Pierre Goudiaby Atepa

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Pierre Goudiaby Atepa[1], né à Ziguinchor (Casamance) le , est un ingénieur-architecte sénégalais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la communauté des Diolas Fogny, "Goudiaby" est un patronyme caractéristique de la langue diola et Atepa signifierait "le bâtisseur", un nom que l'architecte donnera à sa société et qu'il met également en avant pour lui-même. Comme beaucoup de membres de cette ethnie, il est chrétien pratiquant. Il est aujourd'hui père de cinq filles.

Né en Casamance, il a cependant grandi à Dakar, plus précisément à Medina, rue 7, puis à Rebeuss, des quartiers de la capitale. Fils de négociant, il est d’abord tenté par le théâtre, mais après des études scientifiques au Lycée Blaise Diagne de Dakar, il opte finalement pour l’architecture et part faire ses études à New York. Grâce à une bourse, il intègre une université privée réputée, le Rensselaer Polytechnic Institute. Dans un premier temps il décroche un diplôme d’ingénieur en sciences de la construction, puis complète sa formation par un diplôme d’architecture. Sa thèse de fin d'études aurait eu pour titre La Ville idéale africaine.

Après quelques premières réalisations très remarquées, il crée son propre cabinet en 1977, et en 1985 il fonde Atepa Technologies, une société d’ingénierie technique, financière et immobilière.

Par la suite il installe des bureaux dans nombre de pays africains : Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Togo, Mauritanie, Tchad, République démocratique du Congo ou encore Burkina Faso. En 2006 un Espace Atepa s'ouvre sur les Champs-Élysées à Paris. En 2010 il ouvre un bureau à Pékin. D'autres sont en projet à New York et à Tokyo.

Pierre Goudiaby Atepa a été Président de l’Ordre des architectes du Sénégal et de l’Union des architectes d’Afrique mais également membre de l’Académie internationale d’architecture.

Très proche de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, il fut son conseiller en matière d'architecture, « artiste officiel du Roi Soleil »[2], faisaient remarquer les adversaires de Me Wade, qui critiquaient une politique de grands travaux très coûteuse pour les finances publiques.

Préoccupé du sort de la Casamance, il est le président du Collectif des cadres casamançais et oeuvre depuis plusieurs années pour le retour de la paix dans la région irrédentaire.

Réalisations[modifier | modifier le code]

  • Grâce à un concours organisé par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Pierre Goudiaby Atépa et un de ses confrères, Cheikh Ngom, réalisent la construction du siège de l'institution à Dakar, en 1975. Une controverse, qui attribuait la paternité de l'oeuvre tantôt à l'un et tantôt à l'autre des architectes, fut réglée par une décision de justice. L'oeuvre est commune aux deux architectes. D'après Ngom, la tour évoquerait par sa hauteur et sa silhouette majestueuse, l'arbre ancestral et sacré de Casamance, le fromager. D'autres sources penchent pour le baobab, symbole du Sénégal, mais aussi de la solidité et de la stabilité du franc CFA. De fait, le plus haut building de Dakar à ce jour était reproduit sur les anciennes coupures de 10 000 francs CFA – démonétisées en 2003 – et donc très familier aux Africains de l'Ouest.
  • En 1999, lorsque les chefs d'État d'Afrique centrale se réunissent pour le Sommet de Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, il réalise notamment un grand centre de conférences de 600 places et seize villas présidentielles.
  • L'aéroport international de Banjul en Gambie, tel un grand oiseau blanc prêt à l'envol, se veut un symbole de liberté, de paix et d'équilibre, résolument tourné vers le développement. Cet aéroport a été classé par Rowen Moore du journal britannique The Observer parmi les dix meilleurs aéroports mondiaux le 14 août 2010. L'infrastructure de Banjul y figure aux côtés de réalisations de grandes renommée mondiale comme Roissy Charles De Gaulle à Paris, Dulles à Washington ou le King Abdulaziz de Djeddah.
Le siège de la CEDEAO à Lomé (Togo)
  • Monumental, le siège de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest à Lomé (Togo) est composé de deux bâtiments reliés par un pont qui symbolise le lien entre les 16 pays membres. Un édifice de 13 étages prend lui-même appui sur 16 éléments qui constituent la structure de base. Il est dédié à la femme africaine, représentée par une sculpture de trois mètres d'envergure. La rotonde de la salle de conférences suggère une calebasse retournée et un point d'eau rappelle cet élément essentiel en Afrique.
  • Les Pyramides – une pyramide tronquée – abritent l'espace de travail du Maître et son cabinet.
  • Parmi les autres réalisations, citons encore la Cité des Enseignants à Dakar, l’École supérieure de gestion des entreprises, l’agence de la Société générale de banque dans la zone industrielle à Dakar et surtout la Porte du Troisième millénaire, inaugurée en 2001 sur la grande corniche de Dakar, face à l'océan.

Projets en cours[modifier | modifier le code]

Beaucoup de projets sont à l'étude, tous ne seront pas réalisés, mais cette liste témoigne des ambitions et de la vitalité d'une équipe : l'Université du Futur Africain, la Cité Ker Gorgui, la Grande Mosquée Cheikh Amadou Bamba, un grand stade au Moyen Orient, un Cyber Village, la Cité Ministérielle de Guinée équatoriale, l'immeuble de l'OACI en Guinée équatoriale.

Le Monument de la Renaissance africaine sur le point culminant de Dakar, inauguré le , fait partie des grandes réalisations de l'architecte.

Au cours de ces dernières années, hors du Sénégal, l'architecte a été très présent au Tchad où il a réalisé la Place de la Nation, haut lieu de commémoration de toutes les grandes festivités nationales, ainsi que l'hôpital de la Mère et de l'Enfant. Il travaille actuellement sur la construction de la Cité Internationale des Affaires, un gigantesque complexe immobilier et hôtelier étalé sur 20 ha au coeur du centre des affaires de la capitale tchadienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On rencontre aussi l'appellation "Pierre Atepa Goudiaby", ou "Pierre Goudiaby", ou encore de plus en plus souvent "ATEPA" tout court, de préférence en capitales comme c'est souvent l'usage au Sénégal pour les patronymes, mais ici nom et raison sociale ont fusionné.
  2. Loisirs, sorties et visites à Dakar

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdou Sylla, L’Architecture sénégalaise contemporaine, L’Harmattan, Sociétés africaines et diaspora, 2000, 126 p. (ISBN 2-7384-9695-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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