Pierre Ferracci

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Pierre Ferracci
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Pierre Ferracci, né en 1952, est un dirigeant français, expert en politique sociale[1],[2]. Il dirige le groupe de conseil Alpha qu'il a fondé. Il est président du Paris Football Club depuis 2012[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Originaire de Suartone en Corse-du-Sud, Pierre Ferracci est né le 11 juin 1952[4]. Il est le fils d'Albert Ferracci (figure de la Résistance et responsable du Parti communiste en Corse[5]) et d'une mère syndicaliste enseignante[6]. Pierre Ferracci est expert-comptable de formation. Il est, par ailleurs, titulaire d’une maîtrise d’économique appliquée de l’Université Paris-Dauphine et d’un diplôme d’études supérieures en sciences économiques[7].

Il est le père de l'économiste Marc Ferracci et de François Ferracci, né en 1992, ancien joueur du PFC[6], et le beau-père de l'avocate Sophie Ferracci.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il a fondé en 1983 une société de conseil, le Groupe Alpha[8]. Sa filiale Secafi est connue pour ses activités de conseil auprès des instances représentatives du personnel et des comités d'entreprise.

En 2007, il a participé à la « commission Attali » « pour la libération de la croissance » en France[9], et a présidé, en 2008, le groupe multipartite sur la formation professionnelle à la demande de la ministre de l'Économie Christine Lagarde.

Il est considéré comme proche des milieux de gauche. En effet, il a une proximité forte avec la CGT[6], et son secrétaire général, Philippe Martinez[10]. Proche d'Emmanuel Macron, qui est un ami intime de son fils Marc Ferracci, et qu’il a fréquenté lorsque ce dernier était rapporteur de la Commission Attali, puis Secrétaire Général Adjoint à l’Élysée et Ministre de l’Économie[11], et sur lequel il a déclaré :

« Macron est un homme de gauche qui veut mettre en œuvre un libéralisme tempéré sur le plan économique et un libéralisme plus affirmé sur la société. Cette forme de libéralisme qui se cherche, c'est un peu le produit de la commission Attali[12]. »

À l’été 2014, Pierre Ferracci a été nommé à la Présidence du Conseil national éducation-économie par le ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon[13],[14]. Il est également membre du conseil d’orientation pour l’emploi[15].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Pierre Ferracci est régulièrement cité dans les médias sur les sujets relatifs au droit du travail et aux relations sociales, à l'instar de Raymond Soubie. Lors de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017, il a ainsi déclaré dans Le Monde :

« En France, on parle aujourd’hui beaucoup de dialogue social mais on a des syndicats qui font trop de politique. »[16]

A propos du « modèle allemand » de codécision (Mitentscheidung), Pierre Ferracci reconnaît les vertus du dialogue au sein des branches professionnelles ou dans les entreprises. Il émet cependant des réserves sur une remise en cause trop virulente du paritarisme à la française, issu d'après-guerre :

« Macron est celui qui respecte le plus les syndicats mais qui pousse le plus loin la critique du paritarisme. »[16]

À l’occasion du vote par le Parlement de la loi d’habilitation autorisant le Gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances le , Pierre Ferracci émet un certain nombre de réserves, jugeant le projet déséquilibré « en faveur de la flexibilisation du marché du travail »[17].

Paris Football Club[modifier | modifier le code]

Article connexe : Paris Football Club.

En 2006, Pierre Ferracci devient administrateur du l'association Paris FC. En 2009, la situation évolue : Guy Cotret et Pierre Ferracci créent la SASP (Société Anonyme à Objet Sportif) Paris FC, dont ils détiennent à parité les actions[18],[19].

À la fin de la saison 2011-2012 et un nouveau maintien du club en National, les conseils d'administration de l'association, dirigée par Pierre Ferracci, et de la SASP, dirigée par Guy Cotret, doivent se prononcer sur l'ouverture du capital du PFC permettant de doubler le budget du club. Mais, les tensions augmentent entre Ferracci et Cotret qui s'opposent sur deux projets de reprise : celui du fonds d'investissement Centurial Capital (soutenu par Cotret) et celui de Jean-Marc Guillou (soutenu par Ferracci)[20].

