Pierre Dhainaut

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Pierre Dhainaut
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Pierre Dhainaut, juillet 2015.

Naissance
Lille (Nord)
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Auteur
Genres

Pierre Dhainaut (né à Lille le ) est un poète et écrivain français.

Les textes de Pierre Dhainaut, au fil des années, ont de plus en plus oscillé entre deux formes complémentaires : la notation brève et le poème plus ample.

Flux et reflux, mais toujours, de l’une à l’autre, la simplicité et la vigilance, mêlée de gratitude ou d’acquiescement, face au monde - au vent, aux pierres, à la mer - toujours plus aiguës.

Il a reçu en 2010 le Prix Jean Arp de littérature francophone pour l'ensemble de son œuvre[1].

Il a également reçu Le Prix Apollinaire, le plus ancien et le plus prestigieux prix de poésie, lors d'une cérémonie aux Deux Magots le lundi 7 novembre 2016. Quelques poèmes ont été lus par l'actrice Juliette Binoche, puis par le poète lui-même. Le président du jury était Jean-Pierre Siméon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 13 octobre 1935, à Lille, dans le Nord, fils d’instituteurs, il passe toute son enfance et son adolescence dans la ville ouvrière d’Armentières. Entouré par une certaine grisaille, il trouve des refuges : le jardin, les Ardennes de ses vacances, un peu de campagne nordiste…

En 1946, il découvre Dunkerque et la mer. En classe de cinquième, son professeur de français lui fait connaître Victor Hugo et la poésie. Double révélation.

Il rencontre Jacqueline en 1956 et l'épouse en juillet de l'année suivante : l’amour qui ouvre à l’Autre. Ils s’installent près de Dunkerque. Ils déménageront plusieurs fois, mais demeureront près du rivage dunkerquois.

En 1959, ce sont les débuts surréalistes et la rencontre d’André Breton. En 1960-1961, il est professeur au lycée de Dunkerque. Il entretient de nombreux contacts avec des poètes surréalistes. L’hésitation va progressivement s’accuser entre le surréalisme et une autre voie, indiquée par Jean Malrieu, dont l’influence sera capitale.

Une autre rencontre déterminante a lieu en 1971, celle de Bernard Noël. L’écriture est constamment interrogée. La violence de la quête culmine entre 1970 et 1977. Il finira par tourner le dos au surréalisme. La crise se dénoue. Parallèlement s'opère la recherche d’un sacré sans théologie, qui s’accompagne d’un intérêt croissant pour l’histoire des religions et spiritualités - en particulier le bouddhisme zen et la mentalité des Dogons. Le poète fréquente aussi des peintres. Il écrit de nombreux articles critiques, parallèlement à son activité poétique. Il collabore avec des peintres ou des graveurs, dans des recueils à tirage limité.

Les voyages en France sont nombreux. Différentes régions (la Bourgogne, les Causses, l’Auvergne, l’Aubrac, Saint-Pierre-de-Chartreuse, surtout…) marquent son univers mental par leurs paysages et leurs monuments.

L'œuvre devient plus apaisée : célébration du monde et quête de soi cheminent de concert. Le je : une trace à peine, un effacement à peine écrit, une écriture perpétuellement interrogeante, un acte dépourvu de tout narcissisme. Les titres des recueils témoignent de cet apaisement : Pages d’écoute, Terre des voix, Un livre d’air et de mémoire, Le Don des souffles, Prières errantes, Mise en arbre d’échos, Fragments d’espace ou de matin. Une anthologie est le fruit de cette période nouvelle, Dans la lumière inachevée.

Pierre Dhainaut a consacré plusieurs essais et de nombreux articles critiques à des poètes qu’il a rencontrés ou qui l’ont marqué, parmi lesquels Octavio Paz, Bernard Noël et Jean-Claude Renard. Il a préparé plusieurs éditions posthumes des textes de son ami Jean Malrieu, notamment au Cherche-Midi et aux Éditions des Vanneaux). Un choix de ses articles a paru dans le volume Dans la main du poème.

