois dans un cabinet d'avocat à Paris[4], puis travaille, entre et son élection comme député, chez CGI Consulting en tant que consultant junior pour le secteur public[3].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Durant ses études à l'université de Poitiers, Pierre Person est président de la branche locale de l'Union nationale des étudiants de France, syndicat étudiant classé à gauche. Il est également adhérent du Parti socialiste jusqu'en 2012[5]. Soutien de Dominique Strauss-Kahn, pour qui il travaille en vue de l'élection présidentielle de 2012[6], il est proche de Jean-Christophe Cambadélis[3].

Cofondateur des Jeunes avec Macron et cadre de LREM[modifier | modifier le code]

En 2015, il cofonde le collectif Les Jeunes avec Macron[7],[8] avec trois amis, Sacha Houlié, Florian Humez et Jean Gaborit, qui rassemble plus de 22 000 adhérents en [9]. C'est le premier mouvement de soutien à Emmanuel Macron, créé avant La République en marche (anciennement En marche). En , ce même collectif lance un think tank baptisé « La Gauche libre », dont le but est de « peser dans les débats en 2017 »[10].

Par la suite, il rejoint l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017, en tant que conseiller politique[3].

En , à l'occasion du conseil national de La République en marche, il intègre le bureau exécutif du parti[11]. Délégué national aux territoires[12], il est chargé de préparer les élections municipales de 2020 et s’occupe des relations entre le groupe parlementaire et le parti[3]. Il est présenté comme le bras droit de Christophe Castaner, délégué général du parti[13].

En , à la suite de la démission de Christophe Castaner du poste de délégué général, Pierre Person renonce à se présenter pour lui succéder[14] alors qu'il était présenté comme un des deux favoris, avec Stanislas Guerini[15]. S'il dit souhaiter préserver ainsi « l'unité et le rassemblement », Mediapart indique que ses soutiens « ne décolèrent pas quant à la manière dont s’est déroulée cette séquence d’avant dépôt des candidatures. Ils se plaignent de SMS agressifs, de coups de fil à répétition pour faire retirer des parrainages, notamment auprès des référents départementaux, et de la mobilisation de membres du gouvernement pour éviter tout débat qui tourne au déballage »[12]. Jérémy Marot et Pauline Théveniaud estiment que les deux hommes ne présentent, « sur le fond, aucune différence idéologique » mais ont, « sur la forme, une pratique politique différente »[16], précisant : « Dans la galaxie DSK, Guerini se rapproche de la sphère Moscovici, qui s'est politisée d'abord dans le réseau grandes écoles et se distingue davantage en produisant des notes au kilomètre qu'en labourant le terrain. […] Quant à Person, c'est un jeune Cambadélis, aguerri par l'action au MJS et à l'Unef au sein des facs, mais aussi fin connaisseur des appareils »[17]. Ils ajoutent que Pierre Person abandonne car « effrayé qu'en cas de victoire l'inimitié et la défiance de certains au Château l'empêchent de diriger convenablement »[18].

Après l'élection de Stanislas Guerini, celui-ci le nomme délégué général adjoint[19]. Il démissionne de son poste ainsi que du bureau exécutif de LREM en  : indiquant vouloir donner « un nouveau souffle au parti », il déclare s'être heurté à « une organisation trop repliée sur elle-même et qui ne tient pas assez compte de ses « marcheurs », de ses élus locaux ou de ses parlementaires », et déplore que le parti « ne produi[se] plus d’idées nouvelles »[20].

Député de la XVe législature[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2017, Pierre Person se porte candidat dans la sixième circonscription de Paris sous les couleurs de La République en marche[21]. Il obtient 39,4 % des suffrages exprimés au premier tour et se qualifie pour le second tour en éliminant notamment Cécile Duflot, députée sortante et ancienne ministre[22], qui recueille 14,7 % des suffrages. Il est élu député au second tour face à Danielle Simonnet, candidate et oratrice nationale de La France insoumise, qu'il bat avec 51 % des suffrages exprimés[23].

Selon Le Monde, il fait partie au début de la mandature d'une petite dizaine de députés qui forment « la garde avancée d’Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l’État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui »[24]. Il est chargé d'assurer un lien entre le groupe LREM, l’Élysée et le parti[25].

