Pierre Le Loyer

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Pierre Le Loyer
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Décès
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Activités

Pierre Le Loyer, sieur de la Brosse, est un Démonologue né le à Huillé, village de l'Anjou, près de Durtal. Il meurt à Angers le , des suites de brûlures lors de l’incendie de son logement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir terminé ses premières études, il fait son cours de droit à Paris, où il demeure cinq ans, puis se rend à Toulouse prendre ses grades. Homme de goût pour la poésie, il adresse en 1572 à l’Académie des Jeux floraux une pièce intitulée La Néphélococugie ou Nuée des Cocus, qui lui vaut le prix de l'églantine.

À cette occasion, Ronsard lui dédicaça le quatrain suivant:

Loyer, ta docte Muse n'erre

De bâtir une ville en l'air,

Où les Cocus puissent voler;

Pour eux trop petite est la terre.

De retour dans sa province, il est pourvu de la charge de conseiller du roi au présidial d’Angers, mais néglige ses devoirs pour s’appliquer à l’étude des langues orientales ; il apprit l’hébreu, le chaldéen et l’arabe ; il s’est passionné à tel point pour les étymologies qu’il ne voit plus dans les langues modernes que des dérivés de l’hébreu.

Pierre Le Loyer meurt à l’âge de 84 ans, laissant deux fils, dont l’aîné, qui portait comme lui le prénom de Pierre : il succède dans la charge de conseiller.

Le Loyer était un prodige d'érudition, mais il n'avait ni goût ni jugement ; et cet homme qui se piquait de ne rien ignorer des moindres usages des peuples anciens, ne savait pas les coutumes de la province d'après lesquelles il était appelé tous les jours à prononcer.[non neutre]

Publications[modifier | modifier le code]

  1. Erotopegnie ou Passe-temps d'amour ; ensemble une comédie au Muet insensé, Paris, 1576, in-8° ; rare et recherché. La comédie du Muet est écrite en vers de huit syllabes : il y a des détails plaisants, mais beaucoup trop licencieux.
  2. Œuvres et mélanges poétiques, ibid., 1579, in-12. C'est une réimpression du recueil précédent avec de nombreuses additions. On y trouve les Amours de Flore, des Idylles, les Bocages de l'art d'aimer, imités d'Ovide ; des Sonnets ; des Epigrammes ; le Muet insensé ; la Néphélococugie, comédie sans distinction d'actes ; les Folatries et Ebats de jeunesse et enfin quelques pièces en grec et en latin. La Népliélococugie est une imitation des Nuées d'Aristophane elle a été attribuée par erreur à P. Larrivey. Il y a de l'invention et des scènes fort plaisantes dans cette pièce, mais on y rencontre aussi des grossièretés capables de révolter le lecteur le moins délicat ;
  3. Discours et histoires des spectres, visions et apparitions des esprits, anges, démons et âmes se montrant visibles aux hommes, Angers, in 4° ; Paris, 1605 ou 1608, même format. L'auteur nous apprend que son but est de démontrer l'existence des êtres immatériels, contre l'opinion de certains philosophes, qui n'admettent aucune substance incorporelle. Il y a beaucoup d'érudition dans cet ouvrage, et l'on y trouve une foule de faits singuliers et curieux.
  4. Edom ou les Colonies iduméanes en l'Asie et en l'Europe ; colonies d'Hercule Phénicien et de Tyr, Paris, 1620 / 1623, in-8°. C'est l'extrait de dix ou douze volumes qu'il avait composés sur le même sujet et qui heureusement n'ont point été publiés. Dans l'épitre dédicatoire au roi de la Grande-Bretagne, l'auteur dit gravement qu'il est le personnage dont Issachar n'était que la figure, puisque ce mot, traduit en français, signifie Le Loyer, et par conséquent que c'est à lui qu'il a été donné par la bénédiction de Moïse de connaître et d'expliquer l'origine de toutes les nations mais ce n'est pas assez pour lui d'avoir été prédit par les prophètes, il l'a été également par Homère et il a découvert dans l'Odyssée un Vers (le 183e du 5e livre), qui, rendu mot pour mot, signifie Pierre Le Loyer, Angevin, Gaulois, à Huillé ( voir l'Edom, p. 224). Après de pareilles découvertes, on ne s'étonnera pas que Le Loyer ait trouvé que les habitants de l'Anjou tirent leur origine d'Ésau ; et il le prouve par les racines des noms des hameaux et des fermes qui environnent Huillé, village où il ne doute pas que les fils d'Ésau ne se soient d'abord arrêtés et d'où ils se sont étendus dans tout l'Anjou. Ce serait abuser de la patience des lecteurs que de pousser plus loin l'analyse de pareilles rêveries. Les curieux de détails, au défaut de l'ouvrage, pourront consulter le Dictionnaire de Bayle ou les Mémoires de Jean-Pierre Niceron, t. 26.

Ont écrit sur lui :

  • 1675 : Gilles Ménage
  • 1702 : Pierre Bayle, Dictionnaire Historique et Critique
  • 1934 : Jules Turquais, ancien maire de Huillé, Œuvres poétiques de Pierre le Loyer
  • 1993 : Marcel Raymond, Influence de Ronsard sur la Poésie Française
  • 2004 : Miriam Doe: thèse sur l'œuvre de le Loyer, la Néphélococugie éd. Doz à Genève

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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