En avril 2007, un colloque a été organisé à la Sorbonne sur l'œuvre de Pierre Dhainaut, sous la direction d’Aude Préta de Beaufort et de Jean-Yves Masson.

Il publie, Voix entre Voix, qui a reçu le prix Guillaume Apollinaire, en 2015, aux éditions L'herbe qui tremble.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Poème commencé, Mercure de France, 1969.
  • Bulletin d'enneigement, Sud, 1974.
  • haleine hélianthe, Le Dé bleu, 1974.
  • Efface, éveille, Seghers, 1974.
  • Jour contre jour, Oswald, 1975.
  • " Pays Cercles Magiques ", Éditions Brandes, 1978.
  • Coupes claires, Le Verbe et l’Empreinte, 1979.
  • Au plus bas mot, J.-M. Laffont, 1980.
  • Le Retour et le chant, Thierry Bouchard, 1980.
  • Le Regard, la nuit blanche, Vrac, 1981, et EST, 2006.
  • L’Âge du temps, Sud, 1984.
  • Terre des voix, Rougerie, 1985.
  • Pages d’écoute, Dominique Bedou, 1986.
  • Chemins d’Aubrac, éditions du Rouergue, 1987.
  • Fragments d'espace ou de matin, Hautécriture 1988.
  • Un livre d'air et de mémoire, Sud (Prix Antonin-Artaud 1990).
  • Prières errantes, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 1990.
  • Le Don des souffles, Rougerie, 1991.
  • Mise en arbre d'échos, Motus 1991.
  • Fragments et louanges, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 1993.
  • Dans la lumière inachevée, Mercure de France, 1996.
  • Passage par le chœur, La Bartavelle, 1996.
  • Paroles dans l'approche, L'Arrière-pays, 1997.
  • À travers les commencements, Paroles d'Aube, 1999.
  • Introduction au large, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2001.
  • Relèves de veilles (avec la collaboration de Jacques Clauzel), Alain Lucien Benoît, 2001.
  • Voix d'ensemble, Éditions des Deux-Siciles, 2002.
  • Entrées en échanges, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2005.
  • Au-dehors, le secret, Voix d’encre, aquarelles de Marie Alloy, 2005.
  • Pluriel d’alliance, L’Arrière-Pays, 2005.
  • Dans la main du poème, Écrits du Nord, 2007.
  • Levées d’empreintes, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2008.
  • Sur le vif prodigue, Éditions des Vanneaux, dessins de Gregory Masurovsky, 2008.
  • Plus loin dans l'inachevé, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2010, publié à l'occasion de la remise du Prix de littérature francophone Jean Arp.
  • Alfred Manessier, Blés après l'averse, Éditions Invenit, 2010.
  • La Nuit, la nuit entière, Æncrages & Co, 2011. Dessins de Nicolas Rozier.
  • Vocation de l’esquisse, La Dame d’Onze Heures, 2011.
  • La Parole qui vient en nos paroles, Éditions L’Herbe qui tremble, gravures de Marie Alloy 2013
  • Rudiments de lumière, collection "Les Cahiers d'Arfuyen", Éditions Arfuyen, Paris-Orbey, 2013.
  • De jour comme de nuit avec Matthieu Hilfiger, Le Bateau fantôme, 2014
  • L'autre nom du vent, L'herbe qui tremble, photographie de Manuela Böhme, 2014
  • Progrès d'une éclaircie, Faï Fioc, 2014
  • Gratitude augurale, Le loup dans la véranda, 2015
  • Voix entre voix, L'herbe qui tremble, peintures d'Anne Slacik, 2015
  • Voies d'air, Tipaza, peintures de Philippe Croq, 2016
  • Paysage de genèse, Voix d'encre, aquarelles de Caroline François-Rubino, 2017

À propos de Pierre Dhainaut[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.prixeuropeendelitterature.eu/html/objectif.asp?id=3 Présentation du Prix de littérature francophone Jean Arp

Liens externes[modifier | modifier le code]