Finalement, début juin, le Paris FC privilégie le projet de Guillou, soutenu par Ferracci, « qui consiste schématiquement à “prêter” et valoriser au sein du PFC des joueurs formés dans ses académies implantées à travers le monde[21]. » Cotret, fragilisé, se réunit avec Ferracci devant la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) pour annoncer un budget d'environ 4 millions d'euros, accepté par la DNCG[22]. Mais les tensions entre les deux hommes restent vives : pour sauver le club, une réunion est prévue concernant le rachat des parts de Cotret par Ferracci[23]. Quelques jours après, les deux parties réussissent à s'entendre : Cotret quitte le club après avoir vendu ses parts à Ferracci, nouveau président du club en juin 2012[24]. Après une montée en Ligue 2 au terme de la saison 2014-2015, le Paris FC est rétrogradé en National à la fin de l’année suivante. Au terme de la saison 2016-2017, après avoir terminé 3e du Championnat National, joué et perdu les barrages contre Orléans, 18e de Ligue 2, le Paris FC se retrouve néanmoins, le , en Ligue 2, à la suite du dépôt de bilan du Sporting Club de Bastia. En , Pierre Ferracci annonce la fusion du club avec le Football Club Féminin Juvisy Essonne, qui devient la section féminine du Paris FC ; la fusion est effective en juillet 2017. Le Paris FC, à la suite de cette fusion, évolue en Division 1 Féminine.

Décorations[modifier | modifier le code]

Contentieux immobilier[modifier | modifier le code]

En 1996, la société de M. Ferracci sollicite un permis de construire pour un projet de cinq villas d'une surface totale de 898 m2 dominant la baie de Rondinara. La demande de permis est rejetée hors-délai par le maire de Bonifacio de l’époque, Jean-Baptiste Lantieri. La SCI se pourvoit en justice et obtient en la validation du permis de construire de la cour administrative d’appel de Marseille. La même année le site est classé remarquable donc inconstructible. Les travaux démarrent en 2008, 150 mètres plus loin, près du littoral. Ils ne concernent plus que deux villas et une piscine et sont lancés sans permis de construire modificatif. Pierre Ferracci défend son projet en déclarant qu'il s'intègre mieux dans l'environnement que le projet initial. Ce n'est qu'en 2013, qu'une action judiciaire est lancée par la direction départementale des territoires et de la mer de Corse (DDTM)[26]. Alors que les déclarations d'ouverture du chantier en 2008 et d'achèvement des travaux en 2013 portaient sur une surface de 354 m2, c'est une surface construite de 670 m2 qui est mesurée par la DDTM[27].

Pour la construction illégale de biens immobiliers à proximité de la baie de Rondinara, la société civile immobilière de Pierre Ferracci, Tour de Sponsaglia, est condamnée par le tribunal correctionnel en première instance, le à 1 000 000 , la peine maximale pour ce type d'infraction. Par son jugement, la Cour reconnaît que les constructions s’insèrent mieux dans le paysage par rapport à celles prévues par le permis initial et rejette la demande de destruction des villas[28]. Les associations de protection de l’environnement U Levante et ABCDE, parties civiles au procès, interjettent appel de la décision[29]. L’avocat des parties civiles, maître Busson, souligne qu'un hectare a été défriché sur un site classé remarquable[30].

Le , la cour d’appel de Bastia confirme le jugement de première instance en ne demandant pas la démolition des constructions ; elle ne se prononce pas sur l’amende, puisque Pierre Ferracci n’a pas fait appel[31].

La décision de la cour de cassation du 19 mars 2019 [32]pour les villas Ferracci à Bonifacio délivre un autre message : une amende d'un million d'euros ne dédouane pas d'un permis illégal. Le principe de réparation intégrale des espaces naturels est supérieur. La plus haute juridiction a annulé l’arrêt de la cour d’appel de Bastia daté du 5 juillet 2017, lui reprochant notamment de ne pas avoir ordonné la remise en état de la zone où ont été construites les deux villas. Une zone classée remarquable.

