Pierre Dortiguier

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Pierre Dortiguier
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ToulouseVoir et modifier les données sur Wikidata
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Pierre Dortiguier, né le à Toulouse, est un philosophe français.

Il donne régulièrement des conférences sur des thèmes politiques et sociaux en livrant une analyse géopolitique et philosophique de l’histoire contemporaine à laquelle il apporte un éclairage particulier lié à sa connaissance de l'histoire des langues et des civilisations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père, chemisier dans une affaire familiale créée à Toulouse en 1913, conserve un pacifisme partagé par d'anciens combattants de l'autre guerre qui ont connu l'Allemagne impériale en prisonniers et restent neutres pendant le conflit. Suspecté de communisme par le gouvernement de Vichy, il sera innocenté par les ex-électeurs communistes de la sécurité allemande, qui témoigneront de leur gratitude pour son action de secours portée à la population allemande affamée par le blocus britannique de 1914 à 1919.

Pierre Dortiguier étudie chez les Pères jésuites de Toulouse, au collège de l'Immaculée Conception, puis entre au lycée Louis-le-Grand à Paris, et ensuite à Henri IV dans le cinquième arrondissement où il est instruit par le professeur de philosophie (et médecin oto-rhino-laryngologiste) Henri Dreyfus-Le Foyer sur l'inanité physiologique de la doctrine psychanalytique ; ainsi que par le collègue de ce dernier, Louis Guillermit appartenant à l'école néo-kantienne dite de Marbourg qui lui ouvre la voie de l'Allemagne philosophique.

En 1960, il participe à un camp estival de travail volontaire du Mecklembourg en Allemagne de l'Est (RDA) où il rencontre des militants du Parti Tudeh, mouvement communiste iranien.

En 1966, il voyage en Chine où il arrive par le transsibérien quinze jours avant la révolution culturelle qui lui ouvre les yeux sur la nécessité de la géopolitique défendue par le Président Charles de Gaulle.

En 1970, il visite la Jordanie en invité officiel du ministère de l'Information, quelques semaines avant l'insurrection meurtrière dite de septembre noir.

En Sorbonne où il suit les cours de logique et de philosophie générale « antipositivistes » de René Poirier de l'Institut de France, il présente en 1966 un diplôme d'études supérieures (Master I) sur « L'idée claire chez Descartes et l'idée adéquate chez Spinoza » sous la conduite du professeur Ferdinand Alquié. Il observe à cette époque le mouvement situationniste de 1968 qu'il voit comme un prototype de « révolution colorée » fomentée pour renverser la direction européenne impulsée par le président De Gaulle et punir ce dernier de son action de contestation de l'Atlantisme militaire, politique et financier.

En 1970, après son admissibilité à l'agrégation, il est nommé professeur de philosophie au lycée Carnot de Tunis où il enseigne jusqu'en 1971. Puis, il suit une carrière en France aux lycées de Compiègne, Montargis, Cambrai, Le Blanc et Péronne, et dans l'enseignement à distance, enfin à Pamiers.

Il travaille aux archives de Graz en Styrie (Autriche) et refuse de défendre sa thèse sur l'expérience de la forme chez Christian baron d'Ehrenfels, par suite des attaques de milieux conservateurs épistémologues et psychanalystes. Il passe alors un diplôme d'études approfondies sous la direction de Pierre Laruelle, sur la notion «ehrenfelsiste» de Ge-stalt. Il participe également au 29e Congrès de l'Association des Germanistes de l'Enseignement Supérieur (A.G.E.S.) à l'Université de Bourgogne, par une conférence délivrée le 11 mai 1996 sur la philosophie politique de Metternich.

Influences et philosophie[modifier | modifier le code]

En philosophie, il entreprend une étude trentenaire touchant l'expérience de la forme ou « Gestalt », sur l’œuvre académique et littéraire, wagnérienne, du penseur allemand et professeur antipositiviste à l'université de Prague, Christian von Ehrenfels, et se lie avec sa fille Imma, traductrice de japonais et romancière autrichienne, et à son frère, le professeur Umar von Ehrenfels (en), une notabilité musulmane allemande sunnite.

