Pierre Laffitte

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Pierre Laffitte
Image illustrative de l'article Pierre Laffitte
Fonctions
Sénateur des Alpes-Maritimes
Gouvernement Ve République
Groupe politique RDSE
Biographie
Date de naissance (91 ans)
Lieu de naissance Saint-Paul-de-Vence
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique Parti radical
Profession Ingénieur

Pierre Paul Laffitte, né le à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), est un scientifique et homme politique français, membre du Parti radical et sénateur honoraire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean Laffitte, artiste peintre né à Alger et de Lucie Fink née à Strasbourg du temps de l’Alsace allemande (sa grand-mère était allemande), il fréquente l’école primaire de St Paul de Vence dirigée alors par Célestin Freinet. Il poursuit sa scolarité au Lycée Massena de Nice où il est admis comme élève boursier – pensionnaire. Il y restera jusqu’aux classes préparatoires qui le conduisent à son admission à l’Ecole Polytechnique (promotion 1944), dont il sort dans le Corps des Mines.

Marié en 1949 avec Sophie Glikman, femme de lettres et universitaire. Veuf en 1979, il épousera en 1985 Anita Garcia décédée en 2005. Il se remarie en janvier 2012 avec Isabelle Michel, docteur en médecine

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Ingénieur géologue,  il débute sa carrière au Bureau de recherche  géologique et géophysique (BRGGM), service du ministère de l’Industrie. Il le transforme en Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) dont il est nommé directeur. Il y  développe  un  Service Géologique National  d’une part un Bureau Minier d’autre part. La décision en 1959 de fusionner l’ensemble des bureaux Miniers français  le conduit à codiriger l’ensemble, puis à renforcer, avec les services géologiques hors métropole, le Service géologique national du nouveau  BRGM.

En 1963, il quitte le BRGM et entre à l’Ecole des Mines de Paris comme sous-directeur chargé de l’enseignement du Corps des Mines, et directeur de la Recherche de l’école. Il poursuit une réforme profonde de la scolarité du Corps des Mines, il introduit l’accès à des membres d’autres Corps, notamment les Telecom et ouvre un recrutement du Corps à partir d’ingénieurs civils et de l’Ecole Normale Supérieure. Surtout, il développe fortement au sein de l’Ecole la Recherche partenariale avec l’industrie en créant l’outil ARMINES qui deviendra le prototype des Instituts Carnot, analogues aux Instituts Frauenhofer allemands.  Il est également à l’origine des établissements décentralisés de l’Ecole à Fontainebleau, Evry et Sophia Antipolis de la recherche en sociologie des entreprises.

En 1968,il modernise les relations entre étudiants, enseignants et direction pour évaluer l’efficacité pédagogique des cours. Il crée la Conférence des Grandes Ecoles qui regroupera l’ensemble des écoles délivrant le titre d’ingénieur et certaines écoles de gestion.  En 1974, il est nommé directeur de l’Ecole des Mines de Paris.

En 1980, on lui confie la présidence du Comité de Recherche du Plan. Dans ce cadre, il imagine et prépare des Assises décentralisées de la Recherche. Elles se tiendront sous la présidence de Pierre Chevènement, nommé entre temps ministre de la Recherche et de l’Innovation

En 1981 et 1982, Il œuvre pour le maintien des classes préparatoires aux grandes écoles dont l’existence fut un temps menacée. Parallèlement, avec l’aval de la Conférence des Grandes Ecoles,  il propose et participe à la mise en place d’un système de passerelles entre Universités et Grandes Ecoles au niveau doctorat, licence, IUT, et même BTS.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Pierre Laffitte, depuis son jeune âge  membre du parti radical, est conseiller municipal de son village natal  depuis 1961. En 1971, Francis Palmero, Sénateur des Alpes-Maritimes lui demande d’être son suppléant afin de mieux renforcer son image de défenseur  du développement économique via l’innovation. 9 ans plus tard, lors de l’élection sénatoriale le tandem est réélu. Francis Palmero décède en mai 1985, et son suppléant  lui succède.

Ses nouveaux collègues au Sénat accueillent avec enthousiasme un scientifique. Pierre Laffitte se présente et est élu le 24 septembre 1989 et le 27 septembre 1998. En 2008 le scrutin est devenu scrutin de liste, il monte une liste radicale qui est battue. Il n’y avait pas encore d’UDI.

Au Sénat, il siégeait au sein du groupe de la gauche démocratique, devenu groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen dont il a été le président (en 2007) successeur lointain de Clemenceau.

