Pierre Marcel-Béronneau

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Pierre Marcel-Béronneau
Pierre Marcel-Béronneau dans son atelier.png
Pierre Marcel-Béronneau dans son atelier, près de Salomé[1]
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Autres activités
Graveur, dessinateur, aquarelliste
Formation
Maître
Élève
Lieu de travail
Paris (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Influencé par
Distinctions

1er grand prix des Arts décoratifs en 1893, médaille au concours d’esquisse et 1er prix de l’Atelier en 1894, premier au concours Chenavard aux Beaux-Arts de Paris

Ordre national de la Légion d'honneur.

Pierre Amédée Marcel-Béronneau, né le à Bordeaux et mort le à La Seyne-sur-Mer, est un peintre et graveur français.

Élève de Gustave Moreau, il est rattaché au mouvement du symbolisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Pierre Marcel-Béronneau étudie à l’École des beaux-arts de Bordeaux. Inscrit ensuite à l’École des Arts décoratifs à Paris, il entre en 1892 à l'École des beaux-arts de Paris où il devient élève de Gustave Moreau et d'Eugène Thirion. Il se lie d'amitié avec son condisciple Georges Rouault et partage avec lui un atelier à Montparnasse. Il fait partie des meilleurs élèves de Moreau, qui dit de lui : « M. Béronneau, mon élève, est un excellent travailleur, bien doué et qui est digne à tous égards du plus grand intérêt »[2].

Dès 1895, il expose au Salon des artistes français.

L’œuvre de Marcel-Béronneau comprend une production académique, pour laquelle il est reconnu et reçoit des commandes publiques. Le critique Arsène Alexandre écrit de lui dans Le Figaro[Quand ?] qu’il est un « grand artiste raffiné », un « peintre délicat, sérieux, souvent profond, qui joint une parfaite probité aux aspirations de pensées les plus élevées »[2].

La seconde partie de sa production est influencée par son maître, Gustave Moreau, dont il est le plus proche disciple et reprend les thématiques et le style, en l'orientant vers une touche plus géométrique[3]. Il peint des personnages mythiques et bibliques féminins : Léda, Sapho, Judith, Gorgone, Orphée et surtout, Salomé[4]. « Hanté par ces figures à la sensualité exacerbée et réinterprétant sans cesse les mythes, il les met en scène dans des compositions fantasmagoriques, théâtrales et toujours avec une dimension monumentale »[5],[2],[6],[7], dont certaines figurent aujourd'hui dans les collections publiques[8],[9].

Avec d'autres, il forme « le cœur catholique du symbolisme[11] », il est « sensible au mouvement préraphaélite »[5] et participe aux salons de la Rose-Croix[12],[13],[14].

En 1908, le poète et peintre libano-américain Gibran Khalil Gibran étudie l’art à Paris, grâce à Mary Haskell (en), directrice d'école, qui était son amie intime, sa protectrice et sa bienfaitrice. Il y fréquente l'Académie Julian puis l'atelier de Béronneau, dont il devient l'ami[15],[16],[17].

Orphée et Eurydice

Le , Gibran écrit à Mary Haskell : « Je travaille à présent seulement avec Béronneau et j'ai arrêté mes études à l'académie Julian. Béronneau a une petite classe d'une douzaine d'élèves. Nous avons parfois des nus et parfois des modèles drapés. Béroneau travaille avec nous. Il veut que je voie chaque chose en tant que valeur et non pas sous forme de traits. Il dit qu'il aime mon travail, car je n'essaie pas d'être un petit Béronneau comme les autres[18]. »

Béronneau est aussi influencé par l'érotisme du peintre Franz von Stuck et, comme lui, porte une grande attention au choix des cadres de ses tableaux[19]. Ainsi, en 1933, illustre-t-il Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire[20],[21],[22].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pierre Marcel-Béronneau se marie en 1918 avec Germaine Marchant, le modèle de son tableau de 1905 intitulé Salomé et celui de nombre de ses tableaux et aquarelles[23]. À la fin de sa vie, il ne peint presque plus en raison des séquelles d’un accident survenu en 1930[24].