En matière de métaphysique il suit la direction du philosophe kantien viennois opposé à l’École de Francfort et aux structuralismes monistes, Michael Benedict (de).

En philosophie française, il a toujours été et demeure voltairien. En philosophie de l'histoire, il étudie aussi les mouvements dits « récentistes » allemands et russe, méconnus en France, et est un de ses rares divulgateurs dans ce pays.

Il est antipositiviste, antimoniste, antirationaliste, « ehrenfelsiste », en référence au philosophe de son étude.

Activités politiques et littéraires[modifier | modifier le code]

La dernière année de la vie du président de Gaulle, il est employé par l'Institut Charles-de-Gaulle - avec l'approbation expresse de ce dernier - à la rédaction d'extraits de ses Discours et Mémoires intitulés « Pour l'Avenir », publié en 1973 chez Plon[1] où il édite l'entier des quelques discours qui soulèvent contre le président français la coalition du courant atlantiste dans la IVe République.

Il a publié dans la Revue des deux Mondes, à la rubrique philosophique créée par son camarade de lycée Jean-Marie Benoist (1942-1990) des articles : « Le Paradis de Socrate » (1989)[2], « L'Autriche philosophe » (1990)[3] et « D'un symptôme d'américanisation » d'après Baudelaire (1990)[4].

Il contribue à différents ouvrages, sur De Gaulle et Nietzsche (1973)[5], Ernst Jünger et Rivarol (2000)[6], Joseph de Maistre et Voltaire (2005)[7],[8], et a écrit récemment un ouvrage sur la pensée malheureuse de Nietzsche[9], en reprenant contre lui les arguments de Cosima Wagner sur ce caractère maladif, avec un commentaire des extraits littéraires de Richard Wagner.

Fin connaisseur de la franc-maçonnerie, il en fait une analyse dans plusieurs épisodes d'un « maçonnoscopie » filmée en 2013[10].

Depuis 2004, il est consultant à la radio républicaine islamique d'Iran (IRIB) et à la chaîne de télévision iranienne Sahar auxquelles il délivre ses analyses géopolitiques.

Il s’est récemment converti sous le nom d'Alireza à la discipline et à la pratique chiite, célébrée dans ses poèmes didactiques, qu’il considère plus près du trésor indien par sa doctrine des Imams immaculés et du dernier occulté.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dir. avec Monique-Lise Cohen, Orient : « ce concept que nous pouvons davantage encore étendre », Kant, 1786, Toulouse, CICOM, , 223 p. (ISBN 2-9508010-0-5).
  • Nietzsche : ce qu'il n'est pas, ce qu'il découvre, Marseille, Fiat lux, coll. « Principes », , 200 p. (ISBN 979-10-91157-03-2).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour l'avenir [Texte imprimé] / Charles de Gaulle ; extraits choisis par l'Institut Charles de Gaulle, Paris, le Livre de poche, 1973 [fiche SUDOC]
  2. http://www.dortiguier.fr/Le-Paradis-de-Socrate.html
  3. http://www.revuedesdeuxmondes.fr/archive/article.php?code=19141
  4. http://www.revuedesdeuxmondes.fr/archive/article.php?code=19211
  5. Dans le Cahier de l'Herne no 21 - Charles de Gaulle [fiche Numilog]
  6. L'idée de Rivarol dans Jünger pp.454-456, in Philippe Barthelet (dir.), Ernst Jünger, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Les Dossiers H », , 591 p. (ISBN 2-825-11425-1)
  7. Marc Froidefont, Théologie de Joseph de Maistre, Paris, Éditions Classiques Garnier, coll. « Études romantiques et dix-neuviémistes », , 501 p. (ISBN 978-2-812-40167-1)
  8. Joseph-Marie, comte de Maistre dans un sillage voltairien pp.264 à 269, in Philippe Barthelet, Joseph de Maistre, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Les Dossiers H », , 878 p. (ISBN 978-2-8251-1871-9)
  9. http://editionsfiatlux.com/boutique/nietzsche-de-pierre-dortiguier-parution-ce-19-septembre/
  10. Maçonnoscopie

Liens externes[modifier | modifier le code]