Pierre Le Coz

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Pierre Le Coz
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Biographie
Naissance
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Pierre Le Coz né en 1964 est un philosophe, spécialiste français de l'éthique.

Parcours[modifier | modifier le code]

Professeur des universités en philosophie, il a participé aux travaux du Comité consultatif national d'éthique de 2003 à 2012 (et en tant que vice-président de 2008 à 2012). Depuis 2011, il est président du comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES). Il fait partie des trente signataires du manifeste des trente[1] lancé par Irène Frachon le 26 août 2015 en faveur de l'indemnisation des victimes du Mediator (Benfluorex).

Directeur du département des sciences humaines et sociales à la Faculté de médecine de Marseille, il enseigne la bioéthique et l'éthique médicale. Ses travaux de recherche s'inscrivent au sein de l'UMR no 7268 ADéS Anthropologie bio-culturelle, droit, éthique et santé (Université d'Aix-Marseille-EFS-CNRS). Ils portent sur la dimension déontologique et éthique des décisions en santé, en s’intéressant plus particulièrement aux liens entre les valeurs et les émotions (respect, compassion, crainte, indignation...).

Idées[modifier | modifier le code]

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Nous devons aux philosophes américains Tom L. Beauchamp et James Childress[2] d'avoir réussi à identifier les quelques rares valeurs sur lesquelles les hommes peuvent s'entendre a priori avant d'engager une discussion éthique: autonomie, bienfaisance, non-malfaisance, justice. Ces repères donnent un cadre méthodologique aux délibérations collectives en éthique. Cependant, ces auteurs ne posent pas la question de savoir comment nous mettons en œuvre ces valeurs dans la réalité. Pierre Le Coz considère que nous n'appliquons jamais les quatre principes éthiques à une réalité empirique (qui serait en partie réfractaire) mais que nous mettons en œuvre ces principes à travers certaines émotions. Ces émotions "morales" ont deux propriétés importantes. D'une part, elle nous révèlent les valeurs auxquelles nous sommes attachés, et d'autre part, elles nous communiquent l'énergie affective de les mettre en œuvre. Pierre Le Coz reprend ainsi, sur le terrain de l'éthique médicale, des travaux de philosophie morale qui de Hume à Max Scheler en passant par Schopenhauer, appréhendent les émotions comme des modes d'accès aux valeurs. Si nous n'éprouvions jamais d'émotion, nous ne saurions pas à quelles valeurs nous tenons. La spécificité d'une argumentation en éthique au regard d'une démonstration scientifique, c'est que la première ne peut faire l'économie de données affectives.

Pierre Le Coz observe que les philosophes mettent souvent l'accent sur une seule émotion qu'ils placent au fondement de l'éthique. Ainsi, dans son ouvrage sur Le fondement de la morale, Schopenhauer accorde un rôle majeur à la compassion dans nos conduites morales envers les autres[3] . De son côté, Hans Jonas accorde une valeur heuristique à la peur dans son éthique du futur. Or, plutôt que de privilégier une émotion sur une autre, Pierre Le Coz considère que plusieurs d'entre elles interviennent dans nos comportements et nos argumentations en éthique et que les solutions à nos dilemmes moraux sont fonction de notre capacité à pondérer mutuellement les émotions ressenties.

L'angoisse joue également un rôle bénéfique mais spécifique au regard d'autres émotions. L'angoisse est plus un révélateur de conflit entre nos valeurs qu'un mode d'accès à une valeur en particulier. Il arrive que nous éprouvions différentes émotions morales qui nous dictent des décisions différentes voire opposées. Il en résulte un conflit intérieur entre les valeurs auxquelles chacune de ces émotions nous rend sensible. Par exemple, la compassion peut inspirer un mensonge mais la crainte des effets de la déloyauté peut contrecarrer la décision compassionnelle. L'oscillation entre compassion et crainte traduit une situation de dilemme moral. Un fond diffus d'angoisse nous alerte sur le risque de sacrifier une valeur à laquelle nous sommes attachés. Nous devons alors argumenter pour savoir comment nous allons hiérarchiser nos valeurs.

