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Pierre Jansen

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Pierre Jansen
Portrait par Fernand Michaud. Festival d'Avignon 1986.
Biographie
Naissance
Décès
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Pierre Georges Cornil JansenVoir et modifier les données sur Wikidata
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Pierre Jansen, né Pierre Georges Cornil Jansen le à Roubaix et mort le à Saint-Pierre-Saint-Jean, en Ardèche, est un compositeur français de musique contemporaine et de musique de film. Il est notamment le compositeur attitré de Claude Chabrol pour qui il compose près d'une trentaine de bandes originales.

Pierre Jansen nait le le à Roubaix[1]. Il y fait ses premières études musicales au conservatoire (piano et harmonie) sous la direction d’Alfred Desenclos. Il suit des études supérieures au Conservatoire royal de Bruxelles (prix de piano et d’harmonie) et des études d’écriture avec André Souris (harmonie, contrepoint, fugue et orchestration).

À partir de 1952, il suit régulièrement les cours d’Olivier Messiaen et participe aux Internationale Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt. En 1958, il crée à Darmstadt une suite pour piano et 18 instruments qui est reprise à Paris au cours d’un concert du Domaine musical.

Évolution musicale

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En 1960, oppressé par la rigidité de la musique sérielle et de l'école de Darmstadt, influences dominantes du moment auxquelles il ne voit pas d'alternative, il se trouve insatisfait de ses compositions. Il renonce alors à la musique d’avant-garde, et se consacre à la musique de film, dans laquelle il trouve une nouvelle liberté[2].

Musiques de film

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Il collabore avec Claude Chabrol dont il devient le compositeur attitré, signant près d'une trentaine de bandes originales, depuis Les Godelureaux en 1961 jusqu'au Grand Frère en 1982[3]. Chabrol dit à propos de Jansen : « J’ai rencontré un frère en musique », tandis que ce dernier qualifie sa rencontre avec le réalisateur de « déterminante et inespérée »[4].

Il travaille ensuite avec Claude Goretta, Francis Girod et Pierre Schoendoerffer. Il œuvre pour la télévision en composant des musiques pour Serge Moati et pour Josée Dayan.

En 1985, il compose pour le cinéma muet, en collaboration avec Antoine Duhamel, une vaste partition pour grand orchestre destinée à accompagner les images du célèbre film de D. W. Griffith, Intolérance. L'œuvre est créée par l’Orchestre national d'Île-de-France (direction Jacques Mercier) et projetée en direct au théâtre des Amandiers, puis au festival d'Avignon[3].

Une version du film nouvellement restauré est réalisée en 2007. Elle a nécessité une nouvelle adaptation de la partition[5].

Suite de carrière

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Abandonnant peu à peu la musique de film car ne voulant pas tomber « dans la facilité commerciale », il se consacre alors à sa propre œuvre en composant des concerts.

Il a enseigné l’orchestration à l’École normale de musique de Paris, ainsi qu’au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Il meurt le à Saint-Pierre-Saint-Jean, en Ardèche[6].

Postérité

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Ses manuscrits et archives personnelles sont conservés au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France depuis 2019, à la suite du don de sa veuve, Colette Zerah[7].

Catalogues des œuvres

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  • Pour orchestre :
    • une symphonie (1995)
    • Éloge de la consonance (1989)
    • Litanie pour un éden (1993)
    • Concerto pour piano et orchestre (2006)
    • L’an deux mille, la fin d’un millénaire pour chœur et orchestre (1999)
    • Suite en duo pour piano et orchestre (orchestration de la Suite pour deux pianos) (1987)
    • Concerto pour Saxhorn et Orchestre (2014)
  • Pour piano :
    • Première sonate (1983)
    • Deuxième sonate (1986 – 1989)
    • Douze pièces pour piano
    • Divertissement à quatre mains
    • Suite pour deux pianos (1983)
  • Pour guitare :
    • Concerto pour guitare et cordes (Bèrben 2006)
    • Évocation d'un Concerto (2006, inédit)
  • Musique de chambre :
    • Premier quatuor à cordes (1980)
    • Deuxième quatuor à cordes (1991)
    • Trio pour piano violon et violoncelle (2000)
    • Sonatine pour violon et piano (1977)
    • Fantaisie toccata et rondes, violoncelle et piano (1981)
    • Vagabondages pour flûte (ut et sol) et piano (2007)
    • Quelques fragments enchaînés pour clarinette basse et harpe
    • Sonate pour violon et piano (2011)
  • Formations diverses :
    • Sphène pour quintette de harpes (1971)
    • Les arborescences pour quintette de cuivres
    • Concert en quintette pour clarinette, violon, violoncelle et piano (1993)
    • Rétro-voyage pour flûte saxo alto, harpe, violon, violoncelle, célesta et piano
    • Burlesque. Pour flûte, clarinette basse, piston, trombone, percussions, piano, violon et contrebasse.
  • Musique vocale :
    • Six poèmes tirés d’épigrammes de Paul Verlaine pour baryton et piano.
    • Quatre-Temps. Pour contralto, récitant et piano (il existe une version avec orchestre).

Filmographie

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Télévision

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Discographie

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  • L’Œuvre pour piano - Erika Haase, piano (1997, 2CD Triton TRI 331106) — avec des œuvres de Colette Zerah-Jansen, interprétées par elle-même. Premier enregistrement mondial.

Notes et références

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  1. « Jansen Pierre », sur lesgensducinema.com, (consulté le ).
  2. « Pierre Jansen : "J’ai trouvé la liberté dans la musique de film" : épisode 8/11 du podcast Claude Chabrol, premier de la vague », sur France Culture (consulté le ).
  3. a et b « Mort de Pierre Jansen, compositeur aux bandes originales emblématiques », sur Le Figaro, (consulté le ).
  4. Citations de Pierre Jansen dans une interview donnée à France Musique.
  5. Réenregistrée sous la direction de Jean Deroyer, cette version est diffusée sur Arte. Elle est éditée en DVD.
  6. « Mort du compositeur Pierre Jansen, fidèle collaborateur de Claude Chabrol », Le Monde du .
  7. « Pierre Jansen entre dans les collections de la Bibliothèque nationale de France », sur bnf.fr (consulté le ).

Liens externes

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