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Pierre Marcel-Béronneau remporte le 1er grand prix des Arts décoratifs en 1893, la médaille au concours d’esquisse et le 1er prix de l’Atelier, qui récompense l’ensemble de sa production, en 1894. La même année, il est désigné premier au concours Chenavard aux Beaux-Arts de Paris.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1914.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1981, le galeriste Alain Blondel organise une importante rétrospective de ses œuvres à Paris[25]. Il évoque la « ferveur passionnée [que Béronneau] a mis à décrire à travers ses héroïnes favorites le mythe de la femme fatale[26] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salomé or Judith par judith2you, sur le site wordpress.com, 4 février 2015
  2. a b et c « Pierre-Amédée Marcel-Béronneau » sur le site de la galerie Drylewicz.
  3. [PDF] « Pierre-Amédée Marcel-Beronneau », in: Éloge du symbolisme. Une collection particulière et à divers, Artcurial, , pp. 46 à 53, sur artcurial.com.
  4. France Huser, « Tentatives sur la personne de Salomé (du XIIe siècle à nos jours, les représentations de la belle coupeuse de tête) », Le Nouvel Observateur, no 1242, -, pp. 68-69
  5. a et b « La porte des rêves - Symbolism Art 1800-1900 », de Jérôme Merceron sur issuu.com, 11 mars 2018, page 248
  6. « La porte des rêves, un regard symboliste », de Aurélia Antoni, sur BeauxArts, 12 avril 2018
  7. « Une sublime célébration du symbolisme », sur le site de Litterae meae, 10 avril 2018
  8. « Poitiers : de nouvelles acquisitions pour le musée Sainte-Croix », La nouvelle république,
  9. « Pierre Marcel-Béronneau » dans le moteur Collections du ministère de la Culture.
  10. « Orphée », notice sur sur musees.marseille.fr.
  11. Pierre-Marie Varennes, « Reçois mon âme et conduis-la devant mon Rédempteur », Magnificat, .
  12. « Les salons de la Rose Croix à Paris / Exposition en 2017-2018 au Guggenheim de New York puis au Musée Peggy Guggenheim de Venise - Symbolisme, Wagner, Béronneau… ».
  13. « Mystical Symbolism – Marcel-Béronneau, Séon and Osbert » Guggenheim Museum, New York, sur le site de Stair Sainty Gallery, 25 juillet 2017
  14. « Mystical Symbolists in All Their Kitschy Glory », The New York Times, 13 juillet 2017
  15. Robin Waterfield (trad. Paule Noyart), Khalil Gibran : un prophète et son temps, Fides, , pp. 141-142.
  16. Sobhi Habchi, « Entre poésie et peinture », Revue de littérature comparée,no 306, , pp. 209 à 224.
  17. Khalil Gibran, Mon Liban, p. 75.
  18. « Lettres de Khalil Gibran à Mary Haskell » sur khalilgibran.jimdofree.com.
  19. Pierre Amédée Marcel-Béronneau – Successor to Gustave Moreau, sur le site de Stair Sainty Gallery, 25 septembre 2017.
  20. « Baudelaire, Charles. Marcel-Béronneau, P. (illus.). Les fleurs du mal. Paris, Javal et Bourdeaux. 1933 », Auroræ Libri, Livres anciens, textes rares et illustrés modernes.
  21. « Charles Baudelaire, Pierre Amédée Marcel-Béronneau (illustrateur) - Les Fleurs du mal - 1933 », sur Catawiki, illustrations dans voir ce lot.
  22. « Les Fleurs du mal. Ill. Pierre Marcel-Béronneau », Book Graphics, .
  23. « he painted her obsessively in his pursuit of the representation of the femme fatale », cité in: « Salomé, 1905 », Sotheby's, .
  24. Gabrielle Neau, P.A. Marcel-Béronneau (1869-1937), peintre symboliste, paysagiste et décorateur, Mémoire sous la direction de Dominique Jarrassé, université Michel de Montaigne Bordeaux III, .
  25. Maurice Cottaz, « Les héroïnes des Marcel-Beronneau, la révélation d’un symboliste, peintre des séductrices », Valeurs actuelles, 10/16, VIII, , p. 33.
  26. Galerie Alain Blondel, Marcel-Beronneau, 1869-1937, peintre symboliste, catalogue d'exposition, Paris, 1981.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit.
  • L. Robert Delevoy, Journal du symbolisme, Genève, Éditions d’Art Albert Skira, 1977.
  • Françoise Grauby, La création mythique à l’époque du symbolisme. Histoire, analyse et interprétation des mythes fondamentaux du symbolisme, Paris, Librairie Nizet, 1994.
  • Gabrielle Neau, P.A. Marcel-Béronneau (1869-1937), peintre symboliste, paysagiste et décorateur, Mémoire sous la direction de Dominique Jarrassé, université Michel de Montaigne Bordeaux III, (http://marcelberonneau.blogspot.com/).
  • Anne Pingeot et Robert Hooze, Paris-Bruxelles, Bruxelles-Paris, Réalisme, impressionnisme, symbolisme, art nouveau, Les relations artistiques entre la France et la Belgique, 1848-1914, Paris, Édition RMN, 1997.
  • « Salomés oubliées », Connaissance des arts, Paris, , p. 20.
  • Robert Fohr, « Salomé », L'Objet d'art, juillet-.
  • « Trente peintures de Marcel Beronneau », La Gazette, no 42, .
  • Collectif, Khalil Gibran, artiste et visionnaire, Paris, Éditions Institut du Monde Arabe et Flammarion, , p. 144.
  • Khalil Gibran (trad. Anne Juni, préf. Anne Juni), Mon Liban, La Part Commune, .

Liens externes[modifier | modifier le code]