Pierre Etevenon

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Pierre Etevenon
Description de l'image Pierre Etevenon 2018.jpg.

Naissance (86 ans)
Domaines électroencéphalographie quantitative, états modifiés de conscience

Pierre Etevenon, né le , est un scientifique français spécialiste de l'électroencéphalographie quantitative. Il est le premier scientifique à avoir a investigué dès les années 1970  les corrélats physiologiques des états méditatifs, notamment en analysant les tracés électroencéphalographiques de maîtres zazen[1]. Il est directeur de recherche honoraire à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Etevenon est né le à Courbevoie (Hauts de Seine), fils de Raymond Etevenon et de Marcelle Legrain. Docteur ès sciences naturelles et docteur en chimie organique, c'est un chercheur interdisciplinaire bio-médical qui est directeur de recherche honoraire Inserm depuis 2000. Après une licence d’enseignement en physique-chimie en Sorbonne, il enseigne la physique et la chimie pendant quatre ans en classes terminales chez les pères jésuites et les maristes puis jusqu’en 1966 au Collège Stanislas à Paris. Il devient ingénieur-chimiste ESCOM en 1961 puis il soutient une première thèse de troisième cycle en chimie organique[2] en 1962 effectuée au Centre de recherche Kodak-Pathé de Vincennes et portant sur les colorants photographiques.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Ensuite, lors de son service militaire au Centre d’enseignement et de recherche de médecine aéronautique (CERMA), il a découvert la neurophysiologie des états d’éveil et de sommeil, ainsi que les états pathologiques après hallucinogènes et privation sensorielle, et décide alors d’étudier la vision cérébrale après la prise de substances hallucinogènes. En 1965 et 66, il part étudier sur les effets des hallucinogènes et des psychotropes sur la dominance cérébrale aux États-Unis à Princeton au New Jersey Neuro-Psychiatric Institute (NJNPI) en neuropharmacologie, dirigé par Humphrey Osmond, le père des psychédéliques. Il étudie auprès du professeur Leonide Goldstein et pratique la méthode d’étude de l’électroencéphalographie quantitative pour étudier le fonctionnement cérébral qu’il applique ensuite à son retour en France.

L'Inserm[modifier | modifier le code]

En 1967, à Paris, il devient chercheur Inserm dans l’Unité 19 de neuro-psycho-pharmacologie pour laquelle il applique ses connaissances aux effets des psychotropes et où il développe le laboratoire de neuropharmacologie. En 1977, il soutient à l’Université Pierre et Marie Curie une thèse d’État (Docteur ès sciences) sur l’électroencéphalographie quantitative[3]. Il reçoit le Prix de la Fondation Courtade, Société Française de Pharmacodynamie et de Thérapeutique, Paris, en 1981[4].

De 1971 à 1987, il développe le « laboratoire d’EEG quantitative » dans le « Service des maladies mentales » du Professeur Pierre Deniker[4] au Centre Hospitalier Sainte-Anne et dans les locaux du Laboratoire d’EEG et d’explorations fonctionnelles du Dr G. Verdeaux, et il dirige une équipe de recherches universitaire (B1*) de la Faculté de médecine Paris Cochin Port-Royal. Il y étudie les états de conscience pathologiques en psychiatrie et neurologie, les états d’éveil et de sommeil et les états modifiés de conscience[5]. Il développe en France la « cartographie EEG » (EEG brain mapping) comme technique d’imagerie cérébrale à partir d’électroencéphalogrammes multivoies. Trois essais seront publiés ensuite : Les aveugles éblouis. Les états limites de la conscience (1984) ; Du rêve à l'éveil. Bases physiologiques du sommeil (1987) ; L'Homme Éveillé. Paradoxes du sommeil et du rêve (1990).

De 1988 à 1999, il développe le « Laboratoire de cartographie EEG » au Centre Esquirol du CHU Côte de Nacre où il est nommé « Directeur de Recherche Inserm »[6],[7]. Il est co-responsable du groupe de psychopharmacologie clinique (1990-1992), du groupe d'imagerie cérébrale : méthodologie et développement (1993-1994), et de 1995 à 1999, il anime avec le Pr F. Eustache, le groupe « Cognition et comportement » de l'Unité Inserm 320.

Il est membre fondateur de la revue Brain Topography, dont le premier numéro a paru en 1988.

En 2006, il publie avec Bernard Santerre États de conscience Sophrologie et Yoga[8]. En 2013, il publie en deux tomes successifs Des rêves pour changer votre vie, dans lesquels il présente un modèle de compréhension des rêves qui tient compte du temps réversible de la relativité générale et de la double causalité de Philippe Guillemant. Le deuxième tome fait état de 141 récits de rêves extraits de son journal de rêves commencé quotidiennement depuis 1970[9].

Sa biographie américaine est mise à jour dans Marquis Who’s Who (en), depuis 2011.

Intérêt pour les civilisations orientales[modifier | modifier le code]

Taisen Deshimaru enregistré à Paris par Pierre Etevenon en EEG en 1972, assis en méditation zazen.
Médaille décernée par le journal Ouest-France en 1986.