À l'Assemblée nationale, Pierre Person est successivement membre de la commission des Finances, puis de celle des Lois.

En , il rend un rapport en conclusion d'une mission d'information sur les « monnaies virtuelles » présidée par Éric Woerth : celui-ci formule 27 propositions pour en éclaircir le cadre juridique[26].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En , il signe un appel publié dans L'Obs pour « légaliser le cannabis, qu’il soit utilisé à des fins thérapeutiques comme récréatives »[27].

Durant l'été 2019, avec son collègue Sacha Houlié, il propose de revenir en partie sur les allègements de cotisations sur les hauts salaires, issus du pacte de responsabilité et de solidarité mis en place sous François Hollande[28].

Lors de la pandémie de Covid-19, il présente le déploiement du traçage numérique des individus comme une « ligne rouge » à même de remettre en cause son appartenance à la majorité présidentielle[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « INFOGRAPHIES. Législatives : l'Assemblée prend un coup de jeune historique avec l'arrivée de 28 députés vingtenaires », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Ces députés En Marche! de moins de trente ans », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a b c d e et f Yann Guégan et Diane de Fortanier, « La galaxie LRM à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le ).
  4. « Pierre Person, Stanislas Guerini… Quel nouveau patron pour La République en Marche ? », sur Europe 1 (consulté le )
  5. « 11 nouvelles têtes LREM à l’Assemblée », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Alain Auffray, « Stanislas Guerini, un nouveau patron pour sortir LREM du coma politique », sur liberation.fr, (consulté le ).
  7. « Le collectif « Les Jeunes avec Macron » lance son think tank », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Ces députés En Marche! de moins de trente ans », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. BFMTV, « Les Jeunes avec Macron se mobilisent pour défendre la réforme universitaire », sur BFMTV (consulté le )
  10. « Les Jeunes avec Macron créent le think tank La Gauche libre », lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Laurent de Boissieu, « En Marche (EM) », sur france-politique.fr (consulté le ).
  12. a et b Manuel Jardinaud, « Chez LREM, l’élection du délégué général se passe de débat démocratique », sur Mediapart, (consulté le ).
  13. Manon Rescan, « Castaner fait ses adieux à La République en marche, les ambitions s’aiguisent pour le remplacer », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  14. « LREM : Pierre Person renonce à briguer la tête du parti », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. « Le brief politique. Pierre Person bien placé dans la guerre de succession à LREM », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Parti, députés, majorité... Quel attelage pour Emmanuel Macron en 2022? », sur LExpress.fr, (consulté le )
  17. Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Les Apprentis de l'Élysée, Plon, , 280 p., p. 312.
  18. Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Les Apprentis de l'Élysée, Plon, , 280 p., p. 315-316.
  19. Alexandre Lemarié, « Le député Stanislas Guerini élu à la tête de La République en marche », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  20. « Pour Pierre Person, ex-numéro deux de LRM, le parti n’est pas « en mesure d’affronter la nouvelle étape du quinquennat » », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  21. « Législatives 2017 : Pierre Person (LREM) élu dans la 6e circonscription de Paris », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  22. « Duflot éliminée à Paris », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. « Résultat législatives 2017: Pierre Person bat Danielle Simonnet dans la 6e circonscription parisienne », sur 20 minutes (consulté le )
  24. Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié, « Les snipers de la Macronie », sur Le Monde, (consulté le ).
  25. Samuel Le Goff, « Le premier kilomètre des marcheurs à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le ).
  26. Kevin Hottot, « Les 27 propositions du rapport Person sur les crypto-actifs à la loupe », sur nextinpact.com, (consulté le ).
  27. Caroline Vigoureux, « Libéraliser le cannabis? La majorité a la tête qui tourne », sur L'Opinion.fr, (consulté le ).
  28. Audrey Tonnelier, « Deux députés LRM contestent la politique de baisse de charges sur les hauts salaires », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  29. Sébastien Tronche, « Covid-19 : le tracking fracture la majorité », sur liberation.fr, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]