Polémique[modifier | modifier le code]

Dans un entretien accordé au magazine Le Point du 3 juillet 2008, on lisait que Pierre Le Coz avait déclaré : « Aujourd’hui on est bien obligé d’admettre que si la santé n’a pas de prix elle a un coût. Et les médecins doivent désormais tenir compte du prix des médicaments dans leur décision. Notre vision va devenir sacrificielle : il vaut mieux correctement prendre en charge un père de famille de 40 ans, qui est rentable pour la société qu’une personne de 80 ans qui n’a pas toute sa tête. C'est évidemment un constat tragique. Mais nous n'avons pas le choix ».

Or il s'agissait d'une déformation que Pierre Le Coz a dénoncée et rectifiée peu après : « Je ne puis que comprendre votre légitime indignation à la lecture des propos qui m’ont été prêtés dans le magazine Le Point du 3 juillet dernier. Je dois vous dire que j’ai été moi-même très triste de voir à quel point cette revue pourtant notoire avait orienté mes propos dans un sens prescriptif alors que j’avais parlé dans un style descriptif »[4]. La simplification médiatique des débats éthiques est dénoncée par l’intéressé dans Le gouvernement des émotions.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Gouvernement des émotions... Et l’art de déjouer les manipulations, Paris, Albin Michel, 2014, 200 p.
  • Petit traité de la décision médicale, Paris, Le Seuil, 2007, 199 p.
  • Le Médecin et la Mort. Approche éthique et philosophique, Paris, Vuibert, 2006, 127 p.
  • L’Empire des coachs. Une nouvelle forme de contrôle social, (avec Gori R.), Paris, Albin Michel, 2006, 198 p.

Publications dans des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • La libre disposition de son corps par la personne. Approche philosophique et éthique In: Les principes de protection du corps et la biomédecine. Approche internationale. Sous la dir. de B.Feuillet–Liger & Geneviève Schamps. Ed. Bruylant, Coll : « Droit bioéthique et société », oct. 2015 : pp. 71-89.
  • Le Comité consultatif national d’éthique et la question de l’euthanasie in: Actualité et dossiers en santé publique, revue du Haut conseil de santé publique, dossier « Penser et vivre la fin de vie », décembre 2014, (ed. La documentation française) : p. 29-30.
  • Qu'est-ce qu'être mère à l'âge de l'assistance médicale à la procréation?, in Les incidences de la biomédecine sur la parenté (sous la dir. de C.Crespo-Brauner, & B. Feuillet Liger), Ed. Bruylant: 2014, p. 349-367
  • La patrimonialisation du corps humain : aspects philosophiques et enjeux éthiques. In Corps et patrimoine, Les cahiers de droit de la santé, éd. Les études hospitalières, mars 2014 ; no 18 (dir. G. Nicolas) : 27-34.
  • Le Comité consultatif national d'éthique in: Encyclopédie Universalis, 2013, p. 279-280.
  • Quelle place pour les proches lors des décisions de fin de vie médicalisée ? In : « Les proches et la fin de vie médicalisée. Panorama international ». Sous la dir: B. Feuillet-Liger. Préface de Jean Léonetti. Col. : Droit bioéthique et société, Ed. Bruylant, février 2013, p. 13-25
  • Conservation des dépouilles et restes humains. in: La bioéthique, pour quoi faire? 30e anniversaire du Comité d'éthique (coord. Ali Benmakhlouf), PUF, 2013, p.p. 210-214.
  • Pourquoi l'exhibition des cadavres a-t-elle été interdite en France?, in Quelle conscience de son corps? Corps et cadavres, CNRS édition, 2013, p. 79-86.
  • .Éthique du soin et de la santé in: Santé, Société, Humanité (sous la dir.S.Bimes-Arbus, P.Czernichow, M-C.Simeoni, et al), Elsevier Masson, 2012.p. 143-154,
  • Approche philosophique du concept de précarité in: Innover contre les inégalités de santé. (sous la dir.P-H. Bréchat et J.Lebas), p. 431-440, Presses de l'École des Hautes Études en Santé Publique, 2012, p. 431-440.
  • La naissance de l'enfant. Aspects éthiques et philosophiques. Le droit aux soins en médecine prénatale. Actualités scientifiques, éthiques et juridiques, Dalloz-Sirey, 2011 (148 pages) : p. 7-14.
  • L'hébergement électronique des données de santé: Vers la fin du secret médical ? in: Tout dire? Transparence ou secret. (dir. R. Frydman & M. Flis), Paris, PUF, 2011.
  • Santé, égalité, solidarité. Des propositions pour humaniser la santé. Humaniser la fin de vie (sous la dir. C. Dreux, J.F. Mattei), Ed. Springer, 2011. p. 251-266.
  • Le dépistage conduit-il à l'eugénisme? in: Encyclopédie de la naissance.(sous la dir. R. Frydman), Albin Michel, 2010, p. 1355-1358.
  • Les risques potentiels dans la recherche biomédicale in :La santé face au principe de précaution. in: (sous la dir. Dominique Lecourt), PUF, 2009 (160 pages) : p. 133-156.

