Pierre Otis

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Pierre Otis
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Pierre Otis, né le à l'Ile Bizard, une grande île du nord-ouest de l'agglomération de Montréal, est un peintre québécois reconnu pour ses tableaux abstraits de formes circulaires. Proche des expressionnistes abstraits new-yorkais, ce plasticien montréalais a cumulé, depuis le milieu des années 1980, plusieurs expositions solos partout au Québec. Il peint depuis trois décennies de manière soutenue. Dans son travail, on retrouve des formes organiques, des bleus, des verts, des rouges, des jaunes entremêlés, des formes se rapprochant du monde végétal. On retrouve ses peintures dans la collection des œuvres d'art du Musée national des beaux-arts du Québec et dans des galeries et institutions privées au Québec. L'Artothèque de Montréal, par exemple, possède depuis 1998 une sélection de ses tableaux.

Début de la carrière[modifier | modifier le code]

Pierre Otis fréquente le Cégep de Lévis-Lauzon dans les années 1980 pour y obtenir un diplôme d'études collégial en arts visuels. Après un séjour à l’Université de Sherbrooke, en philosophie, il obtient, à Québec, un baccalauréat à l'École des arts visuels de L’Université Laval. C’est à partir de 1992 que débute sa carrière professionnelle. Il occupe un premier atelier dans le Quartier latin de Québec, sur la rue Saint-Ursule où il habite 3 ans. En 1995, il déménage à Montréal. Les Foufounes électriques, un lieu culte de la scène underground de Montréal, invite le peintre à s'y produire. Bar, Galerie d'art et salle de concert, l'artiste y peint en public.

Démarche formelle[modifier | modifier le code]

Dès les premiers coups de pinceau, le style est donné : la couleur est son sujet principal. Il travaille à l’huile sur des toiles de grands formats. Il utilise la planéité entière de la toile pour découper la couleur. Sa palette est vive et dense. Inspiré par les automatistes et, surtout, par les plasticiens montréalais, qui travaillent la technique dite hard-edge painting, qui consiste à diviser la surface du tableau en plans colorés aux contours nettement définis, sans champ chromatique entre eux, Pierre Otis sépare la couleur avec des franches noires brutes et épaisses. Ses premiers tableaux gestuels jettent les bases d’une démarche soignée et rigoureuse dont la facture est unique. En effet, le peintre ne superpose pas la peinture par jet (dripping), comme le faisait les expressionnistes abstraits, il touche le tableau ; il travaille au pinceau. Conséquemment, la matérialité apparait dans les contours, qui bordent la couleur, sans jamais la pervertir par faisceau.

Voyage initiatique et inspirations[modifier | modifier le code]

Entre 1995 et 1996, Pierre Otis entreprend un voyage en Europe. Paris est un lieu d’apprentissage. Il travaille à L’atelier éphémère, sis à Issy-les-Moulineaux, et peaufine sa gestuelle. Inspiré par Gorki l’Arménien, de Kooning, Franck Stella et Kandinsky, il invente son quotidien. Il tangue entre les deux continents; il raffine sa démarche et son style. Par la même occasion, grand lecteur, Pierre Otis ne cesse d’éplucher la littérature européenne. Féru d’Antonin Artaud et d'Arthur Rimbaud, il se passionne également pour les contemporains français, dont Philippe Sollers.

C’est au Cimetière du Père-Lachaise qu’il trouve son inspiration. Sur le tombeau de Chopin, il esquisse ces premiers tondi. Ce sera un prélude aux compositions picturales à venir.

Les tondi[modifier | modifier le code]

C’est entre 2004 et 2008 que Pierre Otis se fait plus particulièrement remarquer, notamment par le choix d’un nouveau support, les tondi. Depuis l'Antiquité, ce support est utilisé, mais c'est durant la Renaissance qu'ils connaissent leur apogée, en vogue auprès des peintres italiens qui le réintroduisent, en redécouvrant notamment l’imago clipeata romaine. Le peintre emploie ce support circulaire dans toute sa planéité et en exploite tous les « coins » sans relâche. C’est une période où le peintre n’envisage plus le tableau comme une surface à peindre, mais comme un « support à couleurs ». Ses tableaux se feront remarquer alors qu’il loue un atelier de la rue Dupont, à Québec. Peintres, sculpteurs, écrivains, intellectuels ou journalistes sillonnent son atelier où le chantier est permanent. Les tableaux de cette période s’accumulent à un rythme croissant et tout comme les peintres québécois Arthur Villeneuve ou Serge Lemoyne, qui recevaient les visiteurs comme on entre au musée, Pierre Otis fait figure d’originalité dans le paysage culturel de Québec. En effet, la visite de son atelier est dès lors un lieu incontournable pour les amateurs de peinture. Ces années à Québec forgent le nom de l’artiste.

Les portraits[modifier | modifier le code]

En 2009, Pierre Otis habite de nouveau à Montréal, il poursuit sa démarche artistique dans un atelier de la rue Bordeaux. La réputation du peintre se poursuit et son atelier est de nouveau le théâtre d’un lieu de rencontre où les artistes et intellectuels se donnent rendez-vous. Dans la continuité de son approche coloriste, il entreprend des portraits d’artistes célèbres : Mozart, Bukowski, Beethoven, Giacometti, Oscar Wilde, Picasso, Cézanne et bien d'autres. Sans renier son approche expressionniste abstraite, il peint des visages, toujours dans les mêmes palettes de couleurs organiques, tout en les affublant de sa signature particulière. Ses portraits seront remarqués du public, tout comme de la presse.

Concernant la série de portraits, l'écrivain québécois Thierry Dimanche écrit : " D’une façon bien surprenante, la prochaine phase devait aboutir au portrait. Sur le coup, cela contrastait raide avec l’aversion de longue date d’Otis pour les figures et la figuration. Mais comment dénier à cet agent de l’inopiné toutes les permissions de la surprise? Comme « d’habitude », le revoici qui veut nous confronter avec une violente tendresse, ce qui est évidemment le revers d’un besoin de s’éprouver soi-même et d’échapper d’emblée au convenu."

Vingt ans de peinture[modifier | modifier le code]

En 2012, Pierre Otis expose à l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, dans le quartier Saint-Roch de Québec, une exposition intitulée : 20 ans de peinture. Une anthologie plastique réunissant plusieurs de ses tableaux peints entre 1992 et 2012. Son travail est souligné dans des articles de presse. Il donne une conférence sur sa technique et son travail.

Le peintre habite toujours Montréal et travaille en ce moment sur une nouvelle série de tableaux qui seront exposés en France et à Montréal. Une exposition en duo avec le sculpteur de Québec Jacques Samson est notamment en préparation et sera présentée sous peu à la Galerie Zéphyr à Montréal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]