Pierre Magnol

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Pierre Magnol.

Pierre Magnol est un botaniste français, né le à Montpellier et mort le dans cette même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un apothicaire protestant[1], il se passionne très tôt pour l'histoire naturelle et en particulier pour la botanique. En 1659, Pierre Magnol obtient brillamment son doctorat de médecine dans la plus fameuse université de l’époque : celle de Montpellier. Grâce à la protection de Joseph Pitton de Tournefort et de Guy-Crescent Fagon, il devient médecin du roi et suppléant au Jardin du roi.

Le roi ne ratifie pas sa nomination à la chaire de botanique de la Faculté de médecine de Montpellier. Motif : Pierre Magnol est protestant… En 1685, avec la révocation de l’Édit de Nantes, il doit abjurer le protestantisme. Cet acte lui ouvre la voie : en 1694, il obtient enfin une chaire à la faculté de médecine de Montpellier. En 1697, il devient le directeur du Jardin botanique et participe à la fondation de la Société royale des sciences de Montpellier pour laquelle il rédige plusieurs mémoires, dont l'un sur la circulation de la sève, et un autre où il cherche des moyens de panifier d'autres végétaux que le blé pour trouver des solutions aux disettes de l'époque. En 1709, il remplace Tournefort à l'Académie des sciences. Malgré l'accueil chaleureux qui lui est fait à Paris, il rentrera rapidement à Montpellier pour raisons de santé, où il s'éteint en 1715, à son domicile.

Œuvres[modifier | modifier le code]

On lui doit une remarquable flore des environs de Montpellier, des Alpes et des Pyrénées. Il est l'auteur de Botanicum Monspeliense sive plantarum circa Monspelium nascentium index (Lyon, 1676), Prodromus historiæ generalis plantarum, in quo familiæ per tabulas disponuntur (Montpellier, 1689), Hortus regius Monspeliensis, sive catalogus plantarum, quæ in horto regio Monspeliensi demonstrantur (Montpellier, 1697) et Novus character plantarum (publié posthumément par son fils, Antoine Magnol (1676-1759), à Montpellier en 1720). L'herbier de Magnol fut donné par son fils à Carl von Linné[réf. nécessaire].

Ses ouvrages, où il décrit plus de 2 000 espèces, le font reconnaître comme le plus grand botaniste de son temps. Pour certains historiens, c'est Magnol qui a introduit le système moderne de classement des plantes par famille en botanique. Il est certain qu'il s'attache dans son Prodromus à délimiter des familles de plantes ayant un lien de parenté entre elles. Il y classe les plantes en 75 tableaux facilement reconnaissables par l'emploi d'un ou de deux adjectifs, ce qui rend son utilisation très aisée. Même si certains de ses rapprochements (les liliacées avec les orchidées) ne sont pas justes, il fait montre d'une remarquable finesse d'analyse.

Éponymie[modifier | modifier le code]

C’est en son hommage que fût créé le genre Magnolia en 1703 par Charles Plumier (1646–1704), pour classer un arbre aux fleurs magnifiques découvert lors d'un voyage en Amérique, actuel Magnolia dodecapetala. Le taxon est repris par le britannique William Sherard, puis par Carl von Linné qui s'en attribue la paternité dans sa classification des Magnolias proposée en 1735, dont il exclue l'espèce de Plumier pour la placer dans le genre Talauma[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Coulston Gillespie ed., Dictionary of Scientific Biography, New York: Scribner, 1981
  2. Magnolia merci Plumier!! dans Seveinfo n° 1296, 9 août 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Magnol est l’abréviation botanique standard de Pierre Magnol.

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