Publications dans des revues[modifier | modifier le code]

  • Le conflit d’intérêts : nouvelle figure du péché originel ? in :Études. 2016 (n°4226) pp.51-60 
  • Le phénomène du coaching: un symptôme de fragilité du lien social », in: Études, avril 2015, no 4215 : 31-40.
  • « L’exigence de sens du patient » in: Ethics, Medicine and Public Health, vol. 1, no 2, avril-juin 2015, p. 230–238
  • « Quel rôle pour le Comité consultatif national d’éthique au sein de la cité ? » in Éthique et santé, 2014;11:105-110.
  • « La notion de conflit d’intérêts dans les champs de la santé et de l’environnement. Regard philosophique et juridique », avec Marie-Angèle Hermitte in: Journal international de bioéthique, ESKA, vol. 25, no 2, oct. 2014, p. 15-50
  • « Quelle solution aux dilemmes éthiques en cas de pandémie virale ? L'avis no 106 du CCNE » inLes catastrophes sanitaires, sous la dir. D. Viriot-Barrial, Cahiers du droit de la santé, Ed. Les études hospitalières: oct.2013 : p. 271-278
  • « La dignité humaine kantienne : une justification des transplantations d’organes ? », avec Cléa Sambuc. Raison publique, no 17,  éd. B.Lambert, PUR, 2012. p. 219-238
  • Le diagnostic pré-implantatoire va-t-il améliorer l'espèce humaine ? In: De l'humain à l'artifice (sous la dir. R.Logier), Actes sud, 2010
  • « Exigence éthique et tarification à l'activité », Revue de philosophie économique. Enjeux éthiques en économie de la santé. (sous la dir. M. Gadreau), Vrin, 2009.
  • Place de la réflexion philosophique dans la décision médicale. Édition Académie de médecine, 193, no 2, p. 499-510, 200

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le manifeste des trente: 30 médecins, philosophes et personnalités engagées, rappellent au laboratoire SERVIER et à la profession médicale leurs obligations légales et morales », sur manifestedes30.com,‎ (consulté le 28 août 2015)
  2. (en) Tom L Beauchamp & James F Childress, Principles of Biomedical Ethics, 7th Edition., Oxford, Oxford University Press, , 459 p p.
  3. Schopenhauer, Le fondement de la morale, Paris, Le livre de Poche, , 256 p. (ISBN 9782253058090)
  4. http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2008/08/13/1243281_dementi-de-pierre-le-coz.html Le Huffington Post, relais de LePost.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]