Chercheur généraliste, il s’intéresse dès l'âge 15 ans à l’imaginaire et aux expériences intérieures[10]. Il se passionne aussi pour les civilisations orientales, en particulier l’Inde et le Japon. De 1970 à 1973, durant l'été, il se rend en Inde, à l’ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry[9]. Et en 1972, il est invité à New Delhi par Indira Gandhi au Séminaire International pour le Centenaire de Sri Aurobindo. Dès 1972-73, il a étudié par électroencéphalographie quantitative la méditation zazen en enregistrant en EEG quantifié le moine zen japonais Taisen Deshimaru ainsi que l’indianiste Lilian Silburn, spécialiste de la méditation dans le courant le shivaïsme du Cachemire[2]. Cela fait de lui le pionnier des « états de conscience modifiés »[10], dont il a fait l’historique dans l’introduction au « Forum des sciences cognitives » (Paris, 2013), dont c’était le thème. En 2006, il a poursuivi autour du professeur Pierre Flor-Henry (en) cette recherche en faisant enregistrer au Canada en EEG quantitative Corine Sombrun, avant et pendant une transe chamanique volontairement contrôlée[11],[12].

Il développe une recherche de modèles topologiques multidimensionnels en neurosciences. Encouragé par René Thom, il publie une nouvelle méthode d’« Analyse quadri-dimensionnelle de l'électroencéphalogramme pendant un épisode de sommeil paradoxal chez l'Homme », suivi de réveil provoqué et de rappel de récit de rêve[13].

Activités de recherche[modifier | modifier le code]

En quarante ans de recherche, Pierre Etevenon a produit 143 publications, dont 46 articles internationaux cités dans la base documentaire biomédicale américaine Medline and PubMed. Il est membre du réseau scientifique de chercheurs biomédicaux de researchgate.net. Il a réalisé trois films scientifiques comme auteur, scénariste et réalisateur dont La Caverne de Platon. Cartographie EEG d’une nuit de sommeil et de rêve (1986), Prix Granat 1987[4].

Dans ses recherches, Pierre Etevenon relève que l’activité cérébrale alpha est augmentée de manière stable[14]. Les résultats sont relayés dans un article de La Recherche intitulé : « Les états de conscience modifiés volontairement »[15]. Le chercheur considère que ce qu’il qualifie d’états modifiés de conscience ne doit pas être assimilé à des états pathologiques, ni rapproché des états de sommeil. Aujourd’hui ces articles de 1972-1973 sont considérés comme des études préliminaires ouvrant des voies nouvelles pour la recherche[14].

Il poursuit par la suite des recherches sur les états modifiés de conscience, la sophrologie et le yoga notamment, ce qui conduit à de nombreuses publications dans des revues scientifiques, puis dans des revues axées sur le développement personnel et la spiritualité[8],[10],[16].

Depuis 2006, il contribue à l’analyse des corrélats physiologiques des états de transe chamanique auto-induits, à laquelle Corine Sombrun prête son concours[16],[17],[18],[19].

Publications[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Corine Sombrun, La Diagonale de la joie : Voyage au cœur de la transe, Paris, Albin Michel, (ISBN 978-2-226-39615-0).
  2. a et b « Voyage au cœur des rêves », sur Le journal du yoga (consulté le ).
  3. « Étude méthodologique de l'électroencéphalographie quantitative. Application a quelques exemples - Résumé », sur hal.sorbonne-universite.fr (consulté le ).
  4. a b et c « Etevenon Pierre - Biographie », sur canal-u.tv (consulté le ).
  5. (en) M Lerner, « Recent medical research on yoga and states of concentration », sur PubMed, (consulté le ).
  6. Louis Timbal-Duclaux (es) (compte-rendu), « Pierre Etévenon Du rêve à l'éveil : Bases physiologiques du sommeil », Communication et langages, Paris, no 72,‎ , p. 124 (ISSN 1778-7459, lire en ligne, consulté le ).
  7. « Cartographes du cerveau, ils traquent les neurones en trois dimensions », sur Le Monde, (consulté le ).
  8. a et b Mathieu Vidard, « Les états de conscience : la sophrologie et le yoga », sur France Inter, 29 novembre 2006 (58 min.) (consulté le ).
  9. a et b Nadia Loury, « Café Auroville du  », sur auroville-france.org, (consulté le ).
  10. a b et c Pierre Etevenon, « Les états de conscience modifiés », 3e Millénaire, no 127, , p. 14-23.
  11. Silvana Grasso, « Toulouse. Neurosciences : Nous n'utilisons qu'une infime partie du cerveau », sur La Dépêche du Midi, (consulté le ).
  12. Catherine Barry, « Corine Sombrun, de la transe chamanique à la science : Transe auto-induite », sur Le Monde, (consulté le ).
  13. Voir sommeil.univ-lyon1.fr [lire en ligne (page consultée le 31 mai 2021)].
  14. a et b « Électroencéphalographie | AFDMS », sur developpement-mental-semantique.com, (consulté le ).
  15. « Les états de conscience modifiés volontairement », La recherche,‎ , p. 29(3):1099-1102 (lire en ligne).
  16. a et b Caroline Lachowsky, « Autour de la question - Pourquoi étudier la transe chamanique ? », sur rfi.fr, 11 avril 2016 (50 min.) (consulté le ).
  17. Marianne Enault, « Ce que l'expérience de la transe peut apprendre à la science », sur lejdd.fr, (consulté le ).
  18. « Corine Sombrun - Chamanisme : tous en transe ? - 28 Minutes - Regarder l’émission complète », sur Arte (consulté le ).
  19. Serge Escots, « Épisode 2 : Corine Sombrun ou un « cas » à méditer », sur i-ac.fr (Institut d'anthropologie clinique) (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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