Pierre Hyacinthe Azaïs

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Portrait d'Azaïs

Pierre Hyacinthe Azaïs (né le à Sorèze et mort le (à 78 ans) à Paris) est un philosophe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du compositeur et maître de musique Hyacinthe Azaïs (1741-1795), il devient organiste à l'abbaye de Villemagne, entre dans la congrégation de la doctrine chrétienne et en sort pour participer aux événements de la Révolution. Proscrit après le 18 fructidor, il reste caché durant trois ans dans un hospice de sœurs de charité. Napoléon le nomme professeur d'histoire au Prytanée de Saint-Cyr et maître de conférences à l'Athénée, puis inspecteur de la librairie à Nancy pendant les Cent-Jours, perdant cet emploi en 1815. Il se consacre alors à des écrits politiques, auxquels il applique son optimisme philosophique.

En 1830, il est candidat à l'Académie française[1].

Théorie philosophique[modifier | modifier le code]

Son double système philosophique et physique, célèbre au début du XIXe siècle, prétend expliquer par la loi des compensations toutes les vicissitudes des destinées humaines, et par la loi de l'équilibre tous les phénomènes de la nature et du monde. Selon sa théorie, le monde obéit à deux forces suprêmes : expansion et compression. Par leur action et leur réaction infinies, elles produisent un équilibre et ainsi une harmonie universelle.

La parole du nouvel apôtre lui gagne beaucoup de disciples ; mais avec une naïveté de conviction qui résiste à toutes les épigrammes, Azaïs a le tort de croire qu’il a donné le dernier mot de la science ; et alliant le mysticisme aux principes de la philosophie du XVIIIe siècle, il fait de sa découverte, un tissu paradoxal de subtilités souvent incohérentes.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Des rapprochements ont été faits avec un ouvrage d'Antoine Lasalle, la Balance universelle, le système des compensations n'étant alors vu que comme la reproduction de l'ouvrage[2].

Une rue de Paris porte son nom.

L'intrigue de la pièce de théâtre "La facture", de Françoise Dorin (diffusée pour la première fois le 27 février 1976 sur TF1) repose sur la théorie d'Azaïs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Azaïs a publié une cinquantaine d'ouvrages (souvent en plusieurs tomes) : une trentaine de titres philosophiques et une vingtaine de titres politiques :

  • Des compensations dans les destinées humaines (1809)
  • Système universel, 1810-1812, Avignon, 8 volumes in-8
  • Du sort de l'homme dans toutes les conditions, 3 vol. (1821)
  • Cours de philosophie générale, Paris, 1823-1828, 8 volumes in-8.
  • Nouvel Ami des enfants (1816)
  • Un mois de séjour dans les Pyrénées, Paris, Leblanc, 1809, préface de Mme Azaïs, 227 p.

Il exposait en même temps ses idées dans des cours publics fort suivis. Mais ses efforts répétés d'intéresser les savants de l'Institut furent un échec total.

À voir[modifier | modifier le code]

  • Journal manuscrit à Sorèze.
  • Bibliothèque de l’Institut. Manuscrits 2637-2645, legs de Mme Jules Mohl.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Joseph Guadet: Azaïs sa vie et ses œuvres 1846, reprise de la préface de la dernière édition (5e) de Compensations ...sur son beau-père.
  • Les Tarnais, Dictionnaire biographique, sous la direction de Maurice Greslé-Bouignol, Fédération des Sociétés intellectuelles du Tarn, 1996, les deux notices suivantes, signées Nicole Le Pottier :
  • AZAÏS, Hyacinthe (Ladern, Aude, 4 avril 1741-Toulouse, 30 mars 1795)
  • AZAÏS, Pierre Hyacinthe (Sorèze, 1er mars 1766-22 janvier 1845)
  • Les illustres de l'école de Sorèze.
  • Philippe Lejeune, « Un journal d’Azaïs », in De Perec etc., derechef, Mélanges offerts à Bernard Magné, recueillis et présentés par Éric Beaumatin et Mireille Ribière, Paris, Joseph K., 2005, p. 275-285.
  • Michel Baude, P. H. Azaïs témoin de son temps d'après son journal inédit : 1811-1844, thèse, Paris, ed. Champion, 1980. 2 vol.
  • Michel Baude, Le moi à venir, Paris, Klincksieck, 1993 (2 chapitres consacrés à P. H. Azaïs)
  • Paul Bénichou, Le temps des prophètes (Paris, Gallimard, 1977), p. 229-35.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettres à l'Académie française (préf. Hélène Carrère d'Encausse, éd. Christophe Carlier), Paris, Les Arènes, , 232 p. (ISBN 978-2-35204-102-3), p. 32.
  2. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p.192

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