Au Sénat Pierre Laffitte est considéré comme  le principal spécialiste de la politique d’innovation Il  siège à l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques en tant que Vice-président.

Membre de la commission des Affaires Culturelles dont il est Vice-président jusqu’en 2004) il est chargé du rapport sur le budget de la Recherche. Chaque année il peut donc exprimer et faire connaître .en matière d’innovation, ce qui va mieux ou ce qui ne va pas. Pierre Laffitte devient ainsi le lien entre le milieu scientifique et technique français et le milieu politique en la matière pendant plus de 20 ans.

Son activité à l’Ecole des Mines de Paris, auprès de diverses instances, l’AFAST(association franco-allemande pour la science et la technologie) qu’il crée en 1965 et dont il est Président pendant 30 ans, le club des technopole (IASP)  qu’il a créé en 1984.le mémorandum sur les clusters de l’Union Européenne dont il a présidé le comité de haut niveau en 2008 et bien d’autres fonctions montrent l’étendue de sa notoriété.

Réalisations[modifier | modifier le code]

SOPHIA ANTIPOLIS

Dans les années 60 Pierre Laffitte  constatant le besoin de renforcer les moyens de recherche publics et privés conduisait en région parisienne à les disperser. Le symbolique quartier latin éclatait et perdait chaque année partie de ses fleurons sans qu’une stratégie concertée d’aménagement du territoire pourtant souhaitée par la DATAR existe pour les concentrations de cerveaux en IIe de France. On regrettait aussi l’hypercentralisation française (Paris et le désert français).

Pierre Laffitte suggère de créer  un quartier latin aux champs. C’est le titre d’un article qu’il écrit en  1960 dans le Monde ; il  évoque projet  et constate que les initiatives publiques sont gênées par des règlements bureaucratiques (ou d’autres facteurs), il décide de démarrer une opération privée sans but lucratif, dans le sud, prés  de son lieu de naissance et de l’aéroport de Nice Côte d’Azur.

Sophia Antipolis™ dénommée « Cité  internationale de la Sagesse des Sciences et des Techniques », supposée devenir la Florence du XXIe siècle. Une idée forte : la « fertilisation croisée»,  expression inventée par Pierre Laffitte, souvent reprise depuis, est à la base du projet .Pour lui, toute innovation majeure nécessite le croisement, les contacts entre esprits de culture diverses. Utiliser la matière grise pour lancer un grand pôle azuréen de développement économique, sera complémentaire du pôle de Fos sur mer à l’ouest de la région, basé sur l’industrie lourde.

La deuxième idée forte : Combiner économie et écologie. Le parc devra éviter toute pollution industrielle pouvant nuire au tourisme  ; il en résultera un projet de cahier des charges drastique  pour l’aménagement.  

En 1969, Pierre Laffitte crée deux outils : l’Association Sophia Antipolis et le Groupement d’Intérêt Economique SAVALOR. Il s’agit sur une pinède entre Antibes et Grasse de rassembler en un même lieu  des Centres d’enseignement, des Centres de Recherche publics et privés,  des Entreprises innovantes si possible des organismes financiers et de propriété industrielle etc. Un tel écosystème favorisera l’innovation, la créativité et l’esprit d’entreprise. C’est en fait la même démarche que celle qu’il pratique à Paris, à l’Ecole des Mines, ARMINES et avec la Conférence des Grandes Ecoles. Vaste programme que beaucoup jugent utopique. Malgré ces prédictions, Sophia Antipolis™ a vu le jour. La première technopole de France dispose désormais d’une marque notoire. Son modèle original est apprécié. La Fondation Sophia Antipolis™ (reconnue d’utilité publique) créée en 1984 poursuit depuis lors l’action de Pierre Laffitte avec la même vision  stratégique.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Introduction à l'étude des roches métamorphiques et des gîtes métallifères
  • Métallogénie de la France
  • Carte minière du globe sur fond tectonique au 1/20 000 000e (UNESCO)
  • Traité d'informatique géologique
  • Les Technopoles en France (Encyclopædia Universalis)
  • Sophia Antipolis. Naissance d'une Ville ?
  • L'Accès au savoir par la télévision (Economica)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Interview de Pierre Laffitte par L. Gigon : Pierre Laffitte : l'esprit "Quartier Latin", dans Vie Publique, 1992 n° 228, pp. 20-24, Cat.inist.fr

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]