Le dossier a été renvoyé devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, l’association U Levante peut donc redemander la démolition des bâtiments. Le jugement est prévu dans trois ans. [33]

Publications[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • François Cochet et Philippe Gervais, La révolution de l’emploi, les nouveaux enjeux de la négociation sociale dans l’entreprise, L’Atelier, coll. Social Eco HC, 2001, 160 pp. (ISBN 978-2708235502)
  • Amélie Seignour, Roger Baudoin, Helena Lopes, Jean-Marc Le Gall, Alexandra Bidet et Olivier Favereau, Penser le travail pour penser l’entreprise, Transvalor Presse des mines, coll. Économie et gestion, 2016, 178 pp. (ISBN 978-2-35671-399-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Groupe multipartite sur la formation professionnelle - Synthèse des travaux », sur La documentation française,
  2. « Pierre Ferracci : un expert du social très influent », sur lefigaro.fr, (consulté le 25 avril 2017)
  3. Corse-Matin interview Marc Ferracci mars 2017
  4. Distinctions : les Corses à l'honneur, Corse Matin, 1er avril 2013
  5. Voir sur resistance-corse.asso.fr.
  6. a b et c « FOOT-Paris FC: le président qui parle aux ministres », sur leparisien.fr, (consulté le 3 janvier 2015).
  7. CNEE : Pierre Ferracci, 20 août 2014
  8. « Amis des salariés, conseils des patrons », sur filpac-cgt.fr, (consulté le 25 avril 2017)
  9. Hadrien Mathoux, Mobilisation en Corse pour la démolition des villas d’un proche d’Emmanuel Macron, Pierre Ferracci, marianne.net, 30 juillet 2017
  10. « Les petits secrets de Philippe Martinez, le nouveau patron de la CGT », sur capital.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  11. Les Ferracci, une tribu «en marche», Les Echos, 7 juillet 2017
  12. « Aux origines du phénomène Macron », sur lesechos.fr, (consulté le 25 avril 2017)
  13. Pierre Ferracci, président du Conseil national éducation-économie (1/2) - 04/12, BFM Business, 4 décembre 2014
  14. Arrêté du 18 juillet 2014 portant nomination des membres du Conseil national éducation économie, LefiFrance, 18 juillet 2017
  15. Présentation du Conseil, CNEE
  16. a et b « Élysée, gouvernement, Parlement : comment Macron voit l’exercice du pouvoir », Le Monde,‎
  17. Pierre Ferracci : « Il y a un déséquilibre en faveur de la flexibilité », le Monde, 15 septembre 2017
  18. « Ferracci : « Le Paris FC a besoin de grandir » », sur leparisien.fr, (consulté le 28 janvier 2015)
  19. « Pierre Ferracci, patron de Secafi-Alpha, devient président délégué du Paris Football Club », sur capital.fr, (consulté le 22 février 2015).
  20. Lionel Lasserre, « Le Paris FC la tête ailleurs ? », sur ladepeche.fr, (consulté le 22 février 2015).
  21. Laurent Pruneta, « Le Paris FC a choisi son avenir », sur parisgoalfoot.blogspot.fr, (consulté le 22 février 2015)
  22. « Ferracci et Cotret réunis à la DNCG dans « l'intérêt supérieur du club » », sur leparisien.fr, (consulté le 22 février 2015)
  23. « Ferracci et Cotret négocient ce midi », sur leparisien.fr, (consulté le 22 février 2015).
  24. « Cotret s'en va », sur leparisien.fr, (consulté le 4 janvier 2015).
  25. Décret du 29 mars 2013 portant promotion et nomination , Legifrance, 31 mars 2013
  26. « Villas Ferracci : une affaire qui cristallise les tensions autour de l’immobilier en Corse », sur francetvinfo.fr, (consulté le 30 juillet 2017)
  27. « arrêt 175 - mercredi 5 juillet 2017 - S.C.I. Tour de Sponsaglia - Cour d'appel de Bastia », sur francetvinfo.fr (consulté le 13 février 2018)
  28. Villas de Pierre Ferracci : son avocat dénonce “imprécisions et faussetés”, France 3 Corse, 2 août 2017
  29. Hélène Constanty, « La famille corse qui murmure à l’oreille de Macron », sur mediapart.fr, (consulté le 2 juin 2017).
  30. « Rondinara : la polémique enfle autour des villas Ferracci », sur francetvinfo.fr, (consulté le 13 février 2018)
  31. Villas Ferracci en Corse : l’affaire en trois dates, France Inter, 30 juillet 2017
  32. « Villas Ferracci : la Cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel de Bastia », sur France 3 Corse ViaStella (consulté le 1er avril 2019)
  33. « Les condamnations pour construction illégale se multiplient en Corse », sur France 3 Corse ViaStella (consulté le